LA COMTESSE GH[NGHILA
Oh ! mon Dieul je pensais que ce n'était qu*à Londres...
TRICOT
Du tout ; les Grecs étaient les plus grands boxeurs de l'an* tiquité, et les coups de poing anglais sont renouvelés des Grecs.
DUJOUR.
Diable ! monsieur Tricot, savez-vous que c'est là de l'érudition ? et j'estime fort votre définition du Gymnase ; je crois cependant qu'on peut en donner à madame une idée un peu plus exacte.
il /A de La Sentineile.
A nos esprits ce nom vient retracer Et les beaux jours et les jeux de la Grèce, Et cette enceinte où courait s'exercer Une héroïque et brillante jeunesse.
Des magistrats, seuls juges des succès, Du Gymnase occupaient les places ;
Mais plus heureux dans vos essais, Messieurs, au Gymnase français Pour juges vous aurez les Grâces.
LA COMTESSE GHINGHILA.
Et dites-moi, monsieur, donnerez-vous de bonnes pièces?
Certainement, madame. . . voilà une question I ..• Vous n'avez qu*à les commander; comment les voulez-vous?
LA COMTESSE GHINCHILA.
S'il ne tient qu'à dire mon goût, je demande d'abord, pour ma part, qu'on nous épargne ces éternelles épigrammes contre les maris.
DUJOUR.
Et surtout contre les femmes.
AIR du vaudeville de La Robe et le» Botte*.
Enclin aux piquantes malices.
Le Vaudeville, enfant gâté,
Prit trop souvent, dans ses esquisses,
La licence pour la gaité.
Dans les tableaux que votre main hasarde Il ne faut pas, peintre licencieux, Si vous voulez que la beauté regarde,
La forcer à baisser les yeux.
TRICOT
Certainement... vous pouvez vous en rapporter à moi. La plus stricte décence...
DUJOUR.
Allons, nous allons louer une loge, et voilà notre soirée décidément fixée : nous commencerons par le Gymnase, nous passerons à Don Juan, et nous finirons par le bal de la petite duchesse.
Comment, monsieur?
LE BOULEVARb BONNE-NOUVELLE 337
DUJOUR.
Ohl mon Dieu! oui, tous les plaisirs à la fois; voilà comme je suis.
AIR de l'entr'acto de VÉpreuve villageoise.
Je fis toujours De mes jours Bon emploi :
J*ai pour loi .
De saisir Le plaisir Qui passe.
Lorsqu'un savant En rêvant, Perd des nuits, Jeux et ris M'entraînent dans l'espace.
Je fus, dans plus d'une cité.
Cité, Pour être promptement d*un cœur
Vainqueur.
J'entends dire au censeur subtil :
N'a-t-il Que ce joli talent-ci?
Si!
Je sais danser Et valser, Puis nager, Voltiger D'un pied léger Sur la glace, ' Jeux de hasard, De billard, De boston.
Du bon ton, Je vous joue avec grâce.
Le matin, à cheval, au cours
Je cours ; Au spectacle je me fais voir.
Le soir.
Bref, je donne le ton pour tout,
Partout, Et n'épargne en épicurien Rien.
Aux doux instants Du printemps.
Dans les champs.
Par ses chants, L'oiseau du bocage m'appelle; Loin de Paris, Je souris, ' Quand Zéphyr
Vient ouvrir Chaque rose nouvelle. Ainsi, courant, jouant, buvant
Souvent, Je double de mes jours trop courts
Le cours ; Et pour devise dans Paris, J'ai pris :
Amour et plaisir; ou sinon.
Non!