LETTRE XIV
COHPLIMKHT A* M. HDBT , ARCIKM BT^IqUE D^ATEAACBB» , BN LUI BÎfTOTAirT DBUX ORàlSORS FUNBBBB8.
Je reviens de la. campagne, monseigneur, et je retrouve ici le paquet que j'y avois laisse pour vous; ce sont les deux oraisons^ funèbres que j'^i faites pour madame la dauphine et pour M. le duc de lillontausier. Dans le temps de votre départ , comme je ne me trouvois pas à Paris, j'avois donné ordre qu'on vous portât la première, et je ne sais pas précisément si Ton s'est acquitté de nia commission. Pour la seconde, elle est plus faite pour vous, mour seigneur, que pour un autre, puisqu'elle contient l'éloge d'un homme que vous avez honoré , et qui ^ connu et estimé plus que personne votre savoir çt votre vertu. Le con(imerce d'amitié que vous avez eu a.v6c lui vous avoit fait voir d^ plus près la bonté , la droiture et la fidélité de son cœur , et sa mémoire vous ene&t d'autant plus chère. Recevez donc, monseigneur, le portrait que j'ai essayé d'eq faire, et suppléez, par les connoissances que vous avez, de mon sujet, à- la foiblesse de mes expression^, et de mes. idées. Lés vôtres sont toujouirs nobles et sublimes..
DE FLéCHIER. SlS
J'ai lu avec admiration votre deraier livre. Quelle profonde érudition ! quelle politesse de langage l quelle force de rai^nnement ! Je n'entreprends pas de vous donner les louanges que vous méritez. Qui est-^ce qui le pourroit faire ? Je me contente de voua assurer que personne ne vous honore plus, et n'est, avec plus de respect et d'attachement que moi , mour. seigneur, votre, etc.
A Piarts, ce a3 septembre 1690^
GOMPLIMERT A M. 8AKTBIIIL , CHANOIRB DB 84IVT-TICTOR, SUR QDBLQUBS-UZfB DB SB8 TBB8 QU*IL LUI ATOIT BRTOTis.
Monsieur le Pelletier m'envoya , il y a quelque temps, votre plainte de sainte Hunëgonde, monsieur, et je la reçus avec d'autant plus de joie que je l'avois attendue avec impatience* Tout ce qu'il y ade savana et de polis soupirent après vos poésies , et les ministres d'État même se font un plaisir et un honneur de les distribuer. Je vous avoue que votre sainte est une jolie personne; elle a de l'esprit, de la délica-* tesse, de la sensibilité plus que sainte du paradis. Que je la trouve aimable dans tout ce qu'elle dit d'elle et de vous ! Je lui sais bon gré surtout de connoitre ce que vous valez, et de vous représenter tel que vous êtes quand vous touchez et retouchez -vos nobles ouvrages. Qu'elle me plaît quand elle gronde son abbé \ quand elle se moque des vieilles hymnes qu'on lui chante , et quand elle pleure le tort qjA'on lui
îs6 LETTRES
fait de la priver de l'honneur qu'elle doit recevoir des vôtres. Vous seul poavez donner de l'inquiétude aux bienheureux qui n'en ont point. Continuez à leur faire ouïr agréablement leurs louanges, ou plutôt celles dé Dieu , et ne manquez pas de m'envoyer ici tout ce que vous composerez en leur honneur. J'en aurai autant de plaisir qu'eux, et je ferai autant d'éloges de vos poésies que vous en aurez fait de leur sainteté. Adieu, monsieur, je suis, avec toute l'estime et la considération possible, votre, etc.
A Montpellier, ce ra décembre 1690.