‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 141 sur 226 · CONTRE M. DE LA MENSAIS · texte numérisé non relu

CONTRE M. DE LA MENSAIS

M. tiMt*»ttde\'^bi'lelAMoffien(\ui rendcoraple tirs romans, contes, nouvelles en prose et en vers, ibns les Débats, i|uiconque a parcouru seulemcnl b Défense de l'Essai »ail que le but de l'auleur est de montrer que la philosophie cartésienne ne donne aucune base solide à nos connaissances, et aucune régie sûre à nos jugements.

Sur le premier point, H. de La Mennais Fait voir, |iar les aveux mêmes des philosophes cartésiens, qti'ib ne sauraient être certains d'aucune chose, à moins d'élre certains auparavant de l'existence de Dieu, et que, ne pouvant d^s-lors se prouver l'exislenredc Dieu, que par un pnralogiame évident, il leur est impossible de sortir de l'incertitude universelle où ils se sont d'abord placés , et qu'ainsi leur système conduit au scepticisme absolu.

Uâts est-il bien vrai que les cartésiens aient fait l'aveu qu'on leur prCle? C'est ce que chacun peut vérifier. Qnanlànous, voici, encore une fois, ce que nous lisons dans Descartes :

u Je remarque que la certitude de toutes les au- •■ très choses dépend si absobtmenl de l'exisleDce « de Dieu, que sans cette connaissnnce il est impos- •• sible de pouvoir jamais rien savoir parfaitement.

r- Car. quoique je sois d'une telle nature qu'aus- ' gildl que je comprends quelque chose parfaite

< ment je ne puis ni'empécber de la croire vraie,

■ néanmoins, parce que je suis aussi d'une telle nature que je ne puis avoir l'esprit conlinuelle-

' ment attaché â une même chose, et que souvent

< je me ressouviens avoir jugé une chose être I' vraie ; lorsque je cesse de considérer les raisons " qui m'ont obligé â la juger telle , il peut arriver " pendant ce tempS'là que d'autres raisons se pré-

■ renient à moi, qui me feraient nisément changer ' d'opinion, si j'ignorais qu'il ; eût un Dieu; et

ainsi je n'aurais jamais une vraie et certaine science d'aucune chose que ee soit, mais seulement de vagues et inconstantes opinions... " Et ainsi je reconnais irès-cl a irem en l quelaeer-

■ ittudc et la vérité de toute science dépend de la ' seule connaissance du vrai Dieu; en sorte qu'avant ' que je le connusse,' je ne pouvais savoir parfaite- >' ment .lucune autre chose (1). »

Hais, s'il peut arriver, comme Descartes le dit dans le passage qu'on vient de lire, que la même chose IMUS paraisse alternativevEnt vraie et fausse, quelle règle infaillible de jugement trouverons- nous en Buus-mémea ? Et, quand il existerait une telle règle, romraent chacun de nous s'assurera-t-il de sa certitude? Il serait suiicrflu de répéter ce qu'a dit tàdc6sus H. de La Hennais, et nous dédons d'y répondre rien de sensé.

Pour venir maintenant au dernier écrit de H. Flottes, nous commencerons par le remercier d'avoir fourni une autorité d'un très-grand poids , et généralement ignorée , en faveur de la doctrine du sens commun. Cette grave autorité est celle de Pellisson , qui, dans un ouvrage très -difficile à frouver , dil M. Flottes , et qui a pour titre : Raflerions sur tes Différends de la Religion, « se proposait de comit battre V indifférence religieuse, qui, suivant " ses propres expressions , semblait devenir ïa- " sensiblement la religion dominante, et de rn- « mener tes protestants dans le sein de l'Église i< catholique (i). » En voici quelques passages cités par M. Flottes (3), qui rendrait un vrai service à In rehgioo s'M se décidait à faire réimprimer l'ouvrage entier.

•[ Tâchons à nous élever avec lui-même (le sau vaut), et disons-lui remarquer, s'il nous est i< possible , que . par les propres principes de son •i savoir, toute la certitude humaine , celle des sens, " celle des lumières naturelles, celle des mathénia- « tiques, celle de toutes les sciences telle qu'on la <' peut avoir, celle de toute la sagesse pohtique et « humaine , est fondée sur celle autorité du grand Il nombre; et que cette autorité a un fondement " éternel et inébranlable, c'est-à-dheDieu même.

« 0 principe éternel de toutes choses! 6princij>v ■■ tout intelligent et tout bon ! non-seulement il est " certain que vous files , mais que , si vous n'étiez " pas, nous n'aurions rien de certain. J'adore, >i dans la certitude de mes propres sens, la cerli- « lude de votre être , de votre sagesse et de votre " honte ; et je comprends aisément qu'il n'y a rien <i de vrai que par vous , qui êtes la vérité même !

<( Après la certitude des sens vient la certitude '1 des lumières générales, répandues dans tous les Il esprits, en tous les clîmals, parmi tous les pcu- " pies ; dont néanmoins quelques extravagants se " sont moqués, et dont nous n'aurions aucune <r certitude sans l'autorité du grand nombre.

" Sans ce fondement inébranlable , point de con- " naissance certaine , point de société , point de >< religion surtout. Car quiconque prend un fon- « dément contraire , il ne lie pas les esprits ensem- II ble, il les délie ; il permet , ou . pour mieux dire, •I il ordonne à chacun de croire et de faire ce qu'il i< lui plaira.

Il Tout était certain dans l'origine entre les prciL niicrs hommes, à qui Dieu s'était découvert .1 lui-même. ■>

Un ne se serait certainement pas attendu i trou ver des passages si frappants sur l'aulorilé du coiisentctuent commun, dans un livre où l'on combat

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