‹ Œuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 47 sur 186 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les mêmes ; JULES.

M. DE ROSTANGE

Elil... le voilà, ce cher amL..

M™« DE CHINCHILLA, que Jules salue.

Que devenez -VOUS donc, monsieur Jules? on ne vous voit plus.

l'ÉGLIPBB ZOTAL.E 95

LÉVENTÉ.

Je crois bien... c'est le médecin à la mode... et il aura bientôt une réputation européenne... toutes les femmes se Tarracbent.

M"* DE CHINCHILLA

Ob! sans doute... et si ce n'était pas lui... moi, d*abord, je n'aurais jamais de migraines.

JULES

Madame, vous êtes trop bonne I

V!^ DE CHINCHILLA

C'est que je suis enchantée de vous rencontrer, je voulais justement vous consulter pour une de mes amies qui veut aller aux eaux du Mont-Dore ; son mari ne veut pas, et il faudra que nous arrangions cela... Pourquoi donc êtes-vous venu si tard ?

JULES

A peine si Ton peut aborder 1 les rues sont déjà pleines de curieux qui se feraient écraser plutôt que de se déranger.

a. DE R08TANGE.

Songez donc qu'aujourd'hui tout Paris est aux champs.

AIR de la contredanse de la Pie voleuse.

Ouï, celte éclipse nouvelle Trouble chaque cervelle, Et les lorgnettes dans Paris Déjà sont hors *de prix.

D'où vient donc cette ardeur si vive * C'est du neuf... il faut bien, hélas !

Que du ciel il nous en arrive, Car on n'en voit guère ici-bas.

Vampire triste et pâle, Pourtant l'on connaissait L^obscurité totale Lorsque l'on t'écoutait.

COMEbiBS -^ VAUDEVILLES

Chacun pourtant se hasarde, . . (Faisant le gette d« lorgner.] . .

£t quand tout Paris regarde.

Jugez combien l'on voit, mon cher, De sots le nez en l'air.

Jugez aussi combien, dans Tombro, Il peut arriver de malheurs I Belles, craignez, quand il fait sombre, Et les amants et tes voleurs.

Que de choses on peut prendre I Grands dieux ! quel embarras !

Et comment se défendre Lorsque l'on n*y voit pas?

Mais vous, auteurs romantiques.

Vous, tristes politiques.

Quel plaisir vous allez avoir.

Vous qui voyez tout en noir !

Oui, cette éclipse salutaire De maint journal comble l'espoir; Enfin voilà la terre entière Sous l'empire dô l'éteîgnoir!

L'orgueil qui les transporte Par malheur sera court; L'éclipsé la plus forte Ne dure qu'un seul jour. .

Oui, tôt ou tard la lumière

Revient at nous éclaire.

Et sur l'horizon vermeil

Reparaît le soleiiJ

M°** DE CHINCHILLA

Ah ! mon Dieu, je crois que le Qîel s'obscurcit I

H. DE ROSTANGE

Si ces dames veulent passer sur la terrasse.. «

(On ouvre les deux battants de la porte, et tour passent sur la terrasse.)

l'bglipsb totale 97

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