COUPLETS
Premier couplet.
Savez-vôus, c'est incroyable,
LA SECONDE AffNÉft
Que, quand vous le voulez bien.
Vous êtes vraiment aimable?
DENNE VILLE
Mais cela ne co^ie rien Près d'une femme jolie.
CAROLINE
Prenez garde, c'est fort mal; Vous ! de la galanterie !
■ ' DENNE VILLE
Puisque nous sommes au bal.
Deuxième couplet.
CAROLINE
En voyant cet air si tendre, A d'autres temps je pensais; Oui, l'on s'y laisserait prendre, Et je crois que j'écoutais ; J'en étais presque attendrie.
DENNE VILLE
prenez garde, c'est fort mal ; Vous ! de la coquetterie!
CAROLINE
Puisque nous sommes an bal.
DENNE VILLE
Vous voyez alors le danger d'y aller, pour une femme?
CAROLINE
Vous voyez alors, quand on est mari, le danger de tCy pas aller !
DENNEVILLE.
Quand on ne le peut pas, quand on a des motifs pour rester chez soi...
CAROLINE, yiyement et se leront.
Vous, monsieur, vous, des motifs! vous osez en convenir!
■ f.ri
C01liDlKS>VAt)DKVtLLXS
DBMNEVILLB.
Sans doute, et peut-être, si vous les connaissiez..-
Ah! TOUS vous garderiez bien de me les apprendre.
DE t4 NE VILLE, Ini[d«iMnt.
Nullement, et si vous y tenez, ce que je ne crois pas, je pub tout vous avouer.
Si j'y liensl... Ab! parlez, monsieur, parlez; mais n'e^ pérez pas me tromper. Il me faut une entière franchisel et peut-être alors je verrai. Eh bien, monsieur?
nBNNBVILLS.
Écoutez! je crois entendre une voiture, on vient vous
CAROLINE. '
Ah ! mon Dieu I
DE NNE VILLE. j
Non, non, la voiture passe. I
CiHOLINB.
Heureusement. I
DBMNB VILLE. ;
Savez-vous que votre chevalier vous Tait attendre? c'«sl fort mal, il fait le mari. [
CAHOLIKB. î
C'est possible. , [
DBNNE VILLE.
n me semble alors que je puis faire l'amant.
CAROLINE. '
Tous, monsieur! c'est un rôle que vous avez oublié.
DBNKBVILLB.
Que voulez-vous I ce ne sont point de ces rôles qu'on misse jouer seul. H faut être secondé, il iàut quelqu'un
c[ui puisse vous entendre, et je n*ai point ce bonheur ! Dansce moment^ par exemple, plein des plus doux souvenirs, je crois vous voir, il y a deux ans, à pareil jour, parée comme aujourd'hui, aussi brillante, aussi jolie, ah ! mille fois plus encore, car alors vous m'aimiez, vous juriez dem'aimer sans cesse.
CAROLINE, à part.
O ciell
DENNEVILLE.
Que sont devenus vos serments, vous qui ne vous rappelez même plus le jour où ils furent prononcés?
CAROLINE
Quoi ! c*est Tanniversaire de notre mariage î
DENNEVILLE.
Oui, Caroline; oui, c'est aujourd'hui le 5 février, et seul j'y avais pensé; c'était pour le célébrer qu'en secret, et sansen parler à personne, je vous avais préparé cette surprise^ ces diamants.
CAROLINE
Il se pourrait !
DENNEVILLE.
J'espérais mieux encore; j'avais fait un projet, un rêve; je voulais, en mémoire de ce jour, souper ici en tête-à-téte avec vous.
CAROUNE.
Qu'entends-je?
DENNEVILLE.
Le bonheur n'a pas besoin de témoins, et je me faisais une si douce idée d'une soirée passée auprès d'une femme charmante, auprès de la mienne... mais elle va au bal, elle a d'autres projets, et tous mes efforts n'ont pu l'y faire renoncer.
:i02 GOUÉDIES-VAUDEVILLES
mon ami! mon ami! que j'étais coupable! Je m'en punirai, tu sauras tout.
' = BENNEVILLB.
Quoi donc ?
CAROLINE
Je no veux plus rien avoir de caché pour toi, cela rend trop malheureuse. Apprends donc qu'on m'entourait d'hommages, qu'on me faisait la cour.
DENNEVILLE,
Je ne veux rien savoir.
CAROLINE
Ah! ce n'est pas pour toi, c'est pour moi-même! Ion ami Edmond, tout le premier, il m'aimait... ce n'est pas ma faute.
DENNEVILLE, secouant la tête.
C'est peut-être la mienne ?
CAROLINE
C'est possible, c'est loi qui le voulais. Quoique insensible à leurs hommages, j'en étais flattée, et peut-être qu'un jour...
DENNEVILLE,
ciel !
CAROLINE. '
On ne sait pas ce qui peut arriver. La preuve, c'est qu'hier il a osé me faire une déclaration écrite.
DENNÊ VILLE.
Vraiment!
. CAROLIPŒi
L. Ouij.isine vraie déclaration. Je ne sais» ce que j'en ai fait, 'je l'ai perdue; sans cela je te la montrerais. El vois jusqu'où la colère peut nous mener : moi, qui jusqu'à présent
!t l'avais dédaigné, maltraité, j'étais si fâchée contre toi, que
'. je ne sais vraiment...
\,K SBGOHDB AH DENNB VILLE, i p>
pieu! il était temps.
Et le plus iodigne, c'est que je t'
Moi l'accuser! esl-ce possible?
Pardon ne-moi, je souiTraiE tanlt Car je songeais à «elle lettre horrible Qui ne m'a pas quiuée un seul instant.
. Je l'emportais à ce bal qui s'apprête ; Comme ua tourmeul, elle est là, sur mon (i. i.r j.....,.)
Tieos, lu le vois, soua les habits do fête.
Il est souvent bien du ciiagrin !
CAROLINE
Oui, voilà ce qiii m'avait abusiîe. Ces diamants, ce lêle-àlèleatec une jolie femme... je ne pouvais pas penser à moi, et je le soup^oûnais, quand je suis seule coupable !
Oli.NN'E VILLE, esidjmt niia larme.
Pauvre Temme ! (Avec chuieur.) Non, Caroline, non : tu sauras loul; c'est moi...
Eh bien ! nous le sommes tous deux, pardonnons -nous muluelleraent. Je n'ai pas besoin de te dire que je ne vais plus à ce bal.
DKNKB VILLE.
Vraiment I
Je reste ici près de loi. Je viens te demander Merefuseras-tuî Aussi bien je meurs de ikim; price, je n'ai point diné.
GOviDIKB-VAUDBVILLBS
Moi non plus.
CAHOUNB.
Tu vois bien que nous nous enieadions I
DBNNE VILLE.
Et U belle toilette ?
CAROLINE
Elle aura été pour loi seul, et mamlenant elle me pèse,
elle me fatigue, il me tarde de m'en délivrer. Sonne mi femme de chambre. (oaDMiiiia n pour liror la lordaa J* ii ■•■ DDtu. Caroline i'irr«i*.] Ab 1 j'oubliais que je lut ai donné congé pour la soirée, mais je m'en passerai bien, (bu* ta pria da U gkea.) Hon ami, voulez-vous m'dier mon agrafe?
DBNNBVILLE, tIt email.
Bien volontiers. (s'airïUDi.) Non, doq, on vient.
(U«dv» i rorcb..!...)