‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 3 sur 181 · LETTRE VII · texte numérisé non relu

LETTRE VII

A H. BriT, AKCIBR BTigUB d\tRÀIICHE8. OH BXÀlIIlfB SOB Qtl TOMBBUT LBft FRAIS DB LA POUR8UITB DBS PRÂtRBS DBRBGLBS.

Vous avez bien raison, monseigneur, de croire que la distance de deux cents lieues n'a rien diminué de l'attaqhement et du respect que j'ai toujours eus pour vous. Je voudrois trouver dçs occasions de vous, le témoigner plus considérables que celles que vous m'en donnez par votre lettre du i6 mars. Je l'ai reçue dans le cours de ma visite , et je n'ai pu y répondre plus tôt, parce que j'ai été toujours errant. J'ai consulté les plus anciens offiéiers de mon chapitre, et leur ai demandé l'usage qu'ils ont eu dans la poursuite des mauvais ecclésiastiques, quand le revenu du sceau et du greffe n'y suffit pas. Ils m'ont tous répondu que ce diocèse n'étoit pas tombé dans le cas , et qu'il n'y. avoit point de pratique fixe làdessus , soit parce.que le diocèse est de peu d'étendue» n'y ayant que soixante-six cures ^ soit parce qu'il a

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toujours étë assez réglé , soit parce que Tévéque y ayaiit une pleine autorité et sur le chapitre et sur tout le reste il retient plus aisément tout le monde dans le devmr* Un grand vicaire que j'ai qui a gouvernë le diocèse sous cinq évêques , et qui est consommé dans les affaires ecclésiastiques, adressé sur le droit un mémoire que je vous envoie, ne pouvant rien mander sur le fait.... Je me suis informé de Tusage de Téglise de Toulouse , et le grand-vicaire m'a assuré que M. rarchevéque ne fournissoit pas à ces soi-tes de frais , et qu'on les imposoit sur le clergé. L'usage de Castres est le même, et l'évéque n'est pas chargé de cette dépense , lors même qu'il est sacré ^ à plus forte raison un évêque nommé qui n'exerce aucune juridiction. Voilà, monseigneur, ce que j'ai pu savoir depuis mon arrivée , et que j'ai mieux aimé vous mander promptement que de vous faire attendre de plus longues recherches. Je ne laisserai pas d'en faire encore et de vous témoigner, en cette rencontre et en d'autres , l'attachement et le respect avec lequel je suis^ monseigneur, etc.

A Laraur , ee ao avril t68S.

LETTRE VIIL

COMPLIMENT A M. l\bbÉ BASTIDE y QUI l'aVOIT FCLICITB SUR SA PROMOTION A L^ÉVBCHB DI LAYAOk , BT QUI LUI AYOIT FAIT PRB8BNT DU PAHÉGTUQUB DE SAINT JBJbÔMB*

En quelque temps, monsieur, que me viennent les marques de votre amitié , elles me sont toujours

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agréables ; et la joie que vous me tëmoigaez de ma promotion à l'ëpiscopat, quoiqu'elle vous paroisse tardive , ne laisse pas d'avoir pour moi les agrémens de la nouveauté. J'ai lu avec beaucoup de satisfac* tion le panégyrique de saint Jérôme , que vous m'avez fait la grâee de m'envoyer^ et je suis bien aise que la censure qu'on en avoit faite vous ait attiré toutes ]es louanges et les approbations qu'on vous a données. Je vous rends très-hui|pbles grâces de ce présent que j'estime beaucoup , et je vous prie dt croire que je suis véritablement, monsieur, votre, etc.

A Lavaur, ce a février 1686.

BOMBLB BT PIBUSB RBMOVTKARCB AU BOI POUB BBTU8BB l'btÂCHB DB iri81lB8.

diRE,

J'ai reçu , avec toute la reconnoissance que je dois, la grâce que votre majesté m'a faite de me nommer à l'évéché de Nismes •, et cette marque précieuse de son souvenir a' renouvelé dans mon cœur tous les sentimens de respect et de vénération pour son auguste personne, et toute l'ardeur du zèle que j'ai toujours eu pour son service. Mais , sire , votre majesté me permettra de lui représenter, avec toute la confiance que me donnent ses bontés , que j'ai regardé le premier choix qu'elle a bien voulu faire de moi pour l'cvêché de Lavaur comme ma première vocation ; que j y ai travaillé comme n'en devant

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point sortir, et qu'une marque que Dieu me vouloit en ce lieu , c'est qu'il y bënissoit mes tk*ayaux , et que les peuples m'ë<foutoient aT€C plaisir quand je leur préchois Tobéissânce qu'ils doivent à Dieu , et la fîdë^ lité qu'ils doivent à vôtre majesté. J'avoue , sire , que j'ai une grande passion d'achever l'ouvrage que j'ai commencé , et que ce seroit une grande grâce de me laisser entretenir et augmenter les bonnes disposition» où je vois les nouveaux convettis de mon diocèse. Je ne doute pas que le successeur que votre majesté m'a destiné n'ait plus de talens et de capacité que moi ) mais l'application que j'ai eue à les instruire , et la confiance qu'ils ont prise en moi , me donnent des facilités qu'on n'a pas dans les commencemens d'un ëpiscopat. L'évêché de Nismes, sire , est vaste et difficile à gouverner, et je ne me sens ni assez de farce ni asse:^ d'adresse pour cela. Je sais qu'il est plus riche et plus honorable que le mien ^ mais votre majesté m'a déjà donné tant de biens que je n'en souhaite pas davantage , et l'honneur qu'elle m'a fait de me croire capable et digne d'être dans cette place là me vaut mieux que la place même, j'y serois plus proche de mon pays et de ma famille , mais je ne dois point avoir de plus forte afTection que celle de servir Dieu et votre majesté. Je crois que je ne lui serai pas inutile en ce pays-ci. Je me jette donc aux pieds de votre majesté pour la supplier de me laisser dans ce diocèse où elle m'a envoyé, et où je puis plus tranquillement prier Dieu qû^l continue à répandre abondamment ses bénédictions sur elle. Je ne l'ai

