LES CONGRÉGATIONS
N'a-t-on pas vu , quelques années avant la révolution, des évèques, égarés par les opinions du temps, travailler à la destruction des ordres monastiques? Ils espéraient recueillir au moins une portion de leurs dépouilles. Dieu ne bénit pas ces projets bassement intéressés; non, certes : mais est-il impossible que les mêmes erreurs renaissent un jour des mêmes passions?
Que pouvait-on imaginer de mieux pour ôter aoi communautés religieuses toute garantie de sU^ iité, toute espérance solide de perpétuer le bieo auquel elles se consacrent? Nous nous trompom cependant, la loi fait plus encore; elle contient une disposition que déjà nous avons exprimée en ces termes :
S"" Si cela ne su/fît pas , le gouvememctU pourra, lorsqu'il le trouvera bon, supprimer d'un trait de plume toutes les communautés religieuses et chacune d'elles.
Que dit, en effet, l'article 6? « L'autorisation des congrégations ou maisons religieuses de femmes ne pourra être révoquée que dans les formes prescrites par les articles 2 et 3 de la présente loi , pour leur aoto- « risation. » ----v^
Donc , toutes les fois que Tévêque et le conseil municipal s'accorderont pour demander leur suppression , elles pourront être supprimées.
Quand l'évèque et le conseil municipal ne seroot pas d'accord , il y aura opposition , et ToppositioD sera jugée en assemblée générale du conseil d'État. Or, le jugement du conseil d'État ne diffère pas, dans le fait, du jugement des ministres, qui nomment et révoquent à volonté les conseillers d'État.
Il suffît donc , pour détruire toutes les communautés et chacune d'elles, d'en faire demander L^suppression par le conseil municipal.
Et de qui dépend la nomination du conseil muns. — cipal? encore des ministres.
Le sort des congrégations religieuses est doi entièrement entre leurs mains : la loi les lei abandonne ; ils peuvent , quand ils le voudront, h faire disparaître de la France , sans avoir pour cel besoin d'un nouvel acte de législation.
Et qu'on ne dise pas que les ministres n'auroi jamais une semblable volonté : car, d'abord, n'est donc plus la protection de la loi, mais protection des ministres que vous accordez ai^ congrégations religieuses; et, de plus, qui voi assure de l'éternité des ministres actuels? N'e pcut-il venir qui aient des idées différentes? Y a-t-il
cilla ; qui vcro pcrmlscrint hapc flcri, fiubjaceant condemnation hu» qiKT per caiiones con>iUlulsP8unt. \Conc. Chalccd., can. 2V l.<' concile (l'Ai;«le5'cxprIiiif encore plus rurtemenl.