DE LA LIBRE COMMUNICATION AVEC ROME
2Ù octobre 1830.
L'Église catholique , considérée dans sa forme essentielle f se compose d'une vaste hiérarchie^ qui^ des derniers rangs de l'ordre sacerdotal , s'élève jusqu'au chef suprême établi par Jésus-Christ pour être le fondement de la société spirituelle ^ le centre d'où partent et où aboutissent tous les rayons de son gouvernement. En vertu de l'institution divine , ce chef souverain proclame infailliblement la règle de la foi et des mœurs y distribue la juridiction^ maintient la difl^ cipline^ résout les doutes qui regardent la conscience, et juge en dernier ressort les grandes causes dévolues de droit à son tribunal , ou que , par des motife d'utilité générale ou particulière , il croit à propos d'y évoquer. Détruisez ce pouvoir du pape , et l'Église n'est plus ; entravei-en à quelque degré le libre exercice , et vous attentez au même degré à la vie de l'Église.
Que seroit en effet l'Église catholique séparée de l'autorité qui promulgue le dogme , fait les lois , les interprète, les applique, selon les nécessités de chaque jour; communique la puissance qui ne doit jamais
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défaillir y et conserve ainsi , dans la succession des temps et la diversité des lieux , Tunité de ce corps immense ? Conçoit-on une hiérarchie sans un chef de qui elle émane et qui la couronne ? des pouvoirs subordonnés, sans un autre pouvoir, leur racine commune , qui dirige leur action, la coordonne, et sur lequel ils s'appuient ? des croyances immuables, sans une règle vivante des croyances? des jugemens, sans un dernier juge ?
Encore une fois donc, point d'Église sans le pape, et par conséquent sans une libre communication avec le pape. Gêner, contrôler ces communications nécessaires , c'est s'attribuer le droit de les interdire entièrement quand on le voudra ; c'est dire à l'Église que Dieu a fondée : Tu ne vivras que sous mon bon plaisir.
Mais nulle liberté de communications , lorsqu'elles ne sont pas directes , lorsque forcément elles ont lieu par un intermédiaire officiel. Étonnante prétention , d'espionner la foi , la morale , tout ce qu'il y a de plus sacré dans les secrets de l'àme , quand on rougiroit de violer ceux du commerce et de l'industrie ! Et à quel titre le gouvernement viendroit-il s'interposer entre le catholique et le chef spirituel qu'il reconnoit? Autant vaudroit-il régler que les rapports entre les fidèles et leur curé , entre les curés et leur évèque, seront soumis à Tinspection d'un officier civil, chargé de s'assurer que les paroles dites , même dans le tribunal de la confession , ne contiennent rien qui puisse inquiéter l'État. Le principe va jusque-là , c'est-à->