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jamais impoirtunée pour hû demander du bien ; je crains qiie je Fimportune en lui disant qu'elle m'en fait.. C'est une grande preuve de rotre boolié , sire , que vous me réduisiez à- ne vous demander que la diminution de vos bienfaits et de vos grâces* J'attendrai les ordres de vetre majesté quoi qu'elle ordeoiie ^ et je les exécuterai avec toute la soumission et la fidélité que lui doit , sire, son très^hnmble, etc.

A LaYaur, ce 7^ août 16S7.

COMPLIMENT A MONSEIGKBCR^LB DAUPBIN SDR SES VICTOIRES.

MoNSEIGNEUB,

Nous avons appris avec une extrême joie les glorieux succès dont Dieu vient de bénir vos premières armes. Personne n'en a été plus touché que moi, et n'en a rendu grâce au ciel de meilleur cœur. La paix depuis long-temps étoit à charge à votre courage , et vous reteniez à regret des vertus qui devaient éclater et vous attirer l'amour et l'admiration de tout le monde. Vous avez commencé , monseigneur, comme les autres finiss^eut. Votrepropre génie vous a conduit et votre application vous a tenu lieu d'expérience. Les places que vous avez forcées paroissent imprenables ; les eiîqemis qui les défendoient se croy oient invincibles 5 et vous avez fait voir que rien ne peut vous résister, et que vous êtes né pour vaincre. C'est le destin du roi et le vôtre, monseigneur jj mais.

qfiiielque glaire que votis ayeè acquise par vos ex*> ploks militaires, TOtire vigilance, votre libéralité ^ votre dcmcebr , voire bonté, votre modestie ^ ne von» ont pas moins fait d'honneur que voire intrépidité et votre valeur, et nous estimons vos vertus du moins auliant que vos victoires. Vous avez pi^is dçs viUes , et vous avez gagné des cœurs \ et voas ne v^yez aud<e$su6 de vous que celui qui vous a donné le pouvoir et l'exemple de vous faire aimer et cra^indre de toute lateiTe. Agréez, monseigneur, qu'ayai^t eu Tbonneur de voir croître, dès votre enfance, tant et de si grandes qualités , je m^ intéressé plus qu'un autre ; et qu'après avoir fait des vœux pour votre conservation et pour l'accroissement de votre gloire je me dise, avec un très-profond respect et une soumission entière , monseigneur, votre , etc.

A r^ismes, ce 19 décembre 1688.

HB riKTÉ, A MADAMH DE RICHBMOST , SUR LA MALADIS DE MO^-SIBI)E SON BPOUX.

Je comprends , madame , par la lettre de M. de ïlicliemout , et par votre silence, que vous n'avez. pas reçu deux lettres que je vous ai écrites depuis mon séjour en ce pays-ci. Il m'auroît fait savoir de vos nouvelles, et vous m'en auriez donné vous-même de celles de vos chers enfans , à qui je souhaite tous les jours mille prospérités spirituelles et temporelles. 'Peut-être que l'adresse que j'avois filite à Orléans les

a fait égarer , et que je serai plus heureux depuis que je sais le lieu fixe de votre demeure. Vous ne sauries^ croire combien je suis touche de la maladie de M. de Ridiemont , et combien je suis édifié des sentimens chrétiens qu*il me témoigne dans sa lettre. Je connois Vôtre coÊur, je m'imagine aisément la douleur que vous ressentez à le voir souffrir si long-temps , et les soins empressés que vous prenez pour le soulager. Il me fait assez connoître que les peines et les inquiétudes qu'il voifi donne sont la plus sensible partie de son mal, et que rieil ne l'afflige tant que de vous voir affligée comme vous êtes. Il faut que vous vous donniez mutuellement des exemples de force et de patience , et qu'il souffre patiemment , et que vous l'assistiez avec constance. Je souhaite de tout mon cœur que le Seigneur qui mortifie et qui vivifie , après nous avoir éprouvés par les tribulations qu'il vous a envoyées , vous console par une parfaite santé dans votr^ famille. Vous saurez faire un bon usage de l'un et de l'autre état ; car vous savez que tout doit se réduire au salut et à la sanctification de l'âme. Je vous prie de me faire souvent savoir des nouvelles de M. de Richement , dont je serai extrêmement en peine , et de me mander les progrès que font monsieur vofre fils et mesdemoiselles vos filles dans la vertu et dans les lettres. Si je puis quitter pour quelque temps ce pays, c'est-à-dire, si la nécessité m'oblige d'aller faire un voyage à Paris , je tâcherai de vous aller voir et de vous témoigner, madame,

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que pei'sonue ne peut être plus vëdtablemeat , ni plus cordialement que je suis, votre, etc.

A ISismes, ce i5 octobre, 1689.

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