LETTRE CLXXXIII
DB COnPLIMENT ET J>'bLÛGE A II. l\bbB BASTIDE.
J'ai reçu , monsieur , votre livre de Tlncrëdulitë des déistes confondue par Jésus-Christ. M. Jurieu a toujours eu des opinions extraordinaires*, et, se croyant inspiré de Dieu , lors même qu'il s'abandonnoit à son imagination déréglée, il^estfait divers systèmes de religion , qu^ ceu^ de son parti même n'ont pu approuver. Il né lui restoit plus, après avoir soutenii ses visions et cellesdes fanatiques, qu'à favoriser celle4 des juifs sur la venue du Messie. Vous êtes louable , monsieur, d'avoir armé votre zèle contre une si perpir cieusedoctrine qui dément tousles témoignages sacrés, qui se moque des prophéties, qui sous de vaines eispérances couvre l'accomplissement des véritables pro«messes , qui détruit les mystères de Jésus-Christ., qui tend enfin à annuler le traité de sa nouvelle alliance,.et à ruiner l'Église chrétienne jusqu'au fondement.Yons avez eu de quoi employer toute votre érudition pour la défense de tant de vérités combattues. Les prophètes, les. apôtres, Jésus-Christ même , vous ont fourni des armes invincibles. Vous avez éclairci les anciens oracles, rendu les prophètes intelligibles, fait valoir le Nouveau-Testament par l'Ancien , ^t l'Ancien par le Nouveau» et vous avez fait connoître aux
incrédules déiste^, s'ils ont (l{oui^ r^alendr^ ,. que Jésus-Christ est le fils de Dieu vivant. Je ne doute pas que Jurieu ne soit reconnu pour tel qu'il est avec son opinion des Millénaires uiisérablèment renouvelée. Je vous rends miHe grâces de votre souvenir et de votre présent, et suis parfaitement, ^monsieur, votre, etc.
A Nîsmes, ce 8 octobre 1707.
LETTRE CLXXrXIV;
D« COMPLIMCST BT d'bLOGB A M. l\bbÉ BV JABI^T.
Oif m*a rendu soigneusement, nlonsienr, un ^em- {>la)se de la belle dissertation que vous avez faite «sur lesH>taisons fabèbres. Elle est remjilie dej^ettl enseigneniens , eî de réflexions jddiciêuseis qui ramènent eette espèce d'éloquence à son véritable point, qui est là religion et Ta raison dont elle sortait quelquefois. Vous avez fort bien raisonné sur les règles qu'il faut observer, et suc les qualités qu'il faut avoir pour se soutenir dans ces éloges singuliers où l'on veut honorer les morts , édifier les vivahs' et pendre à Dieu dômme un tribut dès }édauges et des fragilités humaines. Si j'avois cfncôte;' été dans ces sortes d'occupations, j'aurois été fâché que vous eussiez ainsi découvert tous les secrets de notre art. Je dis notre art, car vous l'avez fort noblement exercé , et vous pouviez bien , au lieu des exemples que vous avez cités de nos ouvrages, en mettre raisonnablement des vôtres. Vous avez suivi votre modestie, et votre amitié dans
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cçlte dissertation. '^e.i'aï4oe;ftfr*e9 pflkisipet avec pudeur, et je ne pûiisveusdÂiè'comtaeixj'aiët^toifché des'marques;de tendresse et (cH^slkne que vous^y ayez rëpanduesi sur mou sujet. Jb tou$ prie de me les conserver, et ûé cîoiïe que* personne ne souhaite plus de vous voir en l'ëtat où votre mérite vousdevoit avoir mis il y a long-temps, et njest plus pa,riaitement cpie je le suis, monsieur, votre, etc. \
A •^ismes ,. ce aS* octobre 1707.' .
LEtTRE CÊXXXV.
SB CITfLlTÎ AC P. VIGRKS, «UR LA «OtY DB M* LB MAàQU»
DB VILLEFHANCHB.
Votjs avez eu raison, mon rëuétend pène,de'*clPoire que je serois touché de la* perte de M. le marqms de VîUefranche , lorsque voiïs ih'avez écrit sa mort. Je rhonprois si pâr£aitem'ent, et il avoit tant de hanté éti^àmktié pour moi et pour ma famille que, quoique je d^&e être préparé à recevoir une aussi fâcheuse nouvelle parle triste état où je Tavois vu, je n'ai 'pas laissé que d^étre pénétré de la- perte d'un si bon et véritable ami , qiie je regrette beaucoup. La seule consolation qui ùovts resté, c'est la résignation que vous marquez qu'il a eue à la volonté de Dieu, et la mort chrétienne qu'il a faite. Je ne puis assez louer la générosité et la reconnoissance de M. le comte de Yillèfrabdbie envers madame sa belle-sœiir. Cela ne Éi^a pas àurpris, connoissant depuis long-temps le bon cœur dé cette famille. Je partirai dans sept ou huit jours pour les étals. Je me recommandé toujours à vos
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bonnes prièpes. Je suî» trë6*-¥érïtaiblement , mon révérend père, votre, etc.
A Niâibnes , ce i3 novembre 1707,