‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 4)Chapitre 23 sur 150 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LUCIEN, seul.

Je n*ai pas dormi de la nuit... je ne sais à quelle id^ée m*arrêtcr, ni quel parti prendre... Il faut que je parle à Raymond... car, enfin, rien n'est encore terminé!... excepté madame de Guibert et son mari, personne ici ne sait que ce contrat doit se signer aujourd'hui... personne ne me connaît pour le prétendu, et de ce côté, du moins, j'échapperai aux railleries et au ridicule... Mais sur les propos de ce garçon de bains et de ce Coquenet, le type des badauds de province... renoncer à celle que j'aime, à un mariage avantageux, y renoncer sans motifs... sans preuves I... Il est vrai que j'ose à peine interroger... tant j'ai peur qu'ils ne devinent tous l'intérôt que je porte à Cécile... Mais enfin, des preuves... personne n'en donne... Il n*y en a pas... et cependant, cela se dit, cela se répète, et... tout à l'heure encore... là... dans ce salon, n'ai-je pas entendu, près de moi, les suppositions les plus extravagantes sur Cécile, sur sa famille, sur tout ce qui l'entoure... et une fois que je serai marié, ils ne m'épargneront pas... bien plus, ils diront que je n'ignorais rien... ce Coquenet l'attestera... lui qui est venu hier tout me raconter, à moi-même!... Je savais tout... et j'ai passé outre.

'parce que Cécile est riche, de haute naissance... pupille du ministre... Us le diront... je les entends déjà croasser de tous côtés autour de moi... J'en ai le frisson... j*en ai la fièvre!... Allons, consultons Raymond, lui seul peut me donner un bon conseil... C'est lui !.. quelle contrariété ! il est avec sa sœur.

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