‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 168 sur 181 · LA VILLE DE NISMES · texte numérisé non relu

LA VILLE DE NISMES

NisMEs est une ville ancienne. Que ce soit Nem^sus , fils d'Hercule , qui l'ait fondée , c'est une tradition commune, mais peu certaine. Ceux qui lui donnent une autre origine tirent son nom des forêts qui l'environnaient : à nemonbus.^ Elle eut le sort de toutes les villes naissantes \ elle s'établit pea à peu à la faveur de. son climat, de sa fontaine et de son terroir.

Quelque temps après la Grèce ayant été conquise par Cyius, roi de Perse , Harpagus, }kx\\ de seslieutenans, exerçant mille cruautés syr les habitansde la Phocide , l'une des provyices de la Grèce, les Phocéens vinrent établir une colonie à Marseille, et, s'étant ensuite répandus du côté du Rhône, vinrent peupler la ville de Nisraes.

Par là Nismes devint une espèce de colonie grecque : langages, religion, coutumes des Grecs 5 mêmes armes, même forme de gouvernement que Marseille. Ses habitans prirent le nom d'Arécomiques , c'est-àdire , pfiYs de Mars , et le donnèrent à vingt-qualre

dissertatiÀj)! historique. m

boargs ou villages qui cp^mpûsaient une petite repu*blique dépendante et contribuable , dont ib étaient les chefâ. •

Les Romains ayant depuis. voulu conquérir les Gaulas, et Q. Fabius Maximo9, avec trente millie faomm^, en ayant' dé£iit cent» quatre-vingt mille que commaadoit Bituit, roi des AUobrdges, les Aréco* miques suivirent le sort du reste àê^la Gaule, et se soumirent 'volontairement aux Romains , qui leur accordèrent le privilège du droit italique, ^trabon^ qui vivoit du temps d'Auguste, en parle ainsi :

ExtcU Nemausus jirefiomicorum metropoUsp al[emgenâ quidem plèbe ac mercatomm numerQ longé Narhorme inferior; cœteràin regéndçç cki^itatisforma-superior. Quatuor enim viginti ejus nationis vicoshabet subditôs virorumfortitudine excelleràissimos iUi tributa conferentès^ et Latii jus habentesy adeàut qui œdilitatis qucesturcpqui^ dignitatemasseûiiti sunt Romani in JVemaueocfd' sirtftr quamobretn huic^natmni nullum cum 'PC''' nîentibus è Bjomd prœtoribus negotium es(.

Jules'^César, ayant achevé de conquérir les GauJep et s'étant rendu maître de la république , eut pouf successeur à l'empire Octave Auguste, qui , dans I^ division qu'il fU de la Gaule, ^iaintint la ville dç JNismes dans la première ])[arbonnoise.

Ce, fut par les ordres et sous les auspices de cet empereur que Nismes devint colonie romaiue, colonie augnstale. La commune opinion est que qe fut aprè^ le ^in de la bataille d'Actium , et la conquête d?

384 dissertItion

f Egypte , assurée par la di^aite de Marc-Ântoine et

de Glëopâtre.

Elle est appelée dans plusieurs inscriptions colonie auguste, ou parce qu'Auguste avoit fait cet honneur à ses citoyens, ou parce qu'il avoit envoyé s^u^la conduite de Marc*-Âgrîppa d^s Nismes, et4skiis les jieux de sa dépendance , un corps de vieilles troupes qu*il venoit de licencier, pour*être à portée d'apaiser les troubles des Gaules, de tenir les voîâns en res* pect , et les ennemis en crainte de ce côté-là.

. La terre y étant fertile et Fait tempéré, les Romains s'y établirent avec plaisir*, et, cultivant à Tenvi les fonds qu'ils avaient partagés avec les habitans du pays, ils joignirent aux commodités qu'ils y tronvoient quelque ressemblance de la politesse et de la grandeur romaines qu'ils y avoient apportées.

