‹ Œuvres complètes de F. de La MennaisChapitre 85 sur 108 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

nouer y en un mot, tous les liens qui, unissant le clergé à Tadministration, ou plutôt le lui soumettant^ mettoient, pour le malheur de tous, la religion dans la politique, et la politique dans la religion? Cependant rien n'annonce encore que les ministres aient senti la nécessité indispensable d'opérer la séparation totale de TÉglise et de TÉtat, et de proclamer, non par des paroles trop souvent démenties par les faits , mais par des actes décisifs , la liberté de conscience , que les catholiques n'ont guère jusqu'à présent connue que de nom.

Rien non plus n'annonce qu'ils s'apprêtent à donner à la France la liberté promise d'enseignement. Il y a bien plutôt lieu de craindre qu'on ne voie se perpétuer le monopole universitaire, l'une des plus odieuses inventions du despotisme impérial. Qu'on y prenne garde cependant; le droit de former à son gré l'intelligence du jeune âge, ses croyances, ses mœurs , et de vendre à quelques uns l'instruction qui doit appartenir à tous , n'est pas un des droits que la France reconnolt à son gouvernement.

Le roi des Pays-Bas a eu cette prétention ; il l'a maintenue opiniâtrement : on sait où elle Ta conduit.

Dans un pays où il n'existe que des individus , point de défense possible contre l'arbitraire sans la liberté d'association. Elle suit d'ailleurs comme conséquence de tout système d'institutions fondé sur l'élection et la discussion libre des intérêts communs. Seulement, à cause des graves abus qui résulteroient bientôt de cette liberté livrée à elle-même , elle doit

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être soigneusement réglée par les lois. \J Avenir présentera ses idées sur ce sujet. Tout ce que nous pouvons dire en ce moment , c'est que la législation de Tempire, conçue dans un esprit de défiance et dans le but d'obtenir une obéissance passive aux volontés, quelles qu'elles fussent , du pouvoir^ doit subir d'importantes et nombreuses modifications.

En résumé ^ nous croyons que le gouvernement , soit par timidité, soit par défaut de vues, s'est placé dans une position fausse , où il ne lui sera pas possible de se maintenir; qu'il cherche, comme l'ancien pouvoir , à remettre dans les institutions deux principes inalliables dont le combat le renversera , s'il ne se hâte de faire cesser leur lutte ; qu'il n'a pas compris les conséquences des événemens de juillet, et qu'en disputant à l'opinion ses plus nobles , ses plus belles conquêtes, en l'irritant par ses lenteurs, en l'effrayant par ce qu'il laisse soupçonner de ses desseins, il expose non seulement sa considération ^ mais son existence même.

On nous assure , au moment même , que le gouvernement, tout en supprimant les bourses créées sous le ministère de M. Feutrier, menace de. presser l'exécution des ordonnances du mois de juin 1 828 contre les écoles ecclésiastiques. Nous avons peine à le croire ; il y auroit dans cette scandaleuse violation de la Charte trop d'iniquité et de folie : d'iniquité , car ce seroit mettre les catholiques hors de la loi commune , et , en abolissant pour eux la première de nos libertés, les déclarer esclaves de tous les caprices

du pouvoir; de folie, car nulle force ne parviendra certes à placer et à maintenir ving^t-cinq millions de Français dans cette position dégradante. Que le gouvernement respecte tous les droits, s'il veut qu'on respecte les siens. La paix est à ce prix, il faut qu'il le sache.

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DE LA SÉPARATION DE l'ÉGLISE ET DE l'ÉTAT.

18 octobre 1830.

