‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 138 sur 226 · AU RÉDACTEUR DU MÉMORIAL CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

AU RÉDACTEUR DU MÉMORIAL CATHOLIQUE

RN BSPONSB

A LA RRVUE PROTESTANTE.

Septembre 1825.

Monsieur ,

Le dernier cahier de la Revue protestante renferme quelques obseryations sur la lettre que j'eus rhonneur de tous adresser le mois dernier. Ou

tyrannldit obJecU «pecle de Imperlo deturbtre ; ego booi Tlri aut boni cIvU eMe ncKaTl tuuin principem quantumvif tyrannnm ulla ralloae violare. Bodln, <te RepuM., lib. II, cap. y, p. 302.

(1) Calvloi dUdpuU, ublcumque iavaluere , Unpefia UirbaYerunt.

(2) SedlUo»! et tiuBuItiMMl sunt, paoU publicae et tranqoillltaUa poltilcc turbalores, quorum hoc uulcum InaUtufcum est, ut aedilioRiim iacUonea, tumultimm dlstidla, ac Undem ccdem et aan-

lÉBAGIBni

m^andt aœoaé de ÈraiÊetieÊfÊFûÊieÊaiÊiêéÊimh Miê^ J'ai montré que cette iftallon HMÊmM ridlèment Immsa; et i eek em metiwtfmà ttat rijontais : * Gdni^ mèem qal wms rapmki liwisaement d'aioir caiommié le pralsilBnlIsatt, en le traitant âeMooèim, n*« pna enfat Anprlmer, il 7 a peu de temps, ces Baives parahi; 8iim réarme a fiOÊ ia révêêutàm, «'aaf asa phtê àei omvroffe.ùr^ il mê semble «pwlesismàms ont bien ëlë pour qneiqoe chose rérolutîon, qui pourrait être le pÊmeévi de ia ré/brme s » et à cela encore onBavipsai rien. Mais, ayant ftitfoir de pins «qncIcpiMpe du protestantisme est , en cftt , fhwwaMs cm rérolutions, et qae le calrUsmc em pattterikr, brouillon et sédilieu dès son origine, itir«Éli l'ordre paUic parfont où 1 s*cst^tahli, étw^ffm peu contribué i rëpcndrc en Bmâpa.WeitÊÊ

répablicain, » on m'attaque

, après tout nMilcnienl nrfosaaalra une férké historique eonUrméc par tant 4a gnages et avouée nnireraeliement. Le que Je l'ai transcrit, ae trouve, ainsi 91e des telles dont J'ai ftiit également usafe, Urre plein de reeberches très-enriensaa, Faradoxee iniéreeeaaie, etc., pour réptmëe à iaieiired^M pairMe, etc..

Retiré é la campagne, Je n'ai auen n

fériller l'eiactitnde ;- mais la Bêvue me dispense elle-même de ce smn, puisqu'elle «envient que le passage en question est dans ks préface de Bodin. A ia bonne heure : dans la prMee, ou ailleurs, il importe peu. Mais, ajoute-4-elle,â se rapporte clait^ementaux circonetanoee gêné' raies du temps. A la bonne heure encore, et c'est précisément ce que j'ai prétendu ; car les drvo»stances générales du temps étaient à la réwHe générale et perpétuelle des calvinistes contre Tanlorité royale. Cependant, dit-on , Bodin observe que (( leurs plus apparents et savants théologiens tien» « nent qu'il n'est jamais licite , non pas seulement « de tuer , mais de se rebeller contre son prhMC (( souverain, si ce n'est qu'il y eût mandement spé- « cial de Dieu et indubitable. » 1^ réforme a tenm sur ce sujet tous les langages, selon ses convenances du moment ; témoin les Vindiciœ conira igrannosj le livre exécrable de Boucher (4), pour parler comme Grotius, et tant d'autres ouvrages séditîeui.

guloU effutlonem procoreot. JoAii.ileftiilM.— (S) Fottîlism du cierge, p. 20.

(4) Cet exemple porte à faux : Boaoàer n'était pM proUaUBi, malt caUioUqne et ligueor. Sa reste, aea mailmea étaient, aelMi roccaston et le beaoin, oommunea aux deux partia* fful ■*■ précbé le tyrannlclde avec plua de chaleur et d*eiuport6aaent que quelques Jésuitet; et l'on aelt , tous ce rapport , qoeUe Mée on «fait féaénlanMBt des prlBcipéa de la GanpiSiHe.

