QUATRIÈMES CONJECTURES
La plupart des météores, les feux follets, les exhalaisons, les étoiles tombantes, les phosphores naturels et artificiels, les bois pouiTis et lumineux, ont- ils d'autres causes que l'électricité? Pourquoi ne fait-on pas sur ces phosphores les expériences nécessaires pour s'en assurer? Pourquoi ne pense- t-on pas à reconnaître si l'air, comme le verre, n'est pas un corps électrique par lui-même, c'es:-à-dire un corps qui n'a besoin que d'être frotté et battu pour s'électriser? Qui sait si l'air, chargé de matière sulfureuse, ne se trouverait pas plus ou moins électrique que l'air pur? Si Ton fait tourner avec une grande rapidité, dans l'air, une verge de métal qui lui oppose beaucoup de surface, on découvrira si l'air est électrique, et ce que la verge en aura reçu d'électricité. Si, pendant l'expérience, on brûle du soufre et d'autres matières, on reconnaîtra celles qui augmenteront et celles qui diminueront la qualité électrique de l'air. Peut-être l'air froid des pôles est-il plus susceptible d'électricité que l'air chaud de l'équateur; et comme la glace est électrique et que l'eau ne l'est point, qui sait si ce n'est pas à l'énorme quantité de ces glaces éternelles, amassées vers le pôle, et peutêtre mues sur le noyau de verre plus découvert aux pôles qu'ailleurs, qu'il faut attribuer les phénomènes de la direction de l'aiguille aimantée, et de l'apparition des aurores boréalies qui semblent dépendre également de l'électricité, comme nous l'avons insinué dans nos conjectures secondes? L'observation a
L La plupart de ces expériences ont été faites et ont donné des résultats dont Diderot pouvait à peine prévoir Timportance.
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rencontré un des ressorts les plus généraux et les plus puissants de la nature ; c'est à Texpérience à en découvrir les effets.
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