On Ta dit bien des fois , sans des croyances communes d'oi!^ dérivent des devoirs communs , nulle société stable , et même nulle société possible : car il n'existe de vraie société qu'entre les êtres intelligens j et si ks intérêts peuvent momentanément rapprocher les hommes, le nœud qui les unit doit, pour employer cette expression de Pascal , prendre ses pli$ et replis dans quelque chose de bien autrement profond, dans ce que leur nature recèle à la fois de plus intime et de plus noble. Ce lien des esprits, cette loi qui, en réglant les pensées et les volontés^ ramène Tindividu à Tunité sociale, est ce que tous les peuples appellent religion^ et tous les peuples aussi ont m dans la religion le premier fondement, la condition essentielle de toute société; et celle dont l'objet propre est de régler les rapports politiques et civils ou les rapports extérieurs entre les hommes, n'est que l'extension , le complément de la société primitive des esprits.

Naturellement la société religieuse et civile, VÈr-

glisé et l'État sont donc inséparables ; ils doivent être unis comme Tàme et le corps : voilà Tordre. Mais il peut arriver que , les croyances se divisant , il se forme dans le même Etat , en cpielque manière ^ plusieurs sociétés spirituelles ; et des lors TÉtat ne pouvant s'identifier avec Tune sans rompre avec les autres et les traiter en ennemies^ il s'ensuit d'abord que chacune^ d'elles tendant , pour ainsi dire, à se constituerjextérieurement ou à faire dans l'État un autre État, la guerre de croyances ou d'opinions devient une guerre politique et civile permanente , etf en second lieu^ que chaque opinion ou chaque croyance prévalant tour-à-tour ^ elles finissent par être]^toutes opprimées successivement. La force remplaçant la discussion , au lieu de s'éclairer on s'irrite ; les passions s'exaltent^ on ne s'écoute même plus; l'anarchie devient interminable.

Le remède, l'unique remède à un mal si grand est de laisser cette guerre spirituelle se poursuivre et se terminer par des armes purement spirituelles. La vérité est toute-puissante. Ce qui retarde le plus son triomphe , c'est l'appui que la force matérielle essaie de lui prêter ; c'est l'apparence même de la contrainte dans le domaine essentieUement libre de la conscience et de la raison : c'es la violence brutale qui viole et profane le sanctuaire de l'àme où Dieu seul a le droit de pénétrer. Nul ne doit compte de sa foi au pouvoir humain , et la maxime contraire , directement opposée au catholicisme dont elle ruine la base , n'a jamais produit , toutes les fois qu'on la vue appa-

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rottre dans le monde , que de sanglantes divisions , des calamités et des crimes sans nombre ; elle a évoqué des enfers les duc d'Albe et tes Henri VIII.

Nous croyons fermement que le développement des lumières modernes ramènera un jour, non seulement la France , mais l'Europe entière , à Tunité catholique , qui, plus tard et par un progrès successif, attirant à elle le reste du genre humain, le constituera par une même foi dans une même société spirituelle : Et fiel unum ovile et unus paslor. Mais , par les motife exposés plus haut, nous croyons en même temps que la religion doit être aujourd'hui totalement séparée de rÉtat et le prêtre de la politique : que le catholicisme , partout en butte à la défiance des peuples et trop souvent à la persécution des gouvememens, s'affoibliroit toujours davantage, s'il ne se hâtoit de secouer le joug de leur pesante protection; et qu'il ne peut revivre que par la liberté. Dans la position fausse où le placent ses rapports avec le pouvoir temporel, il se présente aux hommes sous une apparence humaine qui les aliène de lui, tandis qu'entravé, chargé de mille liens qui le privent de son mouvement propre , il languit en luinooième , affaissé sous le poids d'une servitude abjecte. Le moment est venu pour lui de se dégager de ses fers. On l'avoit peu à peu comme emprisonné dans l' État ; et voilà que Dieu même , préparant son affranchissement par des voies merveiUeuses dont le secret ne sauroit être encore bien compris , frappe à coups redoublés et brise les portes du cachot où l'Église gémissoit depuis des

siècles : car, n'en doutez pas^ tout ce que nous voyons a , dans les desseins d'en-haut , pour but principal de lui rendre ^ avec son indépendance , l'actioD qu'elle a perdue y et qui sauvera le monde.

