LETTRE LXXVII
A MADAME BX C.-. SUE LES CaOACTBa DES FARATIQDIS.
L'ÉTAT où nous sommes dans nos diocèses, madame, est si tfiste et si plein de troubles, qu'il faut oous pardoQBer si nous ne somm^ p^s toujours fort réga-
DE FLÉCttlEB. Il5
liers à écrire et à réporidfe mêmé^ aux lettres que riouls récëvonà. Les fanalitjues deviennent tous les jours plus furieux. Leurs troupes se mifltiplient et grossiss^t à tous momens. Tout le pays sa soi^Sve et se joint à eux. On a bêaii les poursuivre , on n'a pas a6$ez de luoiide à leur ^poser. Comme ils savent mieux les chemins , et qit'ëtant maîtres de la campagne ils . reçoivent de tous côtés des secou^ pour vivre et des avis pour se aauver, ils écliî^pent t^èpjours^ ei tuent impunëra^antles prêtres et les ancieijs catholiques dans les villages ou ils «n ;|rouyf nt ,-i|'t5pargnant oi sexe ni âgt, exerçant ^éme sur eitx. des cruautés inouïes. Nou« n'oserions sortir de nos. villes sans escorte , et n^us savpnA>qu on Uetit dans ^os villes même dm discours sëc^tieux ,-qui my^iwt ({ne ùons ne sommes en sûretéque pacce qttç nous y a^ns ded troctpes pour nOus garder, Cefiendant to^ églises sont fermées, les prêtres fugitifs ^ r^xer(^cd d!e lai> i^efigiba' catholique aboli dans ^ çampigiiés, cft ta frayetrr' répandue partjput. M. 1^ maréoiial de Montrevtl ^t très-propre à terminer cette affaire -, mais que peut-il faire s'il n'a des forces suffisan*es ? J'esp&e quç le ft)i lui enverra des secoure dont il a besMn , et que Dieu apaisera sa cofêr^.* Ges* niottvéméns'nous causent mille sortes d'affaires pour la protect^n des prêtres , pour le maintien du service dan« les paroisses , et pour toii^ ee qui regarde la rdigîon. Je voufdemàtide^ vos prières et celles de beaucoup de géiis ,de' bien quer vous cofthoisséz , afin que DieiV fiisi'e cesser l'es
]i6 LETTRES
maux qui affligeât nos ÉgMses. Je ^lib aussi parfaiieinent qu^on lé puisse être, madame , voire, etc.
A^ismes, ce 7 mars i7ai.