U MARQUISE, ESTHER, JAPHET
(lli lonl «uis. Japhet eit près d'une loBle, st pteud qutiqnea aoMi.) lÂPBET.
Soyez tranquille, madame la marquise, je n'oublierai pas ces circonstances, et Je les prends en écrit ; mais repoussez leurs offreB, c'est un piège.
LA MARQUISE
Vous croyez donc qoe DOua gagnerons eocore notre
prOcÉs,?.,.
JAPHET
N'aTons-nous pas déjà un premier jugement qui nous est favorable î
Grâce à vous... gr&ce à votre talent.
JAPHET
C'est moi, au contraire, qui vous devrai ma réputation et mon avenir.
LA MARQUISE
Ne me remerciez pasl... Sir Rennet, ce vieil et célèbre avocat, votre maître et votre patron, était tombé malade au moment de plaider ma cause...
JAPHET
Et vous avez daigné me la confier... à moi, inconnu aa barreau de Londres... à moi, dont c'était la première affaire!
LA MARQUISE
Vous la connaissiez si bien... vous l'aviez étudiée avec tant de soin et de zèle...
ESTHER
Sans contredit!... Et moi, cependant, si j'osais donner un avis... à votre place, ma tante... je ne plaiderais pas.
LA MARQUISE
Et pourquoi ?
ESTHER
N'ôtes-vous pas assez riche î
LA MARQUISE
Je suis riche, certainement, mais on ne l'est jamais assez... Mon nom, mon rang à soutenir... Les sommes qae, chaque année, j'ai l'habitude de donner à la paroisse... Enfin* je ne puis faire d'économies... Et ces biens que l'on me dispute... ces biens de lord Ephelston, dont je suis la plus proche parente*., et Tunique héritière... serviraient alors, si vous gagnez ce procès, à rétablissement de ma nièce...
(ils 86 lèrent.) JAPHET, troublé.
Ahl c'est à cela que vous destinez?...
^APHBT 249
LA MARQUISE
Oui, monsieur. Un parti superbe qui se présente pour elle; et si Je perdais, je ne pourrais la doter.
BSTHER.
Qu'importe ! j'attendrais et je ne plaiderais pas.
LA MARQUISE
Quand M. Japhet nous assure que notre cause est excellente !
JAPHET
Oui, madame... Refusez la transaction que Ton vous propose... Vous avez un titre incontestable... authentique... et je réponds que vous gagnerez!
ESTHER
D'abord... et malgré tout le talent de monsieur... vous pouvez perdre ; sans compter les soins, les inquiétudes que vous donne ce procès, et les ennemis que de tous côtés il vous suscite... Et tout cela pour moi, pour me faire une fortune égale à celle d'un lord, que je ne connais môme pas, qui fait encore la guerre en Chine ou au Canada.
Une alliance admirable 1
ESTHER
Moi, je ne suis pas de ces personnes qui n'estiment et n'admirent que ce qui vient de loin... Je crois qu'on peut trouver le bonheur à moins de frais 1... et plus près de soi!
LA IfARQUISE.
Ma nièce, ma nièce... dès qu'il s'agit de procès ou de mariage, vous n'y entendez rien... c'est nous que cela regarde! (a Japhet.) Nous la rendrons heureuse malgré elle. Sans adieu, ïDon cher avocat ; vous aurez tous les papiers dont vous avez ^iû, je ne les confierai à personne, et je vous les appor- W moi-même, aujourd'hui si je le peux !
(EUes sortent par le fond.)
JAPHET
Je suis à vos ordres, madame.