SCENE PREMIERE ESTUER, SCHOON
ESTIiER.
Vous croyez donc, maître Schoon, que cela suffira?
SCHOON.
Quelques gouttes d'éther sur un morceau de sucre, pas autre chose... car je ne vois rien d'alarmant dans Télat de madame la marquise.
ESTHER
Et vous ne trouvez pas nécessaire d'envoyer chercher un médecin ?
SCHOON.
A moins que vous ne vouliez décidément la rendre malade... Je tiens peu aux médecins... surtout depuis qu'ils veulent se passer des pharmaciens... et qu'ils ne font plus rien prendre chez nous... mauvais système!... innovation dangereuse I qui tuera beaucoup de monde.
ESTHER
Vous croyez^
SGHOON.
Ça commence d*abord par tuer... les apothicaires... et quand il n*y aura plus d'apothicaires, on verra les suites...
BSTHER.
Mais rindisposition de ma tante n*en aura pas?
SCHOON.
Des spasmes... voilà tout... Gomment cela lui a-t-il pris?
BSTHER.
C'est ce maudit procès qui en est cause... elle venait de chez son avocat, elle est rentrée fort troublée, fort agitée... elle s'est assise et s'est trouvée mal.
SGHOON.
Ce n'était qu'un mouvement nerveux... les fibres du cerveau tendues par une préoccupation continuelle... c'est comme moi, quand je compose!... Quand j'ai composé ma fameuse pâte pour les cors aux pieds... vous ne pouvez pas vous imaginer comme cela influait sur mon organisation cérébrale... Mais ici, grâce au ciel, il n'y a pas apparence de fièvre... j'apporte une petite potion calmante, pour procurer à madame la marquise une bonne nuit... Sans adieu, MîssEsther, j'ai quelques clients à visiter... et une autre affaire qui m'occupe... nous avons demain une séance à l'Académie royale de Médecine... des expériences du docteur Irving... sur Thydrophobie... si ça peut être agréable avons et à madame la marquise... je connais le docteur... et j'aurai des billets... des premières places.
ESTHER
Dans ce cas, j'aime mieux être loin, le plus loin possible... et je vous remercie, monsieur Schoon... A tantôt... vous reviendrez... vous n'y manquerez pas?
SGHOON.
Je vous le promets.
(il sort.)
JAPHET â83