‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 5)Chapitre 8 sur 115 · I. est un combat, ccsl une guetip · texte numérisé non relu

I. est un combat, ccsl une guetip

M"* BABMiCK.

Rendez alors gràci^ a mes soins ; Car dan» un combat, d'orilinairc, Vous savez qu'il faut des témoins- Tout «st prêt, nwosieur ; et si vous voulez me suivre.»

MALZEN.

Permettez, madame, je désirerais avant tout un moment d'eatretien.

Comme ce n'est pas moi qui suis le fiancée, je vais faire

appeler ma uièce, (Ap^djsdi.) madame la baronne de Mahea.

MMXSU.

La baronne! (FH^dimut.) Non, madame, la présence de mademoiselle voire nièce est inutile; c'est avec vous seule que je veux causer un instant, si vous consentez à m'eatendre.

H"" BARNECS.

Oui, monsieur, avee calme, et sans vous interrompre : ddt-il m'en coûter, je vous le promets.

{Ut •■■H>7M1I.)

24 COMéDIES-VAUDEVILLBS

MALZEN, après an court gileaoe.

Ce qui s'est passé, madame, a pu vous donner de moi une opinion assez défavorable ; mais j'ose croire que, lorsque vous me connaîtrez, vous me jugerez mieux. J'ai eu des torts, j'en conviens; et je ne les ai que trop expiés. C'est votre obstination qui a causé la mort de mon père.

M°** BARNECK.

Quoi, monsieur?...

MALZEN.

Oui, madame, voilà ce que je ne pardonnerai jamais. Jugez alors si je puis . entrer dans votre famille, et si ce mariage n'est pas impossible.

M™* BARNECK.

Impossible, monsieur! si c'est pour cela...

MALZEN.

Ah ! madame, vous m'avez promis de ne pas m'interrompre : oui, un mariage impossible, car il ferait mon malheur, celui de votre nièce ; et vous ne voudriez pas la punir aussi, en la forçant à épouser quelqu'un qu'elle n'aime point, et qui n'aura jamais d'amour pour elle.

M™® BARNECK.

S'il y avait eu d'autres moyens...

MALZEN.

Il en est un, madame ; je vous dois un aveu, et je le ferai, quelque pénible qu'il puisse être pour moi. Vous me croyez riche, vous vous trompez ; je ne le suis pas. Mon père ne m'a rien laissé que son nom et ses titres. Tout ce que je puis donc faire pour réparer mes torts, c'est de reconnaître mon fils, de lui donner ce nom, ces titres, désormais mon seul bien. Et pour que vous soyez sûre que personne au monde ne pourra les lui disputer, je promets dès aujourd'hui de ne jamais me marier, de renoncer à toute alliance, et je suis prêt à en donner toutes les garanties que vous désirerez.

Loaisx on la réparation 25

AiR du Taudeville du Baiter au porteur.

Ma parole n'est pas trompeuse,

Je vous le jure sur l'honneur I

Que votre nièce soit heureuse ;

Pour moi, je renonce au honhenr.

Ainsi, madame, et sans vaine chicane,

Mon crime peut être effacé, Et l'avenir auquel je me condamne

Expira les torts du passé.

Voilà, madame, la satisfaction que je vous offre.

M™® BARNECK, m lerant.

Et moi, monsieur, je la refuse.

MALZEN, 16 lerant.

Madame !

M"^* BARNECK.

Mais, monsieur, la famille Barneck est riche, très-riche. Ce n'est ni la fortune, ni le titre d'un baron qut'peut la satisfaire dans son honneur ; il lui faut mieux que cela.

MALZEN.

Oui, le baron lui-même.

M"** BARNECK.

Un bon mariage, bien public, bien solennel.

MALZEN.

Un mariage ! toujours ce maudit mariage I

M™« BARNECK.

Et il se fera aujourd'hui, dans une heure.

MALZEN.

Mais je vous répète que je n'aime point votre nièce.

M"* BARNECK.

Quand on se marie à Tamiable, cela peut être nécessaire ; mais dans les mariages par arrêt de la cour, on peut s'en passer.

n. — XX. 2

S6 . ickOdinDJiBs-yAUDivebiLBS

Eh bien ! madame, apprenez donc la vérité : je Tabhorre, je la déteste.

M™* BAANECK.

Nous en avons aMtMt à vous oSpir \^,J9^i&. quand la loi est là) il faut bien s'y jsouo^eUrç*

MALZEN.

C'est ce que nous verrons.

M"*® BARNECK.

Uarrét vous condamne à épouser, et vous épouserez.

MALZEN, hori de loi.

Plutôt VOUS épouser vous-même.

M*"* BARNECK.

Ëh mais, s'il y avait jugement, il le faudrait bien.

MALZEN, è part.

Je ne sais où j"* en suis, et je serais capable de tout. (Haut.) Eh bien 1 madame, puisque votre absurde tyrannie m'y contraint, il faudra bien devenir votre neveu ; mais je vous préviens qu'aujourd'hui même, aussitôt le mariage célébré, je forme ma demande en séparation.

yflM BARNECK.

La nôtre est déjà prête. I^ loi permet ^^n faMeél ocas de

se séparer au bout de vingt^quatre heures ; et nous comptons bien profiler du bénéfice de la loi,

MALZEj^r,

Moi aussi.

AIR : Non, non, vous ne partirez pas*

Ah I j'y «consens, je suis tout pr^t*

M™* BARNECK.

C'est combler mon plus cher souhait.*

MALZEN.

D'avance mon cœur s'y soumet.

M"»* BARNECK.

C*est un bonheur.

MALZEN.

C'est an Bienfait. '

U^** BARNECK, rirement.

Alors, plus de querelle.

MALZEN, de mèm«.

Car enfin, grâce au sort, La rencontre est nouvelle :

Nous voilà donc d'accord!

MP^ BARKBCK et MALZEN, av«e ilroiift*' Toujours d'accord, toujours d'accord. m-

(a part, avec colère.) Quel caractère ! ah ! c'est trop fort I Je lui Jure une guerre à mort.

Ensemble.

SIIMtBA et LES JEUNES GENS arrivant.

Qu'avez-vous ? quel est ce transport ?

Et pourquoi donc crier si fort?

La méthode est vraiment nouvelle, Mais pourquoi crier si fort Si vous êtes d'accord ?

U^^ BARNECK et MALZEN, erfMCl De grâce, calmez ce transport.

Grâce au ciel, nous voilà d'accord!

(à part.) AIl I de cette injure nouvelle Je veux m» vengef encor ; Tous deux être d'accord...

Non, non, c'est une guerre à mort!

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