L'instinct des peuples, dirigé peut-être par un obscur pressentiment de l'avenir que la Providence leur destine , demande cette totale séparation de l'Église et de l'État , séparation voulue par la nouvelle Loi fondamentale y et qu'implique le principe consacré solennellement de la liberté de conscience ; séparation enfin qui seule peut tirer l'Église et l'État d'une position également violente , également funeste pour l'une et pour l'autre.

Et pour parler d'abord de l'État , dans quels rapports le gouvernement peut-il se placer à l'égard de l'Église? Évidemment il faut ou qu'il la protège, ou qu'il l'opprime : nul milieu.

S'il la protège , à l'instant même il suscite contre soi une opposition semblable à celle qui a contribué si puissamment à renverser l'ancien pouvoir. Les mêmes reproches lui seront adressés , il sera en butte aux mêmes attaques. Oblige d'expliquer ses actes, de les justifier continuellement ^ on n'en croira pas ses protestations^ ou l'on feindra de ne les pas croire. L'opinion montera comme les flots de la mer, et balaiera les foibles digues qu'il essaiera de lui opposer.

Effrayé de ce danger certain , opprimera-t-il l'Église? Nul pouvoir aujourd'hui n'est assez fort pour l'essayer avec succès. Une tentative pareille soulève*

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roit à la fois et rimmense corps des catholiques , et tous ceux qui , sans Tètre , veulent sincèrement la liberté. Le temps de la violence n'est plus ; il y a des droits qu'on ne sauroit désormais attaquer impunément : quiconque essaiera de les ébranler se brisera contre eux. Certes , il feroit beau voir un gouvernement, à l'époque où nous sonmies, sous l'empire des maximes et des lois qui nous régissent , venir s'interposer entre Dieu et la conscience d'un seul Français !

Que si f dans sa conduite bassement contradictoire y il se montre ^ ainsi qu'on le faisoit naguère^ tour-àtour hostile et bienveillant ; s'il frappe et caresse selon ses craintes y oscillant ^ si l'on peut le dire, comme le pendule de la lâcheté , entre la protection de la veille et la persécution du lendemain , quel fruit recueillera-t-il de ces vacillations odieuses , sinon la haine et le mépris universel?

Considérons ^ d'une autre part , quelle seroit ^ dans les circonstances présentes, circonstances qui ne changeront de long-temps, la situation de TÉglise, supposé qu'elle conservât ses liens avec TËtat.

Le passé, à cet égard, nous instruit de l'avenir . Dépendante du pouvoir, si elle se résigne à subir sa domination, si elle cède à ses influences, obéit à ses ordresou est seulement soupçonnée d y obéir, toute opposition politique deviendra une opposition religieuse; on reverra ce qu'on a vu : le prêtre, avili dans l'opinion, perpétuel objet de la défiance et de Tanimosité des partis, sera représenté comme l'instrument vénal

de l'administration , comme le fauteur du despotisme et Tappui naturel de la tyrannie ; on l'accusera de servilité, d'intrigue^ d'avarice, d'ambition mondaine. Osera-t-il , au contraire , résister au pouvoir et à ses injonctions, même lorsque sa conscience l'y obligera le plus étroitement, lorsque les maximes de TÉvang9e et les canons de TÉglise lui en feront un devoir rigoureux ; entendez ces voix qui s'élèvent et appellent à grands cris l'animadversion publique et les violences de l'autorité sur le rebelle , le fanatique , Thomme de trouble et de désordre qui refuse de se soumettre aux lois.

Entre ces deux alternatives également dangereuses , que fera l'Église? quelle sécurité peut- elle se promettre? où trouvera-t-elle un quart-d'heure de repos? comment subsistera-t-elle ?

