M"« D'HARVILLE, FRÉDÉRIC, PHILIPPE
PHILIPPE, bas à Frédéric.
Venez, j'ai parlé, ça va bien.
FRÉDÉRIC, de même.
Ce n'est pas possible.
PHILIPPE, de même.
Si fait! soyez gentil, et remerciez-la.
298 gouédies-vaudeyillbs
m"" d'harville.
Ah ! Frédéric, approchez.
PHILIPPE, le poussant.
Approchez donc, plus près, encore.
FRÉDÉRIC, à part.
Je tremble.
m"® d'har ville.
Je sais tout, monsieur. (Hoarement de Frédéric.) Rassurezvous; je n'ajouterai pas aux reproches que vous vous faites sans doute, je réparerai votre folie; mais que cette leçon ne soit pas perdue.
FRÉDÉRIC
Je ne l'oublierai de ma vie, ni vos bontés non plus, madame.
PHILIPPE, bas.
C'est ça.
(il passe auprès de la table à la droite de mademoiselle d'Harrille.)
m"* d'harville.
Frédéric, ne devenez pas joueur, je vous en prie.
FRÉDÉRIC
Jamais, madame, jamais, (a part.) Je n'en reviens pas... tant de bonté...
Il ne jouera plus, mademoiselle ; c'est bon pour une fois.
M^^* d'harville.
Vous me feriez bien de la peine.
FRÉDÉRIC
Ahl je mourrais plutôt que de rien faire qui pût déplaire à madame; quand je songe à tous les bienfaits dont on m*a comblé dans cette maison, mol, qui n'avais personne au monde...
PHILIPPE 29d
M^^* D*HARVILLE, lai tendant la main.
Vous avez des amis qui ne vous abandoimeroiit ipas^ tant que vous serez digne d'eux.
PHILIPPE
.11 le sera toujours, j*en réponds.
RaÉDÉRIG) baisant 'ATQc transport la maia de aBdamoiadUe <fH«rTill^*
Oh! toujours.
(Madamoiaolle d'Harrilla m dëtonrna eT«c émoCfoii.)' PHILIPPE, bas à mademoiselle d'Harville.
C'est bien, ça, mademoiselle, (a patt.) A sa place, il me semble que moi, je l'aurais déjà...
(il lait le monvement d'embrasser.) M^^" w'hARVILLE.
Et vos travaux, vos études, où en ôtes-vous? songez-vous à vous faire un état, un nom ?
FRÉDÉmC.
Je n'ai plus qu'à prêter mon serment d'avocat.
PHILIPPE
Là! voyez-vous, il est avocat I et il n'en disait rien..
FRÉDÉRIC
C'est si peu de chosej tant qu'on ne s'est pas distingué t
M*^' D'HARVILLE
Il a raison.
PHILIPPE
Il parait que c'est difficile, et que, dans ce régiment-Tà,. les chevrons ne viennent pas vite ; mais c'est égal, c'est toujours fort joli d'être avocat à son âge, n'est-ce pas, ma*^ demoiselle ?
M^i* d'harville.
Sans doute ; c'est un titre. J'ai vu des avocats qui étaient i^uB dans les meilleures maisons ; cela peut mener à quelque chose.
^00 COlfÉDIES-YAUOBVILLlSS
PHILIPPE
Je crois bien !
M^^® d'HARVILLE, à pert, obserTant Prédérie.
Oui, Philippe disait vrai; il n*est pas mal : bonne tournure, air distingué. (Philippe vient «uprès de Frédéric à sa gaacha.
Elle M lève. Haut à Frédéric.) Écoutez-moi, Frédéric, je m'occupe de votre avenir, de votre bonheur; je ne vous demande que de n'y point mettre obstacle par votre conduite.
FRÉDÉRIC
Ah ! parlez ; décidez de mon sort : trop heureux de vous consacrer ma vie.
m"« d'harville.
Voilà qui me satisfait ; je ne trouverai donc en vous nul obstacle à mes volontés?
FRÉDÉRIC
Que je perde tous mes droits à vos bontés si j'hésite un instant à vous obéir 1
PHILIPPE
Je suis sa caution.
m"* d'harville.
Eh bien ! Frédéric, j'ai en vue pour vous un établisse»ment fort honorable, une étude qui vaut, dit-on, deux cent mille francs.
FRÉDÉRIC, s' inclinant.
Ah! madame!...
m"' d'harville.
Celle de Desmarets, mon avoué; il vous la cède pour rien.
PHILIPPE
Pas possible !
C'est la dot de sa fille, jeune personne charmante et trèsbien élevée, qu'il vous donne en mariage.
PRILtPPH
Nulipi* d« K. Hiv
EiuemMi.
Sort fatal ! deslio
Sort bcoreuxt destin prospère!
Lorsque sod cœur moins sévère
Pourquoi gémir pi tous laireî
Uuel Gmbarras! quel mystère !
Lorsque mon cœur moins sévèr Vous assure un sort prospère, Pourquoi gémir et tous (aire ?
(a FrMério.) Vous gardez le silence?
rRÉDBRIC, hJiitBnt.
Pardon, Je ne puis accepter.
PHU.IPPB, bH.
ciell quelle imprudence!
m"° d'harville.
Que dit-il?
Daignez m 'écouler.
NoQ, monsieur, ï mes vœux
802 GOMÉDIKS-VÂUDEVILLES
FafiDBRIG.
Non, jamais ; Ah! plutôt perdre vos bienfaits!
Ensemble.
FRÉDÉRIC
Sort fatal! destin contraire!
Cet arrêt me désespère.
Mais que résoudre, que faire.
Pour éviter sa colère, Pour éviter sa colère?
m"® d'har ville.
A mes vœux être contraire!
Ah! redoutez ma colère!...
Que veut dire ce mystère ?
Mais, parlez, c'est trop vous taire, Ou redoutez ma colère.
PHILIPPE
A ses vœux être contraire!
Ah! redoutez sa colère!...
Que veut dire ce mystère?
Mais, parlez, c'est trop vous taire, Ou redoutez sa colère.