‹ Œuvres complètes de F. de La MennaisChapitre 40 sur 108 · PRÉFACE. LXXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. LXXIX

qu'aucun gouyernement ne le sauroit maintenir avec sa police et ses soldats? Et tel s'étoit montré le peuple de Paris ; tel , et y s'il est possible j plus admirable encore , se montra y quelques mois plus tard, le peuple de Lyon. De pareils faits sont des indices sûrs d'une ré- Yolution prête à s'accomplir dans les institutions fondamentales d'un pays : car le peuple qui , ne fût-ce qu'un seul jour , a été libre sans abuser de sa liberté , qui s'est noblement tenu debout , ne se recourbe jamais pour longtemps.

Toutefois y lorsqu'à la suite d'une collision violente un pouvoir établi succombe , il règne au premier instant une inquiétude vague , parce que , d'une part , le parti vaincu appréhende une réaction 9 et que, de l'autre, on ignore l'étendue des changemens qui doivent s'opérer dans la politique extérieure , dans la législation, dans l'ordre administratif : quel sera le caractère du pouvoir nouveau et quel esprit dirigera ses actes. C'est aussi ce qui eut lieu après les événemens de juillet. Quelques uns n'y virent qu'une émeute heureuse ; nous

y Times un mourenieiit sodal. in pas fait par rfaouiaBite Ters les destinées meîHesrps qo*amène inlaOlibleiiieiit le progrès ntefledoel et morah On pooroH craindre néanmoins qne le catholicisme^ compromis sons Tancien goorerneroent . n'eût â sooffiîr des fautes commises : et cette crainte , diacnn le sait . préoocnpoit Thement le clergé et la pc^mlation croyante. On pOQvoit craindre encore qne le jHÎndpe d'émancipation ne fût, quoique Tictorieux, arrêté dans son déreloppement , soit par le retour à un système analogue à celui qu'on renoit de renyerser, soit par une fausse conception de la liberté même , qui , séparée de la source de Tordre et du droit, de la loi morale et divine , auroit abouti bientôt ou à Tanarchie , ou au despotisme y et^ selon toute vraisemblance, à Tun et à l'autre successivement. Alors nous conçûmes la double pensée de préserver le catholicisme des malheurs qui le menaçoient , et ^ en unissant étroitement sa cause à celle de la liberté , de préparer le triomphe durable et paciûque de celle-ci. Tel fut, sans arrière-pensée d'aucune sorte , le but qu'on

Page 1