Et ce n'est pas tout. Voyez les suites inévitables de son asservissement ; calculez , s'il est possible , les conséquences futures de la prolongation d'un état qui en a déjà produit de si funestes : la religion administrée comme les douanes et l'octroi , le sacerdoce dégradé , la discipline ruinée , l'enseignement opprimé, l'Église, en un mot, privée de son indépendance nécessaire, communiquant chaque jour plus diflBcilement avec son chef, et chaque jour aussi plus durement soumise aux caprices du pouvoir temporel ; façonnée par lui à tous les usages, recevant tout de lui, ses pasteurs , ses lois , sa doctrine même : qu'est-ce que cela, si ce n'est la mort?

Catholiques , comprenons-le bien , nous avons à

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sauver notre foi j et nous la sauverons par la liberté. On nous l'a promise ; demandons hautement, demandons sans rel&che Texécution de cette promesse : elle constitue notre droit , . et ce droit est sacré , et nul ne nous le ravira , si nous le réclamons , si nous le défendons avec courage et persévérance. Désormais rÉtat ne doit être pour rien dans le choix des évèques et des curés; au pape seul il appartient de déterminer leur mode d'élection ou de présentation. Le gouvernement n'a [dus à se mêler de ce qui regarde le culte , renseignement, la discipline ; l'ordre spirituel doit être en dehors , complètement en dehors de l'ordre temporel : sans quoi la Loi fondamentale seroit indignement violée dans sa lettre et dans son esprit. Et si jamais on souffre qu'on la viole en un point , qui empêchera que bientôt elle ne soit violée dans tous les autres ? Tous les Français, quelle que puisse être la diversité de leurs opinions , ont donc le même intérêt à en maintenir l'exécution franche et complète ; et de plus il s'agit ici delà première des libertés, de la liberté religieuse, et d'une conséquence de cette liberté , voulue non seulement des catholiques , mais^ de la France entière.

Toutefois , nous devons le dire , et le dire hautement , nulle liberté possible pour TÉglise qu'à un& condition, qui l'arrêtera peu sans doute, la suppression du salaire que l'État accorde annuellement au clergé. Quiconque est payé dépend de qui le paie. C'est ce qu'ont bien senti les catholiques d'Irlande y qui toujours ont repoussé cette servitude que le gou-

vernement anglois a plnsienrs fois essayé de leur imposer. TaDt que nous n'imiterons point leur exemple^ le catholicisme n'aura parmi nous qu'une existence précaire et débile. Le morceau de pain qu'on jette au clergé sera le titre de son oppression : libre par la loi, il sera , quoi qu'il fasse , esclave par le traitement ; et n'est-ce pas déjà le moyen qu'emploient quelques préfets pour obtenir ce qu'il leur plaît d'exiger illégalement de lui ? Il est temps , grand temps que le prêtre rentre dans son indépendance et sa dignité : nul avantage ne sauroit jamais en compenser la perte. D faut qu'il vive , cela est vrai : mais avant tout il faut que l'Église vive; et sa vie, nous le répétons , est attachée au sacrifice qui lui rendra la liberté. Alors s'éteindront les haines politiques dont elle étoit devenue l'objet ; alors, se renouvelant en elle-même par la discipline et par la science, elle se présentera aux yeux des peuples telle qu'dle est , telle que Dieu l'a faite , élevée au-dessus de la terre pour répandre sur elle les lumières, les consolations du ciel, riche de son dénuement, forte de la seule puissance qui n'excite pas l'envie et ne provoque point l'opposition, celle de la vertu.

