LETTR.E LXXX
SUR LES CB.OAUTBS DBS FANATIQUES, ET SUE LES UOTBES Ot FEE VENIR
CES kxvXf, OU d't remédier.
j£ sais, monsieur, que plusieurs personna^ ont m rboaneuT de vous écrire an sujet des alarma» où nous avons, été en ce pays-ci, et dont nous ij^e sommes pas encore délivrés. Je tne suis contenté d'en dânaer avis i M. de B...., pour ne pas manquer à eq que je dois à mon diocèse , et pourne . pas vons £atj|[uer de ces wniiv)reuse$ et fatigantes redites.
Le projet que vou»^ exécutez est sévère, et sera sans doute i}tile\ U cotîpe j^qu'à la radtee ^i\ mal, 41 4^ruit les asiles des ^éditieut 6t. les res^rre dans des limites où il sera, plus aisé de le& ^ntemr et d^ les trouver. S«us nous éûon&bienattendiift ^ufi/dor rant Texpéditton que vous.faitea dans les sicAtap^ y
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les refaeilm b^aberoiefit sur nous dans la {daine, et qu'ils feroient quelques d&ordres dans notre yotsinage ; mais nous ne pouvions nous imaginer qu'ils j exerçâigrent tant de eruautés , et qu'ils vinssent brûler jusque sous nos yeux les églises , les villages et les meilleurs domaines de notre campagne.
Gpmnie les troupes que vous aviez éuJa bonl^de poMf destiner n'arrivoient pas assez tôt, par des contre-ten)ps que nous avons appris depuis, et que le danger approcboit, la frayeur se pëpandit parmi le peuple-, l'émotion fut grande quand on vit, du haut des ipaisom», les ro^tftiries en feu , et ces incendiaires ^lant de l'une à l'autre impunément le flambeau à la maio, et menaçant juscpi'à nos faubourgs, où l'on '^oyoît^^ Corder de toutes parts des gess effraya des massacre^ qu'ils ayoïeut vufi.
Il faut pardonner en cas occasions à ceux qqi sea-^ teqt l^urs partes , qu qui en ctaignent dépareilles , les plaintes et les inquiétudes. Je fus même édifié de voir avec qqelle ardeur, tous les honnêtes gens vocdoient sortir et tomber sur ces |iandits. ^
Le§ troupe^ue vous nous avei:Çnvoyées,'monsienr» ontcemis qnelqae cajime dans notre ville ; et les ordres que v^us leur avez donnés, s'ils son t*))iea exécutés, nous feront attendre vdire retour dans la plaine anec quel(|ue patience. Les peuples se plaignent que les troupes, en général, ne se donnent pas assez de mouvement lorsqu'on leur donne des ayis ou qu'oncles appelle au secours dc^.nuit oo de jour. Il se peut faire qu'on avertit mal ou trop tard; mais il conviendroit ,
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poor rassurer la campagne, qu'il pftrÂt im peu plus d'action et de bonne volonté en ceux qui sont charges de la défendre,
Il se rend ici tous les jouTs im grs^ nombre de catholiques qui s'y réfugient, suivant voire ordonnance. Je crob bien que votre intention est dé comprendre pacmi les anciens certains nouveaux quik)nt donné des marques non -seulement de lein* foi , liiais encore de leur piété, et ^ui «croient plus e:q>osés que les autres. Il y ep a peu, mais il y en a, el ik méritent protection.
C'a été une bonne pensée d'attirer ainsi les catho* Hques dans les vtlles, et ^ leur faire trouver leur s.ubsislance quand ils sont pauvres; enfote a-t-on sissez de peipe à le» arracher de leurs iby^rs, où iJis sont accoutumés avec leurs familles de mener une- vie assez dpre poi^r ne s'empresser pas à la conserver. • ' Qn ne peut mieux fi^e, après tous les massacres qp'on a faits jusqu'ici de ces boi&nes *gâis , que de les mettre à couvert de la rage des fanatiques. Tout ce qui %étoit introduit et {qttj^ dé catfioliques dans ce paysr huguenot est presque égorgé; il faut en préserver ]e reste. Ce sont les seuls (idèles serviteurs du roi , la seule espérance et le seul appui de larreligien. .. Il ëstétonnant qu'on ait souflSlrt jusqu'ici que ce parti révolté se soit attaché à affoiblii; et à détruire le corps de scélérats et de leurs adhéretis, sans user de représailles à leur égard, du moins par des enlëvemens qui en diminuent le nombre etj^ forces.
Je vous ai vu, monsieur, assez porté à cela, et
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peut'-âtre avez-voQs eu les maiM liées. La cour ea viendra.pent-étr^ à la fin à des remèdes plus viblens que jpeu^ qu'elle a rcjetés. Mais il ne^m'appartieot pas de faire le politique , vous connoissez TaHaire. Je m'assure que vous en sentez le poids et que votre applicatiou autant que votre courage sont nécessaires pour la terminer.
Plosieurs communautés se sont adressées à moi pour Yam supplier de modérer un p^u le zèle de M. de G. . ., qui les fatigue et les embarrasse , surtout les artoîens catholiques. U est fort ardent peur le service et toujours en action , ce qui est très-louable ^ mais il se plaît à faire des or4onoances qui ne sont pas tn^p judicieuses, n constitue les paroisses en frais sans permission^ Mi tenir des journées entières.le& compagnies bourgeoises des villes, des village ^ sbus les armes à Tattendre Iniilement^ écrit aux catholiques de se tenir pré.ts pour aller s opposer à la descente des ennemis , ce qui encourage les iu)uveaux convertis et ëtome les autres. J'ai Thonneur de vous envoyer une lettre du juge d'Aimargties ; je pourrois vous evi faire voir d'autres. Si l'on ôte deâ^ commuQaulés les catholiques ^ui sont-ei^. état de les défendre, elles seront bientôt brûlées par les nouveaux convertis qui en demeureront les i^altres.
Je fiais ma lettre , monsieisr, par une peu^ que j'ai eue , qiû n'a peut - être aftcnn fondement, et qui mérite fotaiLmt quelque réflexion. Les rebelles depuisr quelque temps s'attachtnt fort aux environs de Saint-<jri%s, Us^ae sont i^&mis dam les marais. Ils ont
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brûle troisou qnàtie métairiesdes ehevuHers ds Malte sur lés bords du RhdiHi , où ih ont même AiaiMicrë un comnxndeur. Us s'avancent de ce câlé^là^ ettaent tans les rakts de ces iii<itairiés écartées. N'auroiéntîls pas quelque éspërance de quelques barques qui leur apporteroknt quelque secours par rembouchure du Rhône? Né voudroieut '^ils pas favoriser qaéh{ue deècetilefurtive du«ôtëd'Aiguemorteis,o<i des Maries? Pecrt-^tre seroît-iil boo de preadre (pielque précMttoft là*dessus.
Je M sab, moti^ur, ce \m toois ptensereat de k liberté (pie je prends. Je me dëdommage un peu delà retenue que j'ai eue jusqu'ici. J'aî ternis votre dernière ordonnance aux consuls pool» la faire exécfiter. Je souhaite ^tie votre expëdition soit blentéC finie, et que je puisse VM» àSsurèp qu'on ne peut être avec ^us d'attacheibeîËÎt et plus de i^esj^ct^ffé je le suis , ikionsieof , votre, etc.
A' Aihnes, ce f octT)lir^ 1703.