LETTRE LIX
A MESDEMOISELLES SES NIECES, SUR LEUR VOCATlOlV
• ' ' ■ 'A LESTAT RELIGIEUX. *
Thi^ié bien aî^ d'apprendre, mes chères nièces, qtié vous êtes consacrées à Dieu ; qtié vous l'avez fait avec dévotion et de bonne grâce j et que vous avez donné toutes les marques d'une bonne et sincère vocation. Reconnoissez bien la grâce que le Seigneur vous a faite -, rendez-lui-en de continuelles actions de grâces, et goûtez bien le plaisir et je bonheur qu'il y a d'être à loi et de le servir loin des inquiétudes et des dangers du monde , dans la compagnie de tant de saintes filles dont les vertus et les bons exemples sont dés leçons vivantes de religion et de piété. Je suis persuadé que , vivant sous la méine règle, vous observerez la même régularité, et vous mériterez , par votre douceur , par votre humilité et par votre obéissance , qu'elles vous regardent comme leurs
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filles. Soyez attentives sav voos-^ inéme»^^ asaidocfi k tous vos exercices, soumises aux conseils et atix volontés de vos supérieurs , et fiidè{es à toutes les inspirations du ciel. Pensez qu'il n'y a point de boa-* heur pareil au vôtre ; que vous embrassez «n état où vous trouverez la paix et la sainteté ^ et cette joie pleine et solide que le monde néconnoit pas , et qiie Dieu a réservée à ceux qui Taiment. Vous avez ckoisi là meilleure part , et vous devez sans cesse demander au ciel la persévérance dans votre choix ^ et plaindre celles que Dieu n'a pas favorisées comme vous , et qu'un triste aveuglement rétient dans le monde. On vous fera sans doute faire toutes ces réflexions salutaires dans le cours de votre noviciat ; de mon c^té , je ferai des vœux ardens pour votre sanctification , et vous témoignerai en toute rencontre l'affection avec laquelle je suis^ en Jésus- Christ, mes chères nièces , votre ^ etc.
Dft PlBtB À tk SOBVR imiiLIQUE AtJ SkitfJ-tBtMT &E 04llJIRBr , .JMlIGlBirSS DB 8A.mTB-€LA|RB À BÉÙBàS.
Je suis persuadé, ma chère sœur, que voulue m'avez pas oublié dans vos prières pendant les fêtes, et que vous avez fait des vœux ardens au ciel pour tout ce qui peut contribuer à ma sanctifiiîatioa. Je vous en suis très-obligé 7 et je vous prie de vouloir bien les renouveler souvent , afin que IHeu répande plus aboûn
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dafiiment ses iMkiédictiotis ^tir moi^^t sur les âmes qu*il a commises à mes soins. Cela me tient plus aa cœur que le gain de mon procès , pour lecfiael vous avez bien voulu vous int^resse^ , et solliciter les intercessions de la Sainte- Vierge. J'ai pourtant acquitté vtHre vœu , et M. l'abW de N. . . • vous a acheté Tétofie et la dentelle que vous désiriez pour lui en faire nn voile: Je loue Dieu delà joie intérieure qu'il vous fait sentir dans les austérité de votre sainte profes-sion. Il faut tâclier de mériter ses grâces par une grande fûlélité. L'amour de Dieu et la charité de votre révérende mère adouciront le joug que vous portèiS , et vous feront trouver de la ftrce dans votre infirmité. Priez le Seigneur » et faites que votre sainte commu^ nauté joigne ses prières aux vôtres, pour apaiser sa colère et pour arrêter la foreur des hérétiques , à laquelle nous sommes exposés , et qui désolent nos diocèses. Conservez toujours votre ferveur, majChèr© ^ sœur, et croyez-moi entièrement en notre Seigneur, votre, etc.
A Montpellier, ce 9 janTÎer 1702»