LETTRE LXII
DB CITILITB Jtr DB ROUTBLLBft À X. L*ABBB MBRàB».
Vous n'avez pas besoin , monsieur , de M. Tabbé.. . pour me faire souvenir de vous. Vous saurez bientôt que je m'en souviens. Lltalie est à présent un théâtre où se passent de grandes, scènes. Celle de Crémone est fort singulière. Quoique nous y ayons perdu notre général, et que nos troupes aient été fort maltraitées,,
D£ FLÉCHIER. gi
le prince Eugène n'a pas trop sujet de se glorifier. Il a connu la valeur des François dans cette àcflîoa de trahison et de surprise. Il a manqué son coup , et je crois qu'il sera à lavenir plus retenu et moins témé-^ raire dans ses entreprises. Je souhaite toutes sortes de prospérités à M. de Vendôme. Voilà deux de nos ëvéques -morts ^ M. d'Agde et M. de Béziers. Je vous souhaite une bonne santé , et suis très-sincèrement y monsieur, votre, etc.
A INismes, ce ao fëvrier 1703.
LETTRE LXIlf.
^ A M. L^ABSK GaiMÀLD'l, ACCOHPAGHÀNT M. LB NORCB ER ESPAGNE.
J'apprends avec plaisir, monsieur, parla lettre que vous rii'avez fait l'honneur de m'éçrire l'heureux succès de votre voyage jnsqu-à Marseille. Je n'ai pas douté que vous ne fussiez reçu partout comme il convient, et comme vous le méritez. Ceux-là me paroissent les plus heureux qui vous ont retenu chez eux plus long-temps. Vous attendez la décision de votre sort sur la route que vous devez tenir 5 l'oraclie parlera sans doute bientôt , et je devine que vous vous rembarquerez pour aller joindre le roi d'Espagne dans le Milanois^ si cela est, je souhaite que la mer soit plus douce et plus tranquille pour vous qu'elle ne l'a été, et qu'elle répare par le plaisir d'une heureuse navigation les frayeurs qu'elle vous a causées par ^es tempêtes ^ que si l'on vous renvoyoit en Espagne
gi LETTRES
pour y attendre sa majesté chrëtieaiie, je comprends bien qo'èncore que vousr soyez résigné à toutes les volontés du saint père vous n'aimenez pas trop à re*venir sor vos pas ^ mais tous me permettriez de me réjouir de Tespérance de vous revoir, et de profiter de Toccasion d'un second passage , peut'-étre mieux que de celle du premier. Agréez que je fasse ici mes complimens à M. Fabbéi.. et qile je vous assore qae personne , monsieur, n est plus parfaitement à vous que votre, etc.
A Nismesy^e ao mai 1703.