XCVI PRÉFACE
t[ues du inonde entier , le pape a expressément déclaré, au sujet de la liberté de la presse , qu'on ne sauroit assez la détester. La liberté de la presse , c'est la liberté publique de la parole et de renseignement , de Texamen et de la discussion. Le pape juge donc cette liberté au moins très dangereuse pour le catholicisme. Dire qu'il réprouve seulement ce qu'on appelle la mauvaise presse , c'est dire une chose vraie. Mais qu'est-ce à ses yeux que la mauvaise presse, sinon celle qui se montre hostile à la religion dont il est le chef ? La liberté de la presse qu'on ne sauroit assez détester , est donc la liberté , non d'exprimer une pensée quelconque , mais certaines pensées; la liberté de proposer ses objections, sesdoutessur le catholicisme, quand on a le malheur de ne pas croire à sa vérité. Le pape, encore un coup , a donc la conviction que cette liberté seroit funeste au catholicisme : autrement pourquoi devroit-on la détester?
Telle est , ce nous semble , la maxime sur laquelle repose le système adopté par la hiérarchie. Il est clair, en effet, d'abord qu'elle a dû la déterminer à se séparer de la cause des