‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 142 sur 181 · LETTRE CCXLV · texte numérisé non relu

LETTRE CCXLV

DE CIVILITÉ BT DE PIBTE, A LA SOBtR ANGÉLIQVB DU ftAIRT -ESPRIT.

Il me tfembloit bien aussi , ma chère sœur, qu'il y avoit long-temps que je u'avois reçu de vos nouvelles» et j'tStois en neine de votre santé, car je ne doule ni de votre souvenir ni de votre zèle ^ prier le Seigneur pour moi. Vous m'apprenez que vous allez entrer en retraite 5 quelle joie pour vous de donner ce temps à des réflexions salutaires, et à passer dix jours entre Difeu et vous sans aucune communication avec leshommes! Je crois que vous emploierez quelques heures de votre zèle à demander que la colère de Dieu s'apaise, et que sa miséricorde revienne sur nous. Priez-le qu'il confonde les méchans , qu'il protège nos églises, qu'il réunisse le troupeau, et surtout qu'il sanctifie le pasteur. Je suis bien aise que vous éprouviez toujours la charité de vos bonnes mères 5 elles compatissent à vos infirmités, et vous devez par votre exacte régularité leur marquer votre reconnoissance. J'espère que j'aurar quelque occasion de vous revoir encore une fois , et de vous assurer qu'on ne peut êlre plus parfaitement que je le suis en Jésus-Christ, ma chère sœur, votre, etc.

A Nisroes, ce 29 octobre.

3l8 LETTftES

LETTRE CCXLVI.

CONSOLATION CUIIBTIBNNlt , À M. DB SALVADOR , SU& LA MOKt DE SON BPOU8B.

' La part que je prends , monsieur, à tout ce qui vous touche me fait ressentir la perte que vous avez faite de madame de Salvador , et me ^a rend commune avec vous. Quoique ses maladies fréquentes vous eussent fait craindre ce malheur depuis longtemps, je m'imagine qu'elle s'y étoit plus préparée que vous, ef que vous en avez été frappé comme si vous ne l'aviez pas prévu. Vous avez pourtant la sagesse qu'il faut pour modérer votre douleur \ et sa piété, sa résignation, sa patience dans ses maax sont des consolations solides , qui touchent un esprit pieux et raisonnable comme le vôtre. Je ne manquerai pas de faire pour elle les prières que vous souhaitez, et de lui en procurer de meilleures que les miennes. Si je pouvois d'ailleurs vous être de quelque usage ou de quelque consolation , je vous offre tout ce qui dépend de moi, et vous prie de Cjroire que personne n'est plus parfaitement que je le suis, monsieur, votre, etc.

A Msmes, ce 1 1 aTri].

De fléchier. 3i9

LETTRE CCXLVIL

X MAbAMS DE C...» SCR tA MORT DB SOK MARI»

Que puis-je vous dire , madame , et quelle consolation puis-je vous donner dans Tafflietion que Dieu vous envoie ! Je sens presque autant que vous la perte que vous avez faite ^ et je-j^ge par la douleur que j'ai de celle que vous avez eug dans la surprise de cette mort que vous appréhendiez tant. Il n'y a qu'à se tourner vej^ IJieu , qui est le père des miséricordes , et le Dieu de toute consolation ; car les hommes , comme disoit Job , ne peuvent être dans les peines qui nous arrivent que des * consolateurs importuns. Quelque sensibles que soient la pSrte et la séparation d'une personne qui nous étoit si chère , nous devons penser que nqus ne l'avons pas perdue , puisque le Seigneur l'a appelée à lui ; à qui nous sommes tous ëgaiement, soit que nous vivions, soit que nous mourions, tes sentimens de pïété et de religion qu'il lui avoit donnés et qu'il avoit augmentés sur la fin nous doivent être comme des gages de son bonheur, et de la miséricorde qu'il lui a faite ; et cette mort si touchante nous doit faire rentrer en nous-mêmes dans l'attente de son jugement. Vous n'aurez pas manqué , madame , de faire ces réflexions. J'ai fait faire ici des prières qui sont les seuls offices d'amitié que je puis lui rçndre. Je m'y emploierai , et des gens meilleurs que moi vous otfraiftt dans cette occasion

tout ce qui dépend de moi , et fâché de ne pouvoir vous aller rendre tous les soins dont ]e pourrois être capable, et dont vous pourriez avoir besoin dans le triste état où vous êtes 5 car je vous prie de éroire que personne n^est si véritablement ni si constamment que moi , madame , votre , etc.

Permettez-moi , madame , de témoigner ici à tous messieurs vos enfafis la part que je prends à leur douleur et à leur perte.

A'Mazamet, ce 17 mars. •

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