‹ Œuvres complètes de DiderotChapitre 183 sur 210 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Page 337. — Je veux faire de mon fils un Tartini ^

J'approuve votre dessein. Mais voire fils a-t-il de l'oreille ? a-t-il de la sensibilité? a-t-il de Timagination? S'il manque de ces qualités que tous les matlres du monde ne lui donneront pas, faites-en tout ce qu'il vous plaira, mais non pas un Tartini. Mille, deux mille violons ont passé les jours et les nuits les doigts sur les cordes de l'instrument, et ne sont pas devenus des Tartini ; mille, deux mille ont eu le crayon à la main dès l'enfance, et il n'y a encore qu'un Raphaël. Il est bien extraordinaire que jusqu'à présent il n'y ait eu que ce hasard. Mon cher philosophe, voilà votre folie qui vous reprend.

Page 389. — Point (Técoles publiques où Von enseigne la science de la morale.

Le même homme de jugement, M. Rivard *, qui introduisit dans nos écoles publiques l'étude des mathématiques et substitua les questions à l'argumentation, s'était proposé d'enseigner, à la place de la mauvaise morale scolastique, de bons éléments du droit public et du droit civil. Lachose allait s'exécuter, lorsque la Faculté de droit intervint, prétendant qu'on empiétait sur son district. Qu'en arriva-t-il? Que le droit public et le droit des gens ne furent enseignés ni dans nos collèges, ni sur les bancs de la Faculté.

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