‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 26 sur 226 · DES DIFFÉRENTES COMMUNIONS CHRÉTIENNES · texte numérisé non relu

DES DIFFÉRENTES COMMUNIONS CHRÉTIENNES

Plusieiirs fois , depuis la grande scission qui déchira la chrétienté au seizième siècle , on a tenté de réunir les catboUques et les protestants. Deux hommes du plus haut génie, Bossuet et I^ibnitz, conçurent, sous Louis XIY, Tespérance d'y réussir; et leur correspondance, chef-d*œuvre de discussion , nous est restée comme un monument de leurs vœui , que diverses circonstances étraugères à la religion rendirent malheureusement stériles. Les temps n'étaient pas venus. Il y avait à surmonter une trop vive opposition. La réforme, âpre et Hère , se sentait encore vivante , parce qu'il y avait encore en elle de la foi. Ses préjugés contre l'Église romaine régnaient avec toute leur force. La raison, et l'expérience, qui n'est que la raison manifestée par les événements, ne les avaient point assez affaiblis dans l'esprit de la multitude , pour qu'elle entendit patiemment parler de réunion. Le souvenir récent des victoires de Gustave-Adolphe attachait les protestants d'Allemagne à une religion qui leur avait coûté tant de travaux , et leur rappelait tant de gloire. Ik y tenaient comme à une conquête. Des difficultés non moins sérieuses naissaîenl de la politique de quelques souverains. La maison de Hanovre voyait , dans la réforme , le fondement et la sanction de ses droits : elle les aurait crus ébranlés avec le protestantisme. Cette considération , nulle aujourd'hui , paraissait alors si décisive, qu'elle détermina seule Leibnitz à rmnpre les négociations entamées avec l'évèque de

(1) IMC., VIII ,».— (2) Jaeo^., II,».

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