‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 51 sur 226 · LA RELIGION CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LA RELIGION CATHOLIQUE

La religion catholique est attaquée avec plus de fureur que jamais ; c'est un foit incontestable. On tourne en dérision sa doctrine et son culte , on blasphème son fondateur , on outrage ^es ministres , on les calomnie , on les désigne à la haine publique, on emploie jusqu'à la violence pour empêcher la prédication de l'Évangile ; et les factieux ue daignent plus même déguiser le projet qu'ils ont formé, l'espérance qu'ils ont conçue , d'abolir ptrmi nous la religion de nos ancêtres , la religion de Charlemagne et de Louis IX, de Duguesclin et de Turenne, de Bossuel et de d'Aguesseau , de Vincent de Paul et de Fénélon. Le complot ourdi dans l'ombre par quelques sectaires du dernier siècle se poursuit au grand jour avec un acharnement dont il n'existait pas d'exemple.

La religion étant le plus fort obstacle , et peutêtre maintenant le seul, à la révolution qu'on médite, et nul pouvoir illégitime ne pouvant s'affermir tant qu'elle conservera de l'influence, il est naturel qu'elle inspire une haine proportionnée au désir qu'on a de renverser Tordre existant. De là les efforts des révolutionnaires pour la décréditer dans l'esprit de la multitude, pour armer contre elle les passions que désolent ses préceptes et que ses menaces inquiètent, et pour porter l'administration , qui ne leur obéit que trop bien , à l'opprimer avec art , et à l'étouffer sous le poids de sa tyrannique protection. De là encore les entraves que Ton met aux missions, et les invectives qu'on prodigue aux missionnaires , véritables soldats de la royauté aussi bien que de Fautel, dans des temps d'erreur et de lâcheté. Ils

apprennent aux Français à obéir au chef que Dtea leur a donné , à respecter leurs serments , ^s*aimer les uns les autres , à pardonner les torts et à les réparer : quel scandale ! Si l'on n'arrête leur fanatisme, ils finiront par éteindre toutes les animosités, ils détruiront jusqu'au dernier germe de discorde. Guerre donc aux missionnaires, à ces perturbateurs du crime , qui s'en vont en tous lieux réveillant les consciences , et répétant cet horrible cri : Repentir et pardon!

Les révolutionnaires craignent peu les lois : faibles, ils les éludent ; forts, ils les bravent : ils ne redoutent pas même les armées, il y a des moyens d'en changer l'esprit; mais ils tremblent devant la Croix , ils connaissent sa puissance. Le souvenir des prodiges qu'elle opéra dans la Bretagne et dans la Vendée agite leur sommeil. De ce bois sacré sort une vertu qui les trouble et les abat. Ils voient une menace de vengeance partout où les autres hommes découvrent un signe de salut.

Mais , pour mieux entendre combien la religiM les importune, considérez quels sont leurs desseins. Ils attaquent la dynastie légitime, la justice, puisque le crime n'est à leurs yeux qu'une opinion qui doit avoir dans les Chambres ses représentants ; la morale, puisqu'ils ne reconnaissent d'autre droit que la possession ; en un mot, ils attaquent l'ordre social tout entier. H leur faut donc nécessairement renverser la religion , qui est le fondement et la garantie de toutes les légitimités , qui consacre tous les droits , condamne tous les crimes , et oppose ainsi une barrière invincible aux révolutions.

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