‹ Œuvres complètes de F. de La MennaisChapitre 12 sur 108 · PRÉFACE. XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XVII

On a donné le nom commun de libertés de l'Église gallicane à des choses très diverses qu'il faut distinguer. Ce mot désigne , en premier lieu y l'ensemble des maximes par lesquelles l'État en France régloit ses relations avec la puissance ecclésiastique , avec le Pape, les évêques et les conciles mêmes. Il désigne , en second lieu y les franchises dont le clergé français se maintenoit en possession à l'égard de Rome y franchises qui se divisent elles-mêmes en deux branches y l'une relative à la discipline , l'autre à la doctrine.

L'État y représenté en cela par les Parlemens, dépositaires et gardiens de ses maximes qu'ils avoient successivement formulées y se trouvoit par rapport à l'épiscopat dans une double position. Celui-ci blessoit-il ses droits ou ses prétentions, l'État lui étoit hostile : avoit-il à se défendre contre Rome, l'État généralement s'allioit à lui pour le protéger ; et l'épiscopat à son tour étoit , selon ses intérêts , tantôt uni à Rome contre l'État, tantôt à l'État contre Rome. De là vient, comme parle Bossuet, qu'autres étoient les libertés de l'Église gallicane, telles que les

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