SCENE n
ESTHER, pois LA MARQUISE.
ESTHBR.
Je neveux plus qu'elle pense à ce procès... pas plus qu*à ce mariage... Tun est aussi inutile que Tautre... la voilà encore triste et rêveuse J...
LA MARQUISE, à part.
Gomment ce mystère a-t-il pu être pénétré? enfin, il est connu de lui, de bien d'autres peutrêtre... il n*y. a plus à hésiter.
ESTHER
Vous souffrez toujours ?
LA MARQUISE
Oui... d^abord, il y a des émotions qu'on a peine à maîtriser! des positions auxquelles il faut renoncer... non sans peine, non sans effroi... et puis, à force de les envisager, on s'y fait, on s'y habitue, et quand une fois on a pris son parti... on sMtonne de n'avoir pas eu plus tôt ce courage.
ESTHER
Quoi! il serait vrai... ce procès, vous y renoncez? ahl vous avez bien raison. .
LA MARQUISE
Non, mon enfant... car ce n'est pas pour moi, c'est pour toi que je l'ai entrepris.
ESTHER
C'est pour moi que vous vous donnez tant de peine, que vous compromettez votre santé... n'en faites rien, je vous en supplie !... car je ne sais comment vous expliquer... comment vous dire... mais j'ai un aveu à vous faire...
LA MARQUISE
Toi aussi!...
ESTHER
Vous désirez gagner ee procès pour me doter, pour me marier, pour me rendre heureuse ?
LA MARQUISE
Sans contredit...
ESTHER
Eh bien I s'il devait arriver tout le contraire ?
LA MARQUISE
Comment cela?
ESTHER
Si le choix que vous avez fait?... je ne sais comment me faire comprendre...
Tu ne connais pas le marquis de Schressbury, tu ne Tas jamais vu.
ESTHER
C*est vrai 1... mais il n*est pas le seul au monde, il y ea a d'autres que lui...
LA MARQUISE, Tirement.
Qu'est-ce â dire î
ESTHER
Voilà que vous vous fâchez...
LA MARQUISE
De ton manque de confiance.
ESTHER
Je n'osais pas... vous aimez les marquis, et celui-là ne Test pas.
LA MARQUISE
Qu'importe 1... si le choix est convenable... s'il aune belle fortune...
ESTHER
Il n'en a pas du tout... voilà pourquoi je ne trouvais pas nécessaire d'en avoir...
JAPIIET 285
LA MARQUISE
Au contraire... raison de plus... mais rassure- toi, mon enfant, il se peut qu*un jour tu en aies une considérable...
ESTHER
Que je pourrai lui offrir ?
LA MARQUISE
Un instant... pourvu qu'il ait du talent, du mérite, une honnête famille... un nom honorable.
ESTHER, yÎTdmeiit.
a tout cela, j'en suis sûre.
LA MARQUISE
Eh bien! je vais lui écrire... ou plutôt écris-lui toi-même, en mon nom, que je suis prête à agréer sa recherche... mais que je demande à le voir... à le connaître.
ESTHER
Il n'en est pas besoin... vous le connaissez... vous Teslimez... VOUS le voyez presque tous les jours...
LA MARQUISE
Qui donc? achève...
ESTHER
Je ne puis, car voici du monde qui vous arrive.
UN DOMESTIQUE, annonçant.
M. Timothée Dixon.
LA MARQUISE
ciel ! laisse-nous.
ESTHER
Oui, ma tante, je vous laisse... (a demi-roiz.) avec un de ses amis !
LA MARQUISE, virement.
Que dis-tu î
ESTHER, B'enfajrant.
Adieu! (a part.) Je vais écrire à M. Japhet, au nom de ma tante.
(EUe Mrt.)