‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 132 sur 176 · CÉSARINE, BERNARDET · texte numérisé non relu

CÉSARINE, BERNARDET

CÉSARINE, entrant yiyement.

Tenez, tenez, docteur, voici une lettre détaillée que j'écris au ministre. Sonnez, qu'on la porte à l'instant même. Peutêtre sera-t-il encore temps.

BERNARDET, prenant la lettre et la déchirant en plusieurs morcMOi.

Non, madame, il n'est plus temps.

CESARINE.

Que faites-vous, perdez-vous la tête ?

BERNARDET

Il n'est plus temps de m'abuser; je sais tout.

CÉSARINE

Vous ne savez rien 1 Et mon mari, où est-il?

BERNARDET, avec colère.

Parti avec Edmond, parti pour les élections, et c'est moi qui Vy ai décidé I

GESARINE.

O ciel !

BERNARDETy arec ironie.

Vous triomphez !

GESARINE, désespérée.

Au contraire I... Qu'avez-vous fait? Vous nous perdez î

berNardet.

A d'autres ; on ne me trompe pas deux fois 1

GESARINE.

Écoutez-moi...

bernardet.

Mais, grâce au ciel, je puis encore vous faire repentir de votre trahison. Je puis renverser M. de Varennes.

GESARINE, arec joie.

Est-il vrai?

bernardet.

Je cours au collège électoral... je dévoilerai tout haut les manœuvres, les intrigues que Ton a fait jouer... car il y en a eu... je le sais... j'en ai les preuves.

GESARINE.

C'est bien !

BERNARDET

Je les donnerai même, s'il le faut.

GESARINE, l'encoiirageant.

C'est bien... c'est ce que je veux... c'est ce que je demande.

BERNARDET

Vous... je ne vous crois plus !

GÉSARINE.

NMmporle!... allez... allez donc... parlez vite... je vous en prie... je vous en conjure.

BERNARDET

Et vous serez satisfaite, car j'y vais à Tinslant.

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