‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 140 sur 226 · SUR UNE ATTAQUE · texte numérisé non relu

SUR UNE ATTAQUE

« première religion e$t d*adorer M* de La Mennais , « ont répondu que M. Flottes n'étaii n'en, et qa'il « n'avait paa le sent commun. M. Flottes leur a « écrit pour les prier de lui dire en quoi il manquait « de sens commun, en prouvantque M. de La Men- « nais ne citait ni entièrement, ni correctement, ni « fidèlement, les textes et les autorités sur lesquels « il prétendait s'appuyer. Il les a priés d'insérer sa « lettre dans leur journal ; ils ne l'ont point insérée, « cequi étonncM. Flottes, et, ce qui ne nous étonne « point, ces messieurs ni M. Fabbé de La Mennais « ne rendront pas dsfantage i cet épilogue du « dernier ou?rage de M. Flottes : il fiudrait pour- « tant y répondre. »

Nous sTons aisément reconnu l'auteur de cette petite diatribe à sa rancune contre le MémuoriaL Nos lecteurs se souviennent peut-être d'un certain M. A. qui, sur la fèi de M. Flottes, chanoine honoraire de Montpellier et professeur de philosophie au collège royal de cette ?ille , accusa doctoralement M. de La Mennais d^avoir felsIAéun passage de Tertullien, puis fut contraint d'a?ouer que le passage était exactement cité, puis se fécha, puis se consola en composant qudquesHins de ces articles légers où brille la focilité de son esprit, mais qui souvent ne sont pas de ceux dont la mère cansefiieraii ia lec* ture à sa fille. Il ne se plaignit polut alors qu'on ne lui eût point répondu ; au contraire : et c'est Inen plutôt la répense qu'on lui fit qui excite aujourd'hui son humeur contre quelques Jeunes gens qui font une espèce de journal^ et qui eurent assez peu de logique, d'érudition et de politesse^ pour lui prouver qu'avant d'accuser H. de La Mennais d'avoir altéré le texte de Tertullien il n'avait pas même pris la peine d'ouvrir, à la page indiquée, l'ouvrage de cet auteur. Voilà pourquoi un recueil périodique où se trouvent les noms de M. de Bonald et de M. de Haller devient, sous sa plume , une espèce de Journal fait par quelques Jeunes gens. Nous convenons sans difiBcuIté que le Mémorial compte quelques jeunes prêtres parmi ses rédacteurs. Mais que peut dire à cela M. A.? N'est-il donc pas lui-même une espèce déjeune homme, une espèce de prêtre, et une espèce de journaliste?

De son côté, M. Flottes se tue à prouver qu'on doit nécessairement répondre à sa brochure : attendu que, vantée par M. A., elle a de plus charmé un ancien grand vicaire, qui, longtemps rédacteur du Courrier des Spectacles, imagina peut-être que c'était pour lui une occasion heureuse de revenir sur ses premières études ; à moins cependant que le sens commun ne lui parût être une de ces erreurs populaires qu'il a combattues dans un livre qu'au talent près on a comparé au Dictionnaire philosophique de Marie-François Arouet. Quoi

qu'U en soU, de si graics autorités aMsdéddsiti expliquer nne fois pour tontes, à M. iMtBB, paorquoi nous n'avons pas Jugé i prapoad*«alaBer alfee lût de discussion aasiiijet de sesOftaarioliawei^ tiques sur kt Défèm9$ de tBêêoi. Nom dksH ensuite quelques mots de son denier écrit

M. Flottes,noas n'en doutons point, cat m Iwt honnête homme , mais 11 a aonveat le nalliear de ne pas comprendre ce qu'il lit; de éorte qs^ct croyant rétater son adveraafaw, il ae réftaie orinairement que ses propres lm^[inalloM : ee qrf rend assex pénible la tâche de hii r^ondrtf, et encore sans quil en résulte ancone vHàSÊté rédfe.

Yeut-on savoir comment il a entenda la D^imm de tBêsaif et comment II l'attaque : « M. de la ■ Mennais, dlMI, s'efforça de proavtr âfm ait « écrit que sa doctrine avait été conniie, «■•partie^ « de saint Augustin, dePescartcs, de Mnlrhrinfhf j « de Ldbnitx, de Bacon, de Pascal^ de Beasast,* « Nicole, d'Enter; mais que ces grands « n'avaient flût qu'apercevoir la vérité 9011 « été donné de publier tout entière. Nom « publié, ai 18M (judlet), des OàsenfoUmMCsi- « Oquêêsurla Défense. Nonsavoqs praavédaM « cet opuscule, en produisant les textes, qw-lcs « passages rapportés par rauteur de h Mjfimss « n'étaient pas dtés avec exactitude, et qsie cet « éloquent écrivahi était réftité par lea aalorilèi m mêmes qnll invoque (1).

Il est bon d'abord de foire observer qoe œ que M. Flottes appelle ne pas citer avec exactitude^ c'est ne pas citer suffisamment selon lui; de sorte qu'à moins de transcrire les ouvrages entiers de Descartes, par exemple, et de Malebranclie, il aurait toujours autant de raison de prétendre qu'on ne les a pas cités exactement. Or, on voit qu'il faudrait dès-lors, pour répondre à M. Flottes d'une manière qui le satisfit, une assez jolie collection de volumes in-folio; et il doit concevoir, 00, en tout cas, les autres concevront pour lui, qu'on peut bien, sans manquer aux égards dus è sa personne , à son canonicat honoraire , et même à sa dignité de professeur de philosophie, n'être pas très-disposé à entreprendre un pareil travail.

A quoi, d'ailleurs, reviendrait-il? et qu'est-il, de bonne f6i, possible de dire à un homme qui s'est persuadé que M. de La Mennais se proposait, dans ia Défense de l'Essai, d'établir sa doctrine sur l'autorité de Descartes, de Malebranche, de Leibnitz, de Bacon, d'Euler, ou, en d'autres termes, de prouver que la doctrine qu'il défendait était la même que celle qu'il combattait? A l'exception de

( I ) Af . l'abbé F. d§ La Metmait réfuté par léM autarUês mémtt qu'fi invo^n** t etc., P' 6.

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