SCENE VIL SAUSSMANN, ADOLPHE
ADOLPHE, pariant à la coulisse.
A merveille! logez la berline où vous pourrez, je m'embarrasse fort peu qu'elle soit moiïillée, pourvu que je trouve un gîte agréable pour moi, c'est tout ce qu'il faut.
SAUSSMANNp
Monsieur est sans doute un parent ou un ami qui vient pour la noce?
ADOLPHE, gaiement.
Pour la noce! Il y a dpnc une noce? Mais oui, pourquoi pas? Je ne suis pas invité cependant, mais j'y tiendrai trèsbien ma place.
SAUSSMANN.
Comment, monsieur n'est pas invité? Alors...
ADOLPHE
Non, mais qu'est-ce que ça fait? Moi, je m'invite partout. La nuit m'a surpris au milieu de la forêt, mon postillon s'est trompé, ou plutôt je crois qu'on l'a trompé. Nous nous sommes enfoncés dans un chemin diabolique ; des fossés, la pluie qui tombait par torrents, que sais- je? les chevaux s* sont abattus, ma voiture est en morceaux ; ce n'est pas cela qui m'inquiète, car, en fait d'accidents et de malheurs, je suis cuirassé.
AIR de Préville et Taconaet
Oui, dans ma vie errante et vagabonde, J'en al bien vu do tous genres, je croi; Il ne saurait arriver en ce mondo Un accident qui ne soit pas pour moi!
De tous côtés catastrophe, infortune...
Moi, j'y suis fait, j'en ai sur mon chemin Quinze par jour, mon budget est certain ;
Maïs aujourd'hui je n'en puis compter qu'une ; Aussi, mon cher, je tremble pour demain.
En attendant, je viens demander Thospitalité au mattre de ce château; il ne peut pas me refuser, surtout le jour de sa noce ; vrai, ça lui porterait malheur !
SAUSSMANN.
L'hospitalité I l'hospitalité ! c'est fort bien, monsieur, mais en ma qualité de concierge, je ne puis pas me permettre de recevoir un inconnu, à cette heure-ci encore, et d'après tous les bruits qui courent.
ADOLPHE
Comment! pour être accueilli, il faudra peut-être que je vous présente un répondant ?
SAUSSMANN.
Oui, monsieur, un répondant, et un répondant connu.
ADOLPHE
Mais où diable voulez- vous que j'aille le chercher?... Si vous saviez d'où je viens !
SAUSSMANN, lui montrant la porte.
Alors, monsieur, faites-moi l'amitié...
AIR : Sortez, à l'instant, sortez. {Le Château de mon oncle.)
De rester ici ce soir.
Croyez- moi, perdez l'espoir.
Je ne peux,
Ni ne veux Vous accueillir dans ces lieux.
Vous n'êtes pas si méchant; Dans l'instant.
J'en fais serment, Vous sei'ez trop heureux De m'accueillir dans ces lieux.
LE VÂMPIRB 5^