‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 52 sur 226 · POUR LA RELIGION CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

POUR LA RELIGION CATHOLIQUE

(si, â cet égard, les révolutionnaires cornant parfaitement leurs intérêts , que penser iTemement, qui, au lieu de réprimer ces es pernrs , et de défendre contre eux la reliui le défend lui-même , la leur jette comme le pâture , pour apaiser leur faim? Comment lier un pareil délire? et c'est pourtant ce appelle sagesse et modération! En vérité, 'expression d'un paysan vendéen , les choses t à présent.

|u'ici nous avons parlé de ce qui frappe les En s'élevant à de plus hautes considérations , couvre dans la nature même de Tbomme une cause générale de haine pour la religion ique , cause dont l'influence se manifeste de manières, dans toutes les contrées et dans es temps , et à laquelle on doit originaireattribuer les nombreuses persécutions que le anisme a subies.

is naissons pour obéir. 11 existe une loi de qui est la règle de l'intelligence , et une loi equi est la règle du cœur. Mais naturellement ne est impatient de toute règle ; il abhorre sance. Son orgueil, aspirant à une pleine *aineté , s'irrite contre les devoirs qui l'averde la dépendance d'un pouvoir supérieur, religion catholique, manifestation complète ci de vérité et de la loi d'ordre , renferme » devoirs de Thomme ; elle contraint sa railOD cœur, ses sens d'obéir à ces deux grandes /esprit ne compose point avec ses dogmes , ODScience avec ses préceptes. Forte de l'autoe Dieu même , elle exige une soumission 'selle , absolue , et désespère l'orgueil par L3>le fermeté de ses commandements et l'imîlîté de sa doctrine.

conçoit aisément qu'une religion si opposée penchants leè plus vifs inspire une aversion ide à certains hommes. Quelque route que ent leurs passions , elle se présente pour les ittre ; avec elle nul traité , nul accommode- Elle ne souffre pas qu'on rejette une seule rites qu'elle ordonne de croire , qu'on se disd*une seule des vertus qu'elle enjoint de pra- • Pensées , volonté , actions , il n'est rien t ne règle ; elle maîtrise tout l'homme et l'aflit , par l'obéissance, de la faiblesse de l'esui est l'erreur, et de la faiblesse du cœur qui es passions. Faut-il donc s'étonner que ces DS murmurent? Si quelque chose devait surre , ce serait de voir la religion , persécutée les, conserver l'empire qu'elles lui disputent. oarquez que la haine se concentre sur l'Église ^ue parce qu'elle seule possède et exerce Tauqui blesse l'orgueil. On s'inquiète peu qu'elle

croie , qu'elle enseigne tels ou tels dogmes, mais on s'indigne qu'elle refuse la permission de ne pas croire. Aussi ses ennemis laissent-ils en paix le protestantisme , qui lui-même laisse en paix toutes les opinions , ou du moins ne peut en proscrire aucune sans violer son principe fondamental. Et cela s'est bien vu en Angleterre dans le procès du libraire Carlisle. Cet homme a ouvert une controverse devant les tribunaux ; il a même cité quelques actes du Parlement en faveur des unitaires. Que lui a-t-on répondu ? Le juge a parlé de sa persuasion , de sa croyance personnelle , et il a condamné Carlisle sur des motifs indépendants de la vérité de la doctrine que ce déiste enseigne. L'ordre public a triomphé , mais la religion a été vaincue. Nos révolutionnaires Font bien senti ; et c'est pourquoi ils n'ont pas , que je sache , attaqué avec leur violence ordinaire un jugement qui devait leur paraître d'un exemple dangereux.

Qu'on ne s'y trompe pas , l'athéisme est rare ; ce n'est guère qu'un doute affreux , confiné dans quelques âmes ténébreuses , pour y consoler le remords. La plupart des hommes a(f mettent volontiers la nécessité d'une religion , même pour eux ; tout ce qu'ils demandent , c'est qu'elle n'ôte pas à l'esprit son indépendance , ou qu'elle ne soit ioi que de son consentement. Telles sont toutes les religions fondées sur l'examen particulier. Elles ne choquent, elles n'inquiètent personne, parce qu'elles ne disent à personne croyez, et qu'on sait bien qu'après tout ce ne sont que les pensées d'un homme, qui ne privent pas les autres honunes du droit de penser différemment.

L'orgueil est donc en sûreté dans ces espèces de systèmes philosophiques , où il n'existe ni autorité ni obéissance. 11 y trouve même un aliment aussi doux que pernicieux. Quand un homme se fait luimême sa religion, il est ordinairement meilleur que cette religion, précisément parce qu'il l'a faite pour lui-même , et, dès-lors, telle qu'elle convenait à sa raison, à sou caractère, à ses penchants; il pose en quelque sorte la barrière à l'extrémité de ses passions, et, se tenantsans peine toujours en deçà, il s'applaudit de sa perfection. Parmi les catholiques, c'est autre chose ; ils sont tous moins bons que leur doctrine , parce qu'elle est réellement la lui de Dieu : loi parfaite, et qui exige de l'homme la perfection de Dieu même , ou la parfaite conformité de la raison à la vérité infinie , et de sa volonté à l'ordre éternel. Soi/ez parfaits comme votre père céleste est parfait. Tel est le but où nous devons tendre ; et nous ne l'atteignons jamais ici-bas, car le plus juste a toujours des faiblesses assez nombreuses pour s'humilier profondément. Ainsi le même regard sur soi-même, qui nourrit l'orgueil du sectaire, confond

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