SCENE VIIL Les mêmes; FRITZ
FRITZ
Madame, c'est un courrier à la livrée du prince, qui ar rive en toute hâte de la part du grand-duc.
MALZEN, à Sidler.
Quel espoir !
M^** BARNECK, étonnée.
Qu'est-ce que cela veut dire?
FRITZ
Il apporte deux lettres de Son Altesse ; l'une est pour monsieur Salsbach, qui doit être ici...
M"*« BARNECK.
C'est bien. Je me doute de ce que c'est, je la lui remettrai.
90 G01iéDIIBSi-VM.UDfl:V]!A«KP
VATTRK."
Donne vite. Eh bien I est-ce que tu n*oses avancer? '
FRITZ
C'est' qner je- VOUS vois la môme cravache que ce matin.
MALZEN, prenant Tirement U lettre.
Eh! donne donc... Dieu soit loué! c'est la lettre que j'attendais ; et je triomphe enfin.
M™* BARNECK.
Que dit-il?
MALZENf rirenrent'y et «reé'jtife.
Giiv, madamepj'feivais- écrit' au prince, et lui rappelant les services de mon père et les miens, je Tavais suppliÔ de refuser son consentement à ce mariage.
Vous auriez osé î
MALZEN.
Vous m'aviez faitcondamnoivje me suis pourvu en grâce. Si uû souverain osait commettre uub pareille injustice...
MALZEN, qui tout en parlant • a» déeae h eM la lettre, rient de jeter les yeux deasus, et fait un mouTement de doultan^ •
Ociel!
TOUS
Qu*est-ce donc?
MALZEN, lisant d'une Toix émue.
« Mon cher Malzen, — Il y a. un pouvoir au-dessus du « mien : c'est celui des lois. Elles ont prononcé; je dois me « taire, et donner le premier à mes sujets l'exemple du res- H pect qu'on dmtLàla justice. Voire affectionné maltro. »
(Froiisant la lettre areo dépit.) Quelle indignité !
SIDLBII.
Quel absolutisme I
M*^* BARNECK.
Ahl le bon prince! le grand prince! le magnanime souverain 1 Dès demain, j*irai me jeter à ses pieds; mais aujourd'hui, nous devons avant tout soifger au mariage ; car IfhQttre est près de- sonner, (a Maizea.) Raeeurei-vous, monsieur le baron, on vous laissera un instant pour vôtre >toilette ; car je conçois que ee costume...
Ce costume, madame, je le trouve fort bêti, et je n'en changerai rian,^ absolument rien.
A la bonne heure ! (a part.) Encore un affronta qu'il veut nous faire; mais c'est ég^l, on enrage en frac aussi bien qu'ea grand uniforme, et voilà ma vengeance qui arnive, voilà la mariée.
SCÈNK IX.
Les mêmes; GeI^ de la noce, SÂLSBÂGH, donnant la main è LOUISE, qai est habillée en mariée. Tonte la noce sort de l'appartement de madame Bameck.
AIR : Enfin il revoit ce séjour. {MaMna.) LE CHOEUR.
Enfin voici l'heureux moment
Qui tous deuK les engage;- Pour son mari quel sort charmant!
Qu'il doit être content
SALSBAGH, bas à Louise.
Ehl mais pourquoi donc cet effroi?
Un pea plte6-^4 cour^dt
(U pusMi <èi lai d06itt< de; wé^ààmÊfêmHk . )
32 GOMioiES-VAUDBVlLLKS
M™^ BARNKCK, & Louiie.
Allons, nion enfant, calme-toi, N'es-tu pas près de moi?
LE CHOEUR
Enfin, yoici l'heureux moment, etc.
SALSBÂCH, bai & madame Baraeck.
Ce n'est pas sans peine que je 1 ai décidée ; mais enfin, grâce à mon éloquence...
M™« BARNECE.
C'est bien, (a lou.) Ne l'avise pas de pleurer; tu le rendrais trop heureux.
SIDLBR, de l'autre côté du théâtre, bat è Malien.
Quand je te disais qu'elle n'était pas mal, surtout ainsi, Us yeux baissés..»
MALZEN, la regardant aree dépit.
Laisse-moi donc tranquille ! un petit air hypocrite I
M™« BARNECE.
Partons, Ton nous attend dans la chapelle. (Bai a SaUbaob.) Ayez soin, aussitôt après le mariage, de dresser l'acte de la séparation; c'est vous que j'en charge.
SALSBACH.
Soyez tranquille.
M"*® BARNECE^
Et puis j'oubliais, une lettre qui vient d'arriver pour vous, de la part du grand-duc.
SALSBACH.
11 serait possible ! une place de conseiller, mes lettres de noblesse 1
TOUS
Partons, partons.
SIDLER, A Salabanb.
Monsieur l'ami de la famille ne vient pas ?
SALSBACH, tenaot m lettre.
Non, je reste.
MALZEN.
Je conçois, quand on n'y est pas condamné... •
M™^ BARNECK, A Looiie.
Allons, madame la baronne.
LE CHOEUR
Enfin voici l'heureux moment, etc.
(Maizen engage Sidler A donner la main A LouUe. Dépit de madame Barneck en voyant sa nièce conduite par Sidler; Malien oltre la main A madame Bameck. Ile sortent tous par le fond.)