Et qu'on ne s'effraie pas des inconvéniens que la suppression du salaire semble, au premier coup-d'œil, pouvoir entraîner ; fussent-ils réels, il faudroit encore s'y résigner sans hésitation, puisque le salut de l'Église dépend de sa séparation d'avec l'État. Mais ils seront, de fait, bien moins graves qu'on ne peut le craindre. La Providence ne délaisse point ceux qui se confient en elle. Le zèle créera des ressources immenses. Plus

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le prêtre montrera de désintéresBement^ d'abnégation de soi-même^ plus les offrandes de la charité viendront an-devant de ses besoins, et du premier de tous, celui de soulager les misères dont le secret est chaque jour déposé dans son sein. Quel est le catholique qui reftiseroit de contribuer aux réparations du temple où se célèbrent les sacrés mystères de sa fin , et à l'entretien des établissemens destinés à perpétuer le sacerdoce ? De toutes les populations catholiques d'Europe, la plus indigente est celle d'Irlande , et nulle part la religion n'est plus solidement dotée; car c'est le pauvre qui la dote. Je sais qu'il existe en France des cantons où la foi presque éteinte offrira peu de ressources de ce genre ; mais ces cantons sont en petit nombre , et cet affaiblissement de la foi est dû en partie , nous le disons avec douleur, au dé&ut de zèle et à l'absence du véritable esprit sacerdotal parmi les pasteurs. Partout où ils seront ce qu'ib doivent être , le nécessaire ne leur manquera point. 0 y a tant de bienfaits dans la religion, elle est si puissante sur le cœur de Thomme , que presque jamais ce n'est elle qu'il repousse , mais la fauaw , l'indigne image qu'on lui en a montrée.

Le moment est venu de la replacer dans une position qui ôte tout prétexte à la haine et à la défiance * le moment est venu pour l'Église de se remettre en possession de la liberté qui lui appartient, de la liberté qne lui garantit notre Loi fondamentale. Le VŒU public la secondera. Que les évèques^ fatigués d'une longue oppression, relèvent la tète et contem^

plent p dans les révolutions mêmes qui agitent ia société , l'aurore de leur délivrance ; qu'ils Teuillent ce que veulent les peuples, la pleine jonissance de leurs droits , et ils Tobtiendront. Mais ptmr cela , qu'ils ne s'y trompent point, il faut qu'ils s'aident eux-mêmes ; il faut qu'ils accomplissent , par un acte unanime et décisif, la séparation qui les affranchira ; il faut , en un mot, qu'ils disent à l'État : Noos renonçons au salaire que vous nous accordiez ^ et nous reprenons notre indépendance. Soumis comme tous les Français aux lois politiques et civiles du pays autant qu'elles ne blesseront pas les droits sacrés de la conscience , nous ne reconnoissons point votre autorité en tout ce qui concerne la religion, notre culte, notre discipline , notre enseignement. Dans cet ordre purement spirituel, nous sommes libres en vertu de la loi ; nous ne devons obéissance qu'au chef spirituel que Jésus- Christ nous a donné; lui seul doit régler nos croyances, diriger^ surveiller notre administration , pourvoir à la perpétuité du ministère céleste. Et ne pensez pas que cette résolution , irrévocable de notre part , nous soit inspirée par aucune vue, aucun sentiment d'opposition contre vous : tout au contraire , elle n'a pour motif qu'un désir ardent de faire disparottre des causes déplorables de division ; de terminer une lutte contre nature, dont les suites sont incalculables ; d'opérer, en ce qui dépend de nous , la réconciliation des partis et l'union des Français, qui seule affermira Tordre : elle nous est inspirée enfin par le devoir rigoureux de sauver le christianisme y en Télevant au-dessus des

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passions humaines et des tempêtes de la politique. Ministres de celui qui naquit dans une crèche et mourut sur une croix ^ remontez à votre origine ; retrempez-vous volontairement dans la pauvreté ^ dans la souffrance , et la parole du Dieu souffrant et pauvre reprendra sur vos lèvres son eflBcacité première. Sans aucun autre appui que cette divine parole y descendez, comme les douze pécheurs, au milieu des peuples , et recommencez la conquête du monde. Une nouvelle ère de triomphe et de gloire se prépare pour le christianisme. Voyez à Thorizon les signes précurseurs dvi lever de Tastre, et , messagers de Tespérance , entonnez sur les ruines des empires , sur les débris de tout ce qui passe, le cantique de vie.

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