SCÈNE XV
Les m&mes; DERMONT.
DERMOMT, en dehors»
Aïe 1 le bourreau... (Entrant en boitant.) Ce maudit pédicure a une manière de vous couper les eors.**
l'hôtel des bains 'Sni
VICTOR, à part.
Ciel I mon oncle... (prenant vivoment le bras de Canard.) Monsieur... je ne vous quitte pas...
CANARD, le regardant.
Hein!... qu* est-ce que je vois là?... C'est mon jeune homme de tout à Theure 1
VICTOR
Silence !... je suis votre femme... dites que je suis votre femme, ou sinon...
DERIIONT, boitant toujonra.
D*abord... il n'en finit pas, il est bavard... bavard, et puiâ
ensuite, une fois qu'il vous entame... (Apercevant canard et
Victor qui se cache la figure.) Eh I mais, c'est mon moûsieur de tout à l'heure... celui dont j'ai escamoté la place... 11 me semble qu'il est là en jolie compagnie... (Hant.) Il parait que monsieur et madame attendent leur tour?
VICTOR, bas.
Dites que oui...
CANARD
Certainement, monsieur... et madame.
DERMONT
Madame votre épouse vient-elle souvent ici? Moi, ce sont mes galeries, et en qualité d'habitué... voulez*vous me permettre de lui présenter mes hommages?...
VICTOR, de môme.
Dites que non...
CANARD
Mais, monsieur... je ne vous cache pas que ma femme e moi...
VICTOR, aperceyant la porte d'un cabinet de bains qai est ouverte.
Il n'y a que ce moyen de me sauver.
(n quitte le bras de Canard et antre dans le cabinet dont il referme douoemeot la porte.) IL — VI. 46
:278 COHRDIBS — vaudevilles
DBRMONT.
Vous ne pouvez me refuser cet honneur... (s'artncait pov
Miner et ne TOjent plus personne.) Eh bien I OÙ. est-elle dODC? GA19ARD.
Ma foi... je n'en sais rien... mais je ne suis pas fâché d'en être débarrassé.
DERMONT
De qui?... de votre femme?..,
CANARD
Eh 1 non... ce n'est pas la mienne... car, tenez, monsieur, vous m'avez l'air d'un galant homme, et quoiqu'on m'ait recommandé le silence... il faut que je vous raconte tout ce qui m'est arrivé depuis que j'ai mis le pied dans cette maison que je crois ensorcelée...
DERMONT
Comment donc, monsieur! (a part.) Ça m'a l'air d'une bonne dupe.
CA?tARD.
D'abord, monsieur... il y a une dame en vitchoura vert qui depuis une heure m'empêche de me baigner.
. DERMONT, riant.
Ah I ah 1 sans doute celle que je viens de voir.
CANARD
Je n'oserais pas l'affirmer... mais il parait qu'il y a un rival qui sait que je suis aimé... Moi, d'abord, je l'ignorais... Ce rival ou cette dame, car maintenant je ne sais pas lequel des deux, m'avait donné un rendez-vous... mais il se fait que, par le concours de circonstances... il y avait un M. Dermont... un mari ou un autre rival... je ne sais pas aa juste... qui les gênait dans leurs desseins...
DERMONT
Hein 1 qu'est-ce que vous me dites là?
CAIiÀRD.
£t pour s'ea débarrasser, ils se sont entendus ici avec un pédicure.
DEUHONX.
Abl le corpiin!,.. Je le ^vine... Mais cette femme, monsieur, qui tout à rheure était là..,
CANARD
Je ne vous dirai pas si c'était lui ou elle... mais voilà la lettre que j'ai reçue... et que vous pouvez lire...
DERUONT, à part.
Une écriture déguisée... mais qui cependant ressemble bien à celle de madame Dermont... Ce cachet... morbleu! c'est le mien... oui, sa sortie mystérieuse de ce matin et ce maudit pédicure... ah çà! mais c'était donc une conspiration
contre moi depuis les pieds jusqu'à la... (n retient Canard qai fait un pas en arrière.) Morbleu F
AIR : tu ne vois pas, jeune impruaont. (Lm CheviUoi d« MaUrê Adam.)
Que l'on trahisse, rien de mieux, Ou ce magistrat ridicule, Ce militaire soupçonneux, Ou bien ce commerçant crédule; Mais désormais, dites-le-moi, ■ Où rencontrer des cœurs sincères, Où donc trouver la bonne foi Puisqu'on trompe jusqu'aux notaires !
Un instant, monsieur I nous ne nous séparerons pas ainsi.
CANARD
Qu'est-ce que c'est, monsieur !
DERHONT.
Oh! pas de bruit... quand on a des bonnes fortunes, il faut être discret... Mais vous devez me comprendre... il faut qu^un des deux reste sur la place...
CANARD
Ah çà! monsieur... et vous aussi 1... Il est écrit là-haut que je n'en réchapperai pas.
DERUONT.
Oui, monsieur, vous et cet infernal pédicure... Morbleu! si je le tenais...