LETTRE CCL
C0MPL1MSRT SUR LS RETABLISSEMENT DE LA SANTE , A MADAME BOOCAVD, RELIGIEUSE.
Un voyage que j'ai fait à Nismes, madame , m'a empêché de répondre plus tôtà votre lettre. Vous savez assez combien je m'intéresse à votre santé pour
croire que j'ai beaucoup de joie d'apprendre qu'elle se rétablit. Je souhaite que les infirmilés da corpd fortifient Tâme , et que le bon usage que vous aurez fait dé vos ^maladies vous en procure une entière guërison. 3ç serai bien aise d'y avoir pu contribuer, et de vous avoir fait connoiUre que je suis véritable- .meot, madame, votre, etc. «
A fiommièresi, ce 34 a<^ùt.
LETTRE CCLl.
vCOJIPLIMSRT A M. l'vVBQVB DB CASTRBS ^ SDB LA HIUIT DOU AIH.
Monseigneur,
Vous m'avez appris la perle que nous avons faite d'un de nos meilleurs amis. Je n'avois jamais trouvé plus de probité et de bonne foi qu'en lui -, et^ comme il n'j a guère de personnes que j'aie tant estimée^, il n'y en a guère dont je doive tant regretter la mort* Je vois avec beaucoup de peine tous mes anciens amis de la cour mourir les uns aprèis les autres, et j'aurois tort si ces exemples ne me détachoient du monde , et ne m'obligeoient k penser à moi. Je compatis, comme je dois, à la douleur de M. N., et je lui souhaite toutes les consolations dont elle a besoin en cette occasion. Je ne doute pas que vous ne lui soyez d un grand secours dans son affliction , .et c'est un bonheur pour elle et pour vous que vous soyez dans sa msuson. Je vous prie de vouloir bien témoigner à Jd. sou fils que je lui conserverai l'amitié
DE FLÉGHlliR. 3^3
que j*ayois pour M. son père , et que j'espère qu'il voudra bien suedéder à celle quHl a?oit pour moi. J'ai une grande impatience de vous revoir et de vous assurer que personne n'est , etc.
LETTRE CCLIL
COVPUMBRT CnKBTISK A MADBHOISBLLB d'AUBIJOCX , SUB I.BS CBRBMOZflBS DU BAPTBHB QO^BLLB A VOIT BBÇUBS.
Vous avez enfin reçu, mademoiselle, les cérémonies du baptême. On vous a revêtue de la robe d'innocence; on vous a mis en main le flambeau de voire foi. L'Église vous reconnoit en tout pour sa fille. Vous portez un nom qu'elle vous a donné , et vous voilà présentement tout-à-fait chrétienne. Vous avez sans doute entendu , et M. N. vous l'aur^ bien expliqué , que vous devez renoncer aux pompes du siècle, c'està-dire , n'avoir aucun attachement à ses vanités ni à ses plaisirs, et, selon saint Paul, user du monde comme n'en usant pas. J'aurois bien voulu vous rendre moi-même cet office de religion , qui vous rend plus parfaitement ma diocésaine ; mais Dieu me réserve peut-être à quelque autre fonction et à quelque autre cérémonie de sacrement. Croissez toujours en vertu , et croyèz-moi votre bon pasteur , etc.
3a4 LETTRES
LETTRE CCLIIL
COXPLIKBRT A M. DB'miQUBT, 80m Là. MOET PB SOfI ipODSB.
Je sais, monsieur, à quel point vous êtes touché de la perte que vous avet faite de madame votre épouse ; il n'y en eut jamais qui méritât davantage d'être pleurée. Sa douceur, sa piété sa sagesse, vous avoient uni avec elle par des liens aussi étroits que ceux de votre mariage \ et vous regrettez avec raison d'être privé d'une société qu'un engagement mutuel, et plus encore une conformité d'humeur et de vertu vous avoit rendue si agréable. Mais vous savez, monsieur , qu^il n'y a guère de bonheur duraHIe et que par des séparations sensibles et rudes Dieu se plaît quelquefois à récompenser la vertu de ceux qu'il appelle à lui , et à mettre à l'épreuve celle de ceux quHl laisse en cette vie ; il n'y a de consolations solides dans ces rencontres que celles qu'qn tire de la religion , qui nous enseigne à nous soumettre aux ordres de Dieu , à respecter ses saiptes volontés et à remplir de lui ces vides qu'il fait dans notre cœur. Je vous souhaite toutes lés consolations que vous trouverez dans le fond de votre piété, et rçus assure que personne ne compatit plus sincèrement à votre douleur, et n'est avec un plus parfait attachement que je le suis, etc.
DE FLÉGHIER. SsS