LETTRE €CXXX
DB ClVILiTi, KV KSaiB»
Je vous rends mille grâces , monsieur, du soin que vous avez pris de faire la distribution des livres que j'avois pris la liberté de vous adresser, et de la bonté que vous avez eue de rendre à mademoiselle de Montauban la lettre de M. de Montausier. Je lui ai montré la vôtre pour lui faire voir la foiblesse où l'âge réduit cette bonne femme , afin qu'il ne s'étonnât pas de la méprise qu'il avoit faite , et qu'il ne soupçonnât pas qu'il y^ eût de la fraude. Cependant comme madame de Doissans lui a écrit deux lettres pleines de ressentiment , dont il a été piqué , et que je crains que la lettre qu'il écrit à cette dame ne soit un peu forte , je vous prie d'avoir la bonté de la lui rendre , eu sorte qu'elle ne tombe pas en d'autres mains que
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les siennes. Je reçus il y a quelque temps une de vos lettres pour M. Cramoisy, que je lui envoyai d'abord de Saint-Germain \ et, comice je lui ai écrit d'ici qu'il fit tout ce. que vous souhaitiez très-promptement , il m'a répondu qu'il ne seisouvenoit pasdê Tavoir reçue- Si. j'étois à Paris ou à Saint-Germain, j'enverrois faire un éclairdssenient là-*dessus-, mais , parce c[ue nous sommes encore ici pôur.plusd'un mois, je vous prie d'avoir la bonté d'écrire encore une fois à M. Gramoisy vos voldhtés , et je les lui ferai savoir. Je u'aî pas eu le temps de m'arréter à Paris pouiv vous envoyer la suite tlu journal que vous m'aviez demandé^ à la première occasion après notfe retour, je m'en souviendrai. Je vous prie de témoigner à M. de Salvador que le petit présent que je lui ai fait ne méritoit pas les reraercîmens qu'il a eu la bonté de me faire ^ que je lui suis obligé de la manière honnête avec laquelle il l'a reçu, et que je serois heureux si j'avois quelque chose de plus précieux à lui offrir. Faites-moi la grâce aussi d'assurer tous mes parens et amis de mes très-humbles services, et de croire que vous n'avez personne qui soit avec plus d'affection et de sincérité que je suis , monsieur , votre, etc.
A Ft>ntaiueb1eau , ce 39 imii.
DE FLÉCHtER. 3o5
LETTRE CCXXXI.
* DB CIVILITE, AU MBKK.
Il n'est pas vrai , monsieur , que j'aie ëté nommé à rëvéchè de Toulon , et le bruit que vous dites qui en a couru dans votre ville n'a aucun fondement , sinon la bonne opinion, qu'on f a peut-être de moi. Je vous suis obligé des souhaits que vous faites pour moi là-dessus. Je suis plus tranquille que vous ne sauriez croire^ et je me trouve si bien où je suis que je crains presque ce que mes amis me souhaitent. Je vous prie d'assurer M. le vice -légat de mes trèshumbles respects. Je ne manquerai pas de lui envoyer les feuilles du journal des Savans , tous les mois , à mesure qu'elles paroitront. Je n'ai pu en^voyer à Paris depuis que j'ai reçu votre lettre \ je ne laisserai pas de mettre dans ce paquet les feuilles du mois de janvier que l'auteur m'a voit données, et que vous me ferez la grâce de présenter à son excellence. Si les autres n'ont pas plus d'étendue que celles-ci , je pourrai les envoyer par la poste, afin que vous les receviez plus tôt. C'est une affaire de si peu de conséquence que la dépense que je ferai pour cela, que je prie son excellence de n'e(i être point eu peine. Je voudrois trouver quelque occasion plus considérable de lui témoigner la passion que j'ai pour son service. Lés gens d'aOTaires de M. de Montausier ne sont pas ici présentement \ ainsi je ne sais si on a payé régulièrement mademoiselle de Montauri, tante de M. le
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baron d'Oissan. Je vous en rendrai compte au premier jour. Je vous prie cependant de faire rendre cette lettre à un père qui est confesseur 'de cette bonne femme. On ne sait pas lordre-dont il est , ainsi on ne peut pas la lui adresser directement. Par son titre je juge qu'il doit être carme déchausse. Je vous demande pardon de toutes les peines que je vous donne I et suis , monsiejjr , etc.
A Versailles,- ce 18 février.