Comme les colonies étoient des représentations et des images en abrégé des villes d'où elles tiroient ieur origine, Nismes^e forma, autant qu'il put, sur le modèle de Rome-, eriferma sept petites montagnes dans l'enceinte de ses murailles ; se piqua d'avoir des temples, des palais, des thermes, des bains, des tours , un amphithéâtre , des basiliques. Un Capitole , un champ de Mars, des colonnes, des statues, des inscriptions, des médailles, des chemins; imitations imparfaites , mais nobles , de la grandeur et de la magnificence romaines.

11 se forma aussi un corps d'officiers et de magistrats comme à Rome 5 le même ordre y fut observé ; on y établit le siège de proconsul des Gaules ; on y

créa des consuls oa des duumvirs et des receveurs généraux des finances pour la peKce ; àes préteurs pour la justice ; des décurions ou sénateurs pour rÉtat , et des 'prêtres et des Hamines pour la religion. Cette colbnie. devint si agvéahle aux Romains que plusieurs personhes de qualité y venaient habiter % cause de la bonté de Tair ;, el y faifi()tent bâtit d^s maisons de plaisance. dan» les viUages'dlal.entodr.c^ retïenneiit encore leurs nçms : Aimargues, Ccissarguès, Domessargues, Fàbiargues ^ç'^tt-^^^it^ûi agei* jEmilUy Cossu y Dondtii , Fahii , etc ^

.IfISMES, COLONIE ROMAINE. . .

Rien tfest si cerlain, non- seulement parlés auteurs 9 ma^s encore pir les inscriptions ^ parle^io^édaillés qui sont des preuves authentiques : .

Tenenda antàquitas , dit ]g)râsme,^'de)ràt. inst.

4isc^ip.' quœ non m^àex "vetfêstis. auctoribus,

"pfirffm.etiam è numismatispriscis.^ è titiiJUs, Jt(wisr

que coUigitur. ^ ..•,:.':

Col, Nem. . f^W^

» \ • COLONUE Jf BMAUS

L^lvuoQ. F. V#L

NiGRO ÂVRELIO SeRVATO

OmNIBVS HONORIBVS IN . ,, v:/:. . ./

ÇqLON^ ÇYA FVNCTO.

C'était une colonie augustale établie par Auguste^ auparavant, ce £U>m étoit inconnu^ il a* continué depuis aux colonies fondées par les empereurs.

lo, a5

iS6 DISS«IlTâTIOII

DM

T. |n^«^ii T»wn 'Ml SEîtycii

AEp. Gpï4. .Ay<îyftn^ Nem Servàt^ Q. Gol ./ . Ayo. Neh^ m AEb.

C'est poilP «^e raisên ({«l'Auguste fift si honoré dans oette vilte*, oi| loi dressa tiii temple de son irH^ant*, <^é qfi'on fit en plissieops ^endéotts dans les fHlèVitiMs, non à Rome, m en Italie.

- 4)^ ^t HB aùëien iiiai4>re dans le château' de SttMt^rfvaf ) prà^ de Nismeis , K^eis eette insdiption : ^lûKénffLTi • AvGYSTp Marti Bmt» Via—

ÏOVI^ ET AVGYSTl SàLVIVS*SECV»piîrr.'..

Saorvm ex voto

, liYÇlLtY^, CeXSÏ F À k. j?oi?te de la Gpaiofine.

faii^: CAfi^Ak Divi F MekcvrIoi Avarsn^ M. ivL AVG Pont Maximy9 €elsvs bt L. BomTivs Sfinyï

i .'Gos^XÎI * ' . »k WTo

' ' €^11 PlkWèrèil ainsî tantôt sotolé nom de Jupiter, t»iitdl stièééeluî de'MaFèy qoelqùeCais^is^as ceMi de Mercure.

Il y atôH^dansMismes toutes sortes de magistrats commôàiAaiii04>odle peut voir par ces inscriptions.

Il y avoit des préteurs et i|as décii/ions. eu jsénateurs. ' ' i ,

C. FvLvio Lupo Servilia ' DM Adlecto inter Praetor Firmi Lygani

A& ha^i CabsàrB' ~ • luul youl Augtst

«KRNàHBNTlS Dfeâ^UOGOITll BÎEliAtBI HOIIORÀTO

hmtorique; 38^

•Têrwi Sammi

Q Nem et Decvr ^ ' .

^AEmtiï FiRMi

Page 1