‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 4 sur 181 · LETTRE XII · texte numérisé non relu

LETTRE XII

DE PÎBTÉ, A M. DE RICHEMORT, SUR SA MALADIB.

.. Je viens de recevoir votre lettre , monsieur, quoi^ qu'elle soit datée du a3 de septembre. Que je vouj^ plains , et quelle satisfaction seroit-ce pour moi si j'étois assez près de vous pour vous aller consoler dans les maux que vous souffrez depuis si long-temps !• J'en suis tout-à-fait touché, et je prie Notre- Seigneu» qu'il cesse d'appesantir sa main sur vous , et qu'il ne permette pas que vos souffrances soient au-dessus.de vos forces. Si nous avions la foi bien vive , notre patience seroit aussi bien forte -, maïs tout est infirme en nous, et le corps qui se corrompt affoibtit l'âme -^ c'est ce qui me fait compatir encore davantage * à votre maladie si opiniâtre, et par conséquent si fa* tigante. La relation que vous m'en faites m'afflige ; mais la soumission que vous avez pour la volonté de Dieu sur vous , quoique rigoureuse, m'édifie. J'ai toujours reconnu en vous un fbnd de raison et de pçobité qui m'a. fait espérer que Dieu vous feroit part de sçs. grandes miséricordes; Il veut peut-^étr« vous détacher entièrement du monde par les amertumes qu'il vous y fait trouver. L'épreuve est un peu rude , mais il n'en falloil peut-être pas moins pour votre sapctification. Vous prenez vos maifx , grâce à Dieu ;

en esprit dé pénitence , et c'est déjà un gmod bien pour vous. P-espère que Dieu tirera tout le fruit qu'il prétend tirer du bon usage de la tribulatipn qu'il vous envoie , et qu'après vous avoir fait souffrir il vous consolera luinMême. Les saisons changeront pour vous, et vous reprendrez votre sauté pour l'employer au service dé celui qui vous l'aura donnée* Je vois Uen que ce qui fait votre plus grande douleur, c'est j^Ue qu'ont madame votre femme et vos enfans de 'TOUS voir en ce pitc^tible état. Je coatiois leur te»dresse pour vous , et je ne doute pas qu'ils ne vous rendent tous les offices de charité que la nature et la religion exigent d'eux. J« prends part à leur ailEUctJon, et je souhaite que le ciel exauce les vœux qu'ils font pour vous. Nos nouveaux convertis ne valait guère mieux que les vôtres \ ils ont plus besoin de prières que d'iustructiDns/^ car Us n'écoutent que les nou-* veHes de Bollande ou d'Angleterre*.. Donnez^mot^ je vous prie , de vos nouvelles, et croyezhmoi, avee toute la tendresse et la pitié possibles, monsieur, votre, etc.

A Ni»mes ^ ce i5 octobre , 1689.

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