SCENE XI
COQUELET, LUCEVAL, M"»» DE MERCOURT, rentrant par le
fond.
M*"^ DE MERCOURT, è part.
Je viens de renvoyer cette pauvre femme... Je Tai forcée de partir pour sa terre de Ghoisy... J'aime mieux qu'elle attende là Fissue du procès... Personne ne sera témoin de son inquiétude, de ses larmes.
LUCEVAL, Toyant madame de Bferconrt, è Coquelet.
Eh ! justement, voici M""* de Mercourt qui va vous les donner.
M*^^ DE MERCOURT, à Luceral.
Eh bien! monsieur?
LUCEVAL
J*ai trouvé ce qu'il nous faut... J'ai communiqué l'affaire à un avocat distingué... M. Coquelet.
M™* DE MERCOURT, à roix basse.
M. Coquelet... le mari...
LUCEVAL, dé même.
Dieul qu'ai-je fait !
COQUELET, s*approehant et saluant.
C'est M"*« de Mercourt, cette jeune et aimable veuve, dont j'ai déjà eu l'honneur d'être l'avocat.
M™<^ DE MERCOURT, arec embarras.
C'est possible, monsieur.
COQUELET
Enchanté de pouvoir vous offrir encore mes services... mon confrère m'a promis que vous me fourniriez des explications sur certaines circonstances.
ti8 GOMÉDIBS-VAUDBVILLES
M™® DE MERCOURT
Il a eu tort... Je ne sais rien; je n'ai rien dit, et je ne puis comprendre...
LUCBVAL, è pnrt.'
Quel embarras 1
COQUELET, l'arrêtant.
Pardon, en ma qualité d*avocat, je croîs avoir des droits à votre confiance; les secrets que Ton nous communique ne sortent pas de nos dossiers... D'ailleurs, j'en sais assez pour que vous puissiez me dire le reste sans le m<midre ipconvénient.
M"'® DE UERC#raT, à p«K.
Je suis au supplice.
COQUELET
Il s'agit ici de Tintéi^èt de la cause... Avez- vous obtenu la déclaration dont nous avions besoin?
M"^*^ DE MERCOURT, arec le plus grand embarras.
La déclaration?
COQUELET
Oui, ce papier que vous venez de serrer.
M""® DE MERCOURT
Un papier! je ne crois pas...
COQUELET
Si fait... Mais il paraît que c'est un mystère, (a Lucerai.) Je comprends... je n'insiste plus...
Que voulez-vous dire ?
COQUELET, bas à Luceral.
Que c'est elle qui est la dame en question...
LUCEVAL
Qaelle idée !
COQUELET, d» MAme.
J'en suis sûr... Cfionie j'ai été son avocat» que je oont> nais son écriture, elle ne veut pas me confier le billet», ni avouer devant moi ce qak en est.
LUCEVÀL.
Quel soupçon!
COQUELET
C'est égal... ça ne m*empèchera pas de gagner loyalement mes dix mille francs... Je plaiderai par supposition b... vous entendez?
LUCEVAL, distrait, 0t obiArrant nadamede Meicoort.-
Parfaitement.
CéHàUELBT, à UMefol.
Je dirai donc aux jurés : « Admettons que le prévenu ail!
été attiré par deux beaux yeux. » (Regardant madame de Hereovri^
•ta part.) C'est bien ça. (Haai.) • Une taille charmante... > (a part.) C'est bien ça... (ii«ot.) « Un sourire enchanteur... » (Bas.) C'est encore ça... (Ba«t«) En un mot, je désignerai Ift dame sans la nommer; je présenterai la vérité sous 1& forme du doute ; je ferai un roman histonqtie, d'autant qu'en ce moment ils sont à Iji mode.^ Mais, eoBiine il est bon de se ménager toutes les chances, dîtes4ui qu*il n'est pas nécessaire que le billet passe par mes mains...
LUCEVAL
C'est juste.
COQUELET
Elle peut le faire remettre au président, ou à un do» membres du jury... Je n'en demande pas davantage... Le» apparences seront sauvées, et l'accusé aussi, par contrecoup.
LUCEVAL, d'un air préoccupé.
Oui, je vais tâcher de la décider.
C01fÉ0IK8-VAUDBVII.t.ES
COQL'BLET.
Àia d'UM Hmlt ■■ cUtesii.
Emplo;«i voire éloqueace Pour clianger ses leDliment»; Hoi, je vais à l'audience Déployer tous mes laleuU.
Rien qu'un lel soupçon me blesse.
M*» DE MBRCOUilT.
Bien plus eacor qu'il ne eroit.
Emcmile.
C0QUBLB7. Employé» voire éloquence, etc.
LUCBVAL.
Je croy&is A sa coniUnee, le croyais à ses sermons ;
HodéroDs eu as présence Le trouble que je ressens.
M"" DB HERCOURT.
Abl je tremble quand j'y pense;
Grand Dieu! que d'événemens!
Modérons en sa présence Le trouble que je ressens.
(Coquelet Hrl par 1i
LA GQUR d'aSSISBS 121