AVIS
Les lettres françoises qui sairent s'étant troarées sans date d*aonée f et la plupart ne renfermant aucuns faits qui aient pu leur servir d'ëpoque certaine , Ton «'a pu mettre ces lettres dans un meilleur ordre qu'en laissant de s«ite ceUes qui sent adressées à une même personne.
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LETTRE CCXXIX.
]»B CintlTI ET AS MMBUcImEAT k V. BBKO^T, AOniTBUR DE EOTE.
i^ vous rends très^humbles grâces, monsieur , de ja bonté que vous avee de m'offrir de me loger dans votre maison , si mes affaires me permettent de faire le voyage d'Avignon. Il est vrai que j'ai souvent pris la résolution d'aller voir ce qui me reste de parens et d'amis dans la province , et de passer quelques mois dans mon pays , après en avoir été éloigne durant tant d'années. Je n'ai jamais trouvé de conjoncture favorable, et j'ai toujours été obligé de remettre la partie à un autre temps. Je n'espère pas que je puisse être plus heureux cet été. Monseigneur le dauphin marche avec la reine vers la frontière , et je doute fort que je puisse quitter la cour. Ainsi, monsieur , je vous remercie très-humbleraent des oflfres
DE FXéCHIER. 3o3
obligeantes que vous me faites. Je sais bien que je ne trouyerois nulle part ni plus de civililë , ni plus de bonté que chez vous ; aussi ne serois-je point aiileui^ ni plus agréablement , ni plus volontiers. Mais ma destinée m'attache encore ici , et je ne crois pas trouver de cette année le peu de temps que j'avois destiné à ce voyage, où Tunde mes plus grands plaisirs seroit de vous embrasser et de vous assurer qu'il n'y a personne au monde qui soit avec plus de sèle et de passion , votre , etc.
A Pana^ ce 3i van.