SCÈNE X
BËLLEPROSË, seul.
*Ce cher Duhocquet! quel zèle! quelle activité!... quel désintéressement!... et cette petite Lolotte ! avec quel feu elle a défendu mon ouvrage... elle en tient, c'est sûr... mais je conçois cela... Ce n'est pas que je sois plus beau qu'un autre... mais il y a une auréole de gloire qui eavironne tout cela et empêche de distinguer, voilà ce qui me sauve... d'ailleurs il est si doux de voir à ses pieds l'auteur en vogue... l'auteur triomphant... ce n'est pas mal calculer.., elle a voulu se mettre à la mode... et je crois vraiment que j'en ferai la folie... Que diable, je ne vois pas pourquoi les lauriers du Pinde excluraient de mon front les myrtes de Cythère... il y aura de la place pour tout... (u tire sa montre.) Quatre heures et demie!... l'instant critique approche, j'éprouve déjà une émotion... l'inquiétude paternelle, (u se promène à grand» pas.) Je puis bien dire comme ces vers du... Misanthrope :
Ma pièce auparavant me semblait des meilleures !
Je n'y vois maintenant que d'horribles défauts,
Du faible, du clinquant, de l'obscur... des bêtises!...
(n s'arrête.) Allons, Belleprose, mon ami, qu'est-ce que c'est donc? Que diable! ta pièce est excellente... on te connaît... et lu vas jeter ton siècle dans la stupéfaction.
AIR : Il me faudra quitter Tempire. {Lei Filles à marier.)
Bientôt mon fertile génie- Lancera drames, prose et vers ;
Mes frères de rAcadémîe
Me recevront à bras ouverts 1
Celte place, je le suppose,
A mes talents conviendrait bien, A rinstilut, oui, je serais fort bien.
On entre là sans avoir fait grand'chose, On vous reçoit, et Ton n*y fait plus rien !