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plus elle acquiert de vigueur interne. Quelle que soit l'influence qu'elle exerce extérieurement sur les souverainetés, toujours elles tendent à 8*eD afl^ranchir par l'efl^et des passions humaines. Cela s'est vu à toutes les époques , et l'Église ne saurnC défendre, selon l'institution divine, le droit contre la force , que la force ne réagisse contre l'Église pour la dominer. Aucun des avantages que peut lui ofl^rir l'État, ne compense, à beaucoup près, les dangers de la guerre qu'il lui faut perpétuellement soutenir pour conserver son indépendanor. Elle a constamment bien plus à craindre qu'à espérer des princes ; son véritable appui est dans la confiance des faibles qu'elle protège en maintenant la loi de justice : leur amour , voilà sa puissance. Ce sont eux plus que les rois qui la dotèrent dans les tempi antiques ; et leurs offrandes , qui forment en partie le patrimoine du pauvre, suffiront à ses besoins, toutes les fois qu'un despotisme persécuteur n'interposera point ses volontés arbitraires et tyranniquet entre elle et la piété des peuples. Elle n'a donc ddI intérêt pro]>re à renouer les liens qui l'unissaient au cor[)s politique : ce n'est pas , quoi qu'on eo dise , un sujet d'ambition pour elle ; c'est une nécessité des choses , une loi immuable de la société. Le reproche d'envahissement qu'on adresse au parti'prétre j l'intention qu'on lui attribue d'usll^ per le pouvoir civil , a pour cause , non des ffnti réels, mais un sentiment vague de cette nécessité; et, quant à sa véritable action, que l'on sent partout et que l'on n'aperçoit nulle part sous une forme déterminée ^ ce (ju'on prend pour le résultat d'un dessein profondément conçu n'est que le travail intérieur du christianisme dans une nation croyante, et , si Ton peut ainsi parler , la végétation naturelle de l'on Ire,
Mais, pour qu'il se développe complètement, il ne suflit pas que les hommes en éprouvent le besoin, et qu'ils comprennent que ce besoin ne saurait être satisfait que dans le catholicisme et par le cathoficisme. De nombreux obstacles matériels s'opposent et s'opposeront encore longtemps à la renaissance de la société chrétienne. Soumis, depuis des siècles, à l'influence de certaines doctrines diverses dans leurs formes, idcntitiues par leur opposition an christianisme catholique , les gouvernements trouvent en eux-mêmes une difliculté presque insurmontable à se modifler selon que l'exige l'état actuel du monde. Les institutions , privées de l'esprit qui les animait originairement , ont cessé d'être en rapport avec les vrais intérêts des peuples. Quelque^ unes subsistent, sans se lier à rien, comme de simples souvenirs du paisé : parmi les autres, il en est peu qui ne soient devenues , par le vice inhérent au fond même de la société antichrétienne , ou de
ET DE LÀ GUERRE CONTRE L'ÉGLISE
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fNiissants moyens d'aRarchîe, ou des ÎDstruments | de despotisme. Le pouvoir sans règle flolte au hasard ; altéré jusque dans sa source, il a perdu, si je rose dire, son affinité native avec Tordre. De là il résulte que , ne pouvant subsister tel qu'il est, il ne peut non plus réparer les ruines qu'il a faites, ni ses propres ruines : vérité déplorable en ellemême , et plus encore , s'il est possible , dans ses conséquences ; car il s'ensuit , d'une part , qu'un changement fondamental dans le système social actuel est nécessité par la nature des choses , et , de l'autre, que ce changement ne saurait s'opérer sans des commotions violentes. Sur quoi nous remarquerons que le christianisme , dans les grandes révolutions qui bouleversent les États dont il a cessé d'être le principe constitutif, n'agît jamais directement pour renverser ce qu'il y a même de plus opposé à son essence. Il se tient , pour ainsi dire , en dehors du mouvement , et Dieu arrive à ses fins par des voies toutes différentes. En vertu des lois générales par lesquelles il régit le monde, l'erreur est chargée d'accomplir les destructions nécessaires, et la vérité ensuite rassemble et féconde les éléments qui doivent servir à la régénération voulue de lui. Ainsi les gouvernements , quels qu'ils soient , n'ont aujourd'hui rien à redouter de son influence. Sans doute il n'existe plus de royauté chrétienne (1); sans doute l'obéissance due maintenant au pouvoir n'est pas l'olieissance qui lui était due , lorsqu'il se présentait au respect des peuples comme le vicaire au temporel, Fimagc vivante du Christ-Roi. Cependant on ne laisse pas de lui devoir une véritable soumission en tant qu'il maintient encore un ordre partiel dans la société , car cet ordre dérive originairement de Dieu : il en prescrit la conservation ; et la force, en soi dépourvue de droit, devient alors occasionnellement son ministre. Voilà comment le chrétien lui obéit toujours, et n'obéit qu'à hii, fidèle à tout ce qui est juste , invincible à tout ce qui ne l'est pas.
Mais, quand le désordre, atteignant l'essence même du pouvoir, a envahi l'État entier, une autre loi se développe , loi de destruction , indispensable pour préparer le renouvellement futur. On a voulu Terreur, on a voulu le maK et le mal et l'erreur agissent selon leur nature. Ils renversent violemment , ou dissolvent peu à peu , ce qui forme un obstacle à Faction réparatrice du principe vital. C'est la tempête qui purifie l'air ; c'est la fièvre qui
(I) Qu*oo noat comprenne bien : U deslrucUon du système chrétien , qui unissait les deux puissances suivant un ordre de subordioalion naturel et divin , étant un fait reconnu de tout le Bonde, elle rondement même du droit public moderne , Il s'entait oéccMalremeot que la royauté n'est plus, ne peut plus être ce q«*eUe éUltdaosce système universellement repoussé aujour- 4*hai. lUe a cessé d*étre Ugtttme, leloo le sent chrétien du mot ,