SCENE IX
ERNEST, M. DE VERMEUIL.
ERNEST
Hein! qui est-ce qui a parlé? Ma foi, je ne vois personne ; et c'est jouer de malheur, à la porte Maillot.
M. DE VERIŒUIL, sortant de l'auberge à droite, et parlant à son domestique.
C'est bon; le reste pour le garçon ; dis à ma nièce qu'elle m'attende un instant.
ERNEST, lo regardant.
Un militaire décoré, voilà l'homme qu'il me faut, (a m. de Termeuii qu'il salue.) Pardon, mousicur, si je vous dérange de vos affaires pour vous présenter une pétition qui va peutêtre vous paraître inconvenante.
M. DE VERMEUIL.
Gomment donc, monsieur I si je puis vous être utile...
ERNEST
Oh I c'est un rien, une misère, une affairé d'honneur qui vient de m'arriver par occasion ; j'ai besoin d'un second ; je suis officier, au surplus, pas en activité, il est vrai; mais
fai des droits, et si monsieur voulait me servir de témoin, à charge de revanche...
M. DE VBRMEUIL, A part et en colère.
Morbleu I (Haut.) C^est à moi que vous vous adressez ? Apprenez que je me croirais aussi coupable que vous, si j'assistais à un pareil combat ; oui, corbleu! si j'étais votre parent ou votre ami, vous ne vous battriez pas, ou ce serait avec moil Je n*aime pas les duels, moi, monsieun.
ERNEST
Parbleu 1 ni moi non plus, et en fait de duel...
AIR : Cot arbre apporté de Provence. {Le* Deux Panthéotu.)
Je ne veux que le strict nécessaire ; J'aime mieux consacrer mes instants A réduire une beauté sévère.
Mais un fat m'insulte, et je Tattends; Oui, souvent ces réduits solitaires Ont pu me voir m*égarer un peu loin ; Mais c'était pour certaines affaires Oîi Ton n'a pas besoin de témoin.
Cependant il est de ces invitations qu'on ne peut pas refuser : un monsieur fort aimable que je ne connais pas, et 4y[ui m'envoie son nom»..
M. DE VERMEUIL.
Comment I qui vous envoie...
ERNEST
Âh! mon Dieu, oui, tout se perfectionne; autrefois on faisait ses défis soi-même ; à présent on envoie sa carte ; voyez plutôt : (Lui donnant la caHe.) « Vtctor de Sérigntf^ me des Saints*Pères. »
M. DE VERMEUIL, à part.
Victor ; c'est bien lui ! Voilà donc le cas qu'il fait de mes avis 1 (a Ernest.) Vous avoz raison, monsieur, c'est un jeune homme à qui il faut donner une leçon : vous dites que c'est iciie render-vous?
Eh! mon Dieu, oui! d'ici à une demi-heure*
U. DE VBRMEUIL, à haute toîx.
Vous pouvez compter sur moi, monsieur, je serai votre témoin.