‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 5)Chapitre 43 sur 115 · LA COUR D*Â8SI8BS · texte numérisé non relu

LA COUR D*Â8SI8BS

avait louée, et de revenir en toute hâte à Paris... Je ne vous dirai point le motif de ce brusque départ... Mais le soir même on entend du bruit dans la chambre qu'elle avait quittée... on y monte... on trouve un jeune honmie qui •]

avait pénétré dans Tappartement en brisant un carreau de la croisée... On Tarréte; c'était M. Germeuil... On Tinterroge... il balbutie... On le presse de questions, il ne répond pas; on Taccuse de vol, son silence semble un aveu. D'un mot, il pourrait se justifier... Il ne le veut pas.

LUCEVAL

Et comment savez-vous tous ces détails?

U^o DE MERCOURT.

Par une personne que je connaissais à peine... que je suis loin d'excuser... mais que je ne puis m' empêcher de plaindre... Elle est venue ce matin se jeter dans mes bras; elle m'a tout avoué... Ils s'aimaient depuis longtemps... Un hymen odieux les a séparés... Elle a un nom, une fiimille respectable, et si elle doit elle-même proclamer son déshonneur, elle est décidée à mourir.

LUCEVAL

Grand Dieu 1

M™« DE MERCOURT

D'an autre côté doit-on laisser condamner ce pauvre Germeuil?

LUCEVAL

Quel est son avocat ?

M"^® DE MERCOURT

Un'en a pas; il a refusé de le choisir... Sa famille est désolée... elle offre dix mille francs au défenseur qui tentera de le sauver... Mais comment y parvenir sans compromettre (Avec embarroB.) Celle qu'il aime?

LUCEVAL

Oui, je comprends, c'est délicat... mais, à tout hasard, je crois qu'il faudrait que cette dame déclarât la vérité dans

ScKiBB. ^ Œuvres complètes. Ilmo Série. — 90"^* Vol. — 7

tlO G0MéDIE6^yAUDBVIL'l.B8

mu billet confidentiels, on ne lérait usage de cet écrit qii*à ia dernière extrémité.

M"^ WE VERGOITRT.

Taîmerais mieux qu'on n'eût pas besoin de ce moyen-là... n faadrait qu^on pût trouver un avocat dont la seule élo-

LUGE VAL

Je comprends... mais c'est bien difficile..* tandis que de l'autre manière...

H™^ DE HERCOURT.

Enfin, monsieur, vous qui avez l'habitude de ces lieux... tâchez de me trouver le défenseur qu'il nous faudrait... nous n'avons pas un instant à perdre...

LUCEVAL

Que ne suis-je inscrit sur le tableau I... que ne puis-je plaider 1 je ne laissei*ais pas à d'autres le soin diC le défendre... Mais, soyez tranquille... je connais toutes les notabilités du barreau.

M"*® DE MERCOURT

Je compte sur vous.

LUCEVAL

AIR de LéotUdê.

À Tespoir, au bonheur, Je sens s'ouvrir moii âme ; A l'espoir qui m^enflamme, Je sens battre mon cœur!

»"*• DE HERCOURT.

Je vais, à Tamitié fidèle,

La trouver; elle ii*est pas loin...

£t s'il k faut, exif|;or d'elle

L'écrit dont vous avec besoin

Vous, cherchez parmi vos confrères...

LUCEVAL

Ah ! trop heureux de vous servir!

LA COUR D*ASSISE8 itt

urne ng MERGOURT.

Et si vous pouvez réussir.

Je me charge des honoraires.

Ensemble.

LUCEVAL et M™* DE MERCOURT.

A l'espoir, au bonheur, ete.

- (MadaflM il« Uereourt sort par le fond.)

LUCEVÀL, wtaL

Yoyons, à qai je m'adresserai?... Nous avons beaucoup dTayoeats, mais fort peu d'orateurs... et dans cette circonstance feu Gicéron ne serait pas de trop, (ii rMto inmobUe, «tUvié â M* réfieûoni.) Eh parbleu ! j*aperçois dans la grand*saile un confrère auquel je ne pensais pas... Il n'est pas plus savant qu^un autre; mais il plaide trois affaires par jour... Ça Lui

tient lieu de mérite, et cela lui a donné de Texpérience... Il a Foreille des juges... enfin, il passe pour un homme habile.

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