DU MÉMORIAL

dont MHS doute od ne niera pas Texistence. On ne niera pa$ non plus qu*il8 fussent approuvés par des hommes considérables du parli. Voici ce qu'on lit dans d*AubigDé : u II paroissoit un autre livre « qui s*appeIoit Junius Brutus j ou Défense « contre les tyrans^ advoué par un des doctes « gentilshommes du royaume renommé pour pluu sieurs excellents livres , et vivant encore aujour- « d*hui avec authorité ; traictant les questions des « bornes de Tobeyssance qu'on doibt aux rois ; en « quel cas il est permis de prendre les armes contre « eux ; par qui telles choses se doivent entreprendre; « si -les voisins peuvent justement donner secours « aux peuples; en quel cas et comment toutes « choses s*y doivent conduire : tout cela traictë « en grand jurisconsulte et grand théologien. « Depuis on a seu qui estoit le vrai autheur, sçavoir « Humbert Languet(l). »

Que d'autres apparents et savants théologiens réformés aient tenu qu'il n'est Jamais licite de se reàeiier contre son prince souverain^ si ce n'est fu'U y eût mandement spécial de Dieu et induàiêaàie, cela est vrai , nous en convenons ; mais il eti vrai aussi que, dans la pratique, ils ont toujours trouvé qu'il y avait mandement spécial de Dieu et indubitable. On peut voir à ce sujet les décisions authentiques de Bèze et des synodes, citées par Bossuet (â). Croit-on que les continuelles levées d'armes sous les Valois se fissent malgré les ministres, el qu'on les regardât comme opposées aux principes de la réforme? Tous les monuments de cette époque n'attestent-ils pas, au contraire, que le feu de la rébellion était soufflé partout par les prédicants de la nouvelle secte ? On conçoit que ces faits embarrassent la Revue protestante ; mais ils n'en sont pas moins réels, et ils ont été reconnus par les écrivains les moins favorables à la religion catholiqne. Selon Voltaire, qui n'est pas suspect, les huguenots faisaient un État dans un État (5). £t vent-on savoir quel était leur but : u U était visible, « dit ce même auteur, que l'Ecosse et l'Angleterre « puritaines voulaient s'ériger en républiques. « Cétait l'esprit du calvinisme : il tenta longtemps •c en France cette grande entreprise ; il l'exécuta « en Hollande : mais , en France et en Angleterre , « on ne pouvait arriver à ce but si cher aux peuples H qu'à travers des flots de sang (4). » Ce n'est pas notre faute si l'histoire , même partiale contre la religion catholique, est forcée à de pareils aveux.

Que Calvin déclare qu'tV n'est Jamais licite de iuer, si ce n'est qu'il y eût mandement spécial de Dieu et indubitable^ fort bien jusque-là ; mais il fondrait qu'il n'eût pas lui-même traduit cette

ri) trjubifmé, ton. U , Ur. II, chap. ii, pcg. 670.

i2; HMoire des yariatloiu , Ht. X, cbap. xxiv et aulv.

TOMK II.

belle maxime dans les termes qu'on va lire. Écoutons encore Voltaire :

u Le dernier trait au portrait de Calvin peut se i( tirer d'une lettre de sa main, qui se conserve <( encore au château de La Bastie-Roland près de (( Montélimar ; elle est adressée au marquis de Po<it, u grand chambellan du roi de Navarre, et datée du « 30 septembre 1561 :

« Honneur, gloire et richesses seront la récom- (t pense de vos peines ; surtout ne faites faute u de défaire le pays de ces zélés faquins qui « excitent les peuples à se bander contre nous. u Pareils monstres doivent être étouffés comme « J'ai fait de Michel Servet, Espagnol. >»

Voilà, Monsieur, ma dernière réponse à la Revue protestante, quelque suite qu'elle donne à une discussion qui ne peut rien apprendre à personne, et qu'il me parait dès-lors inutile de continuer.

J'ai l'honneur d'être , etc.,

L'abbé F. de La MEmnAis.

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