‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 5)Chapitre 7 sur 115 · LES JEUNES GENS · texte numérisé non relu

LES JEUNES GENS

Dis qu'uD uni nous appelle.

Prêta à célébrer la belle Qui l'enchaîne sous ses lois.

C'est à t'anilié fidèle De célébrer à la fois L'amour, l'hymen et ses lois!

HALZKN.

Que vois-jel comment, vous êtes ici! qui vous y amène ï

SIDLEK.

Et lui aussi! c'est aimable. Il parait que c'est le jour aux réceptions gracieuses, lagrat! nous venons assister à ton bonheur.

MALZEN, i part.

Que le diable les emporte! (Haut.) Je suis bien reconnaissant; mais, de grâce, qui a daigné vous prévenir?

SIDLBB, loi priHilant dm lallra.

Toi-même; vois plutét, la cii'culaire de rigueur.

t& G OM fi DIBS'- VAUDEVILLES

M'ALZEN, prenant 1« lattl>e.

Hein! platt-ill (La parcourant des y#iix.)'< Le bapoû de Malaenp « vous prie de lui faire rhonneury et cœtera, » Allons, encore un tour de cette vieille folle ! Déeidément, c'est ime guerre à mort, '

SIDLER.

Est-ce que ce n'est pas toi q,ui nous as invités ?

Je m'en serais bien gardé; non pas que je ne sois charmé... mais dans la position où je me trouve...

SIDLER. ^

Je me doutais bien qu'il y avait quelque chose ; tu n'es pas très-bien avec la famille ?

MALZEN.

On ne peut pas plus mal.

SIDLER.

Je comprends. La jeune personne... une passion...

Du tout, elle ne peut pas me souffrir.

SIDLER'.

Bah! alors c'est donc toi...

MALZEN.

Moi ! je la déteste.

SIDLER^

J'y suis. C^est tout à fait un mariage de cbnvéntfnce.

MALZEN.

Il n'y en a aucune.

SIDLER.

Et tu l'épouses?

MALZEN..

Peut-être.

LOUt«B: 00 LA RiPAlKATTffON f9

Afil çà, Riais à moins <f y être condànuié...

MALZEl^.

F^Féefeéitt«to«, j« le scrs.

TOUS

Que dis-tu?

SIDLER.

Oh I pour le coup, je Wy perds ; expïfqiw^ltoi.

MALZEN.

C'est bien Taventure la plus maussade et la plus comique en même temps; car si elle était arrivée À Tun de vous, j*ea rirais de bon cœur, parce qu'au fond le malheur ne me rend pas injuste. Au fait, le commencement était assez . agréable : une jeune fille, jolie et fraîche comme les amours, seize ans au plus, simple comime au village, du moins je le 0*t»ym8..^ eav maintetmoi je suis sûr que j'avais affaire à la coquette la plus adroite! C'était dans un bal!... £h! mais, Sidler, tu y étais aussi, il y a trois ans?

SIDLER.

Chez le grand-bailli! parbleu, je m'en souviens; je faiUis étouffer quand le feu prit à Ta salle, tout le monde courait.

MALZEN.

C'est cela.. Tremblant pour les jours de ma jolie danseuse, je l'enlevai dans mes bras, et la portai Au bout du jardin, dat):s un pavillon isolé, où, vu la distance, il était impossible que le feu arrivât. Mais je n'avais pas prévu un autre danger, la petite s'était évanouie pendant le trajet, j'étais fort embarrassé pour avoir du secours ; je n'osais la quitter... (sonnant.) Et puis, entre nous, j'ai le malheur de ne pas croire aux évanouissements! Bref, je ne sais, mais je n'appelai personne..^ et«.^ entinvc'est trois moie apré^y Iprsqutr j'étais a» foad de l'Italie, que j'apprends qu'on me suscite le procès le plus ridicule.

20 GOMÉDIBS'VAUDEVILLEa

SIDLEA.

G*est-dr61e, cette histoire-là; tu aurais dû nous Técrire.

MALZEN.

Oui, autant la mettre dans la gazette ; et puis cela a été si vite... Se trouver tout de suite époux et père, par arrêt de la cour, et avec dépens.

AIR : de l'aimable Thômire. (Româgnési.)

D'un fils on me menace; J'ignorais qu'il fût né; Et, père contumace, Me voilà condamné.

J'arrive, par prudence, .

Et sans retard aucun.

De peur que mon absence Ne m'en coûte encore un I

SIDLER.

G*est donc une famille qui a du crédit, une famille noble?

MALZEN.

£h non I de la bonne bourgeoisie, et voilà tout.

SIDLER.

Il fallait en appeler.

MALZEN.

Nous n'y avons pas manqué ; et nous avons encore perdu.

SIDLER.

C'est une horreur; mais cela ne me surprend pas, la justice à présent est si bourgeoise ! elle est pour tout le monde. Mais elle a beau faire, nous sommes au-dessus d'elle, et à ta place...

MALZEN.

Qu'est-ce que tu ferais ?

Je m'en irais, je me moquerais de l'an'êt.

(Lei jenaei gens romoiitMit la scène, Malzen et Sidler Moli se trouTVilt

sur le devant.)

MALZEN.

Et si je ne Texécute pas, je suis privé de mon grade, déshonoré, je ne puis plus servir, ma carrière est perdue.

SIDLER.

Il fallait alors t*adresser au prince, dont ton père a été ministre; il t'aime, et si tu lui présentais requête...

MALZEN.

G*est ce que j'ai fait inutilement. Hier encore je lui en ai adressé une nouvelle. La réponse n'arrive pas, Tbeure s'avance, et pour la mémoire de mon père, pour ma propre dignité, il ne me reste plus qu'un moyen, que j'aurais dû

peut-être tenter plus tôt. Chut! (Regardant par la porte è gauche.)

Quelqu'un parait au bout de cette galerie.

Est-ce la mariée?

MALZEN.

Eh! non, c'est la tante.

SIDLER.

Dieu ! quelle toilette !

MALZEN.

Et quel port majestueux ! un vrai portrait de famille. Décidément il n'est pas permis d'avoir une tante comme ça. Laissez-moi, j'ai à lui parler. ^

SIDLER.

Veux-tu que nous restions là pour te soutenir ?

MALZEN.

Du tout.

SIDLER.

Mais tu ne seras pas en force.

MALZEN.

AIR du Siège de Corinthe.

Laissez-moi seul avec ma tante.

%^ ■ <}€rÉâBIÉ<S^VA-Ub'gYILLiB8

Vous.iadsaor aîÂsi tons les deus j

AiMKi .^SBdiDe 01 séduis^iUi^

Le tète-à-tête est dangereux.

Si dans tes bras en pâmoison soudaine.

Comme sa nièce, elle allait se trouver"!

Cpa>B8 sa faibl6ss«.

Ah ! crùÂAS phitdt la, mi^M^ Je ne pourrais ^ cofwp sw rqnJ^Veio "

MALBSSL

Oui,''morbleu ! je hrQ,ve la tante, Laissez-nous ici tous les deux; L'entretien qui vous épouvante N'a rien pour moi de dangereux.

SIDLER 6t LES JEUNES GENS»

Allons, puisqiiM brave la tante, Laissons-les ici tous les deux; Mais pour lui cela m'épouvante...

Le tête-à-tête est dangereux.

(Sidler et les jeunes gens entrent dans l'appartement à 4roite>).

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