SCÈNE IV
MARGUERITE, NEUROROUG.
Eh I mais... à qui en a-t-elle donc, la petite comtesse t.. . Avec son air protecteur et menaçant... il me semblait entendre feu le duc de Marlborough, son grand-père, dictant des «mditions aux plénipotentiaires de Louis XIV.
MARGUERITE
C*est égal... je voudrais bien être à sa place! Elle va le soir au cercle de la reine... et puis enfin elle est id tous les jours I... .
NEUBOROUG.
Je ne lui en ferai pas compliment.
Et pourquoi cela?
NEUBOROUG.
Parce qu'il me tarde d'en être dehors... il y a déjà trop longtemps que j'y suis.
MARGUERITE
A peine si nous arrivons... et vous voilà de mauvaise humeur parce qu'on vous fait attendre un peu... est-ce nûsonnable ?
NEUBOROUG.
Certainement... j'ai cru qu'on allait nous recevoir tout de
GOlfEDIES — DRAMES
lA*.
suite, à bras ouverts ; et depuis une heure que nous sommes ici et que nous nous sommes promenés dans tous les sens, avons-nous seulement entrevu Walpole ?
BIARGUËRITB.
S'il est occupé !
NEUBOROUG.
Ce n'est pas une raison pour faire faire antichambre à un ancien ami I
Il Ta bien fait hier chez vous I
NEUBOROUG.
Pas si longtemps ! et puis tous ces gens que Ton rencontre ont Tair, comme cette comtesse, de vous regarder du haut de leur grandeur et de ne pas croire qu*on vienne déjeuner chez un ministre L.. Que serait-ce donc s'ils savaient qu'hier il a soupe chez moi ! Mais je n'en ai rien dit, parce qu'il faut être modeste.
MARGUERITE
Vous avez bien fait..^ .
NEUBOROUG.
Et parce qu'on n'a . pas comme eux un habit chamarré d'étoiles et de cordons, ils semblent dire : U n'est pas des nôtres... c'est un étranger, un bourgeois de Londres.
MARGUERITE
Eh bien I... qu'est-ce que cela vous fait?
NfiUBOROUG.
Gela fait que c'est désagréable, que c'est humiliant... parce qu'enfin, chez moi, je suis le seul, je suis le premier... j'aime mieux ça.
MARGUERITE
Consolez-vous ! c'est votre ami le ministre.
l'ambitieux 145