LETTRE XXXVII
DB C1V1I.ITÉ AU PBBB VIILGB5CB PB BftLLBGAftUB, BAàNABITB , fUR VSE OBAISON FUnàBBB 1>B LA COMPOSITIDR DB CB PBM*
J'ai lu avec beaucoup de satisfaction, mon révérend père, l'oraison funèbre que Vous avez eu la bonté de m'envoyer. L'éloge que vous y faites de feu monseigneur l'évêque de Genève est digne de vous et
54 H.TTRKS
digne de lui. Vous avez recueilli ses actions , ses sentimens , son esprit , qui sont d'utie grande instruction pour nous et d'une grande édification pour toute l'Eglise. J'ai eu l'honneur de connoître autrefois ce prélat^ lorsqu^il vint à la cour de France, et je fus touché, comme les autres, de sa douceur, de sa 5àg€sseî-et àè'sa piété. L-iùiage de sa vertu a demeuré eimme' gtiayée dans m^h coeur et dans uaa mémoire , ei j'en ai paflé dans- les' occasions avec tant de vénération et âe plaisir que plusieurs personnes ont cru qaej'avois dessein d'écrire sa vie. Quand mesoccupaliions ne seroifetit pas autei grandes et aussi importantes qu'elles sont dans un diocèse où l'hérésie a r^g»é. gî long-temps , et où nous ne pouvons presque suffire à nos travaux apostoliques, il seroit inutile àe faire le» récit des vertus chrétiennes et de la conduite ëpîfeeopàle de ce saint homme , après la peinture si vive que ybus en avez faite dans son oraison funèbre. Gottliiie vt)ils connoissiez et vous affectionniez votre sujets oh voit bien que vous y avez mis tput votre esprit et tout votre cœur. Ce discours plein d'éloquence et de piété peut non-seulement servir de mémoires, mais d'histoire m^me à çe^x qui voudront profiter des grands exemples de ce prélat. 11 ne faut tirer que du fond de la vérité comme vous faites la matière de ses louanges. Je vous rends donc mille grâces^ çlu présent qu^e vous, «n'avez fait^ je J'estime comme je dois , et je suis, avec toi^te la. çonsidtiration giie yous iiiéritez , mon révérend pèçe, vpWe , etc.
A Nispiei^ <{ç 10 jufix^iISgfi.
DE FLÉC«IÉR. 55
LETTRE XXXVIlI.
A M. lUbKB HBNA&D) sur LB8 KOUVIliLBI fVBLI^OBlT,
Il faut bien, monsieur, qae'Ijé votks remercie de temps en temps de tous les soius que vous prenez de m'ëcrire. Quoique les nouvelles Soient -aùjôùr- Jhui et rares et peu considérables , îl faut W s'atroïr et s^en contenter. La paix ne produit pas dé gfiri^s ëvëaemensV et -toute la cariosîté se borné adjo^ird'hui à entendre et lire les raisohsf de M. de C^imbray et de U. de Meaux, et à sarofr ce que l(ome aura prononce sur les disputes du quîéti^me. En tifrïfé, îl' seroit bien à souhaiter que cette affaire fût ièriùiûéé.' Si le litre de M. de Catnbray est condamna, îe suis" persuade qu*îl le condamnera Fûî-tn^me ^ et qtfe; par une entière et sincère soumission, il édifiera ÏIÊgïîse' et apaisera le zèle des prélats qui ont cdnlf)attu sa doctrine comme nouvelle. Voici les chaleurs , et je vais bientôt gagner la campagne. M. et madame de' Eamoignon ont pasisë ici , et repasseront dans (Quelques jours pour s'en retourner. Je m'imagine que vous ferez de votre côté quelque promenade i là campagne. Jouissez du repos et du loisir que Dieu vous donne et croyez -moi toujours avec beaucoup* d'estime et de reconnoissance , monsieur , votre , etç*
A Nismès, ce 97 juin 1698.
56 I.ETTRE6