‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 7 sur 181 · LETTRE XVI · texte numérisé non relu

LETTRE XVI

▲ LA RBTRS n*AirGLETSRIlB , POUR BBPOKDRB A CBLLB QCB SA HAJB8TB BRITABNIQUB LUI FIT l'hOSHBUR DB f.UI BCRIRE LB 26 AOUT 1698.

Madame,

L'honneur que votre majesté nous fait d'agréer le petit secours que nous avons résolu , mon clergé et moi, de donner à quelques-uns de vos sujets, pourroit nous faire perdre le mérite de notre présent par le plaisir que nous avons de le faire. Mais , madame , nous nous sentons obligés d'offrir à Dieu un peu de nos biens, quand nous voyons que votre majesté lui sacrifie des royaumes; et, par les grandes choses que vous faites pour la religion, nous apprenons du moÎEs à en faire de petites. Ce n'est pas tant la charité que la justice qui nous oblige à eontrîbuer an soulagement de ces hommes fidèles et généreux, qui n'ont point fléchi le genou devant les dieux étrangers ,

qui ont suivi leur devoir, et leur ceascience aux dépens de km* j*epos et- de leurs ricbess», et qui ont . mieux aimé vivre irréprochables parmi ii<h» qu« de mre .heureux avec des rebélfes. Ils n'out pu trouver leur poterie dans un f»ys ou vos majestés n'étoient plus; «tâls oM eu raison d'espérer qu'étant iimola- Uement aftajcfaés à leur Dieu et à leur noi ils au«roiént .pwr eux les gens de bien et le secours de la Provideoce. Ik pot tent avec eux leur fidélité cp» est leur trésor 5 :et leur pauvreté est' une marque de leur -piété et ma pas une disgrâce de la fortune. 11 e^ donc juste , madasie , que ùous les assistions en atteiir dant que votre majesté les récompense. Tout le regret que Bkous avo»s, c'est que nos forces ne puissent ré*pondre à nos intentions. En mon particulier, je B'au- Wierai rien de ce qui pourra faire <îonnoître le zWe airdènt que j^ai pour les personnes qui sont eonstatites dans le service de votre majesté • et dans celui de * Die* qui sont deux choses inséparables , et la pro^ fonde révéreùce avec laquelle Je sijis, etc,-

LETTRE XVIL

PB BBXBftctMBNT ▲ M,' i/aBBB MBirARD. IL 't EST PABXB I>B QVBLQUÉ»- OUVHiGBi Dont ON rOBTB LB jAd^MBllT.

Les fonctions des Pâques et du jubilé, monsieur, qui m'ont occupé jusqu'ici, m'ont empêché- de vous remercier plus tôt du soin que vous avez pris de n/écrire et de m'envoyer quelques ouvrages qui parais-

sent d^uis peu sur la scène. Le manifeste du prince d'Orange esl assez bien écrit. Il y a des endroits qui sont assez spécieux, d'autres foibles , et quelques-uns qui ne conviennent pas à la personne qui parle. Âmsi je suis persuadé que c'est une composition de quelque bel -esprit aventurier, et non pas un écrit dur prince d'Orange. Je l'ai reçu de Lyon imprimé. J'ai été pourtant bien aise de le recevoir de vous quelques jours auparavant. J^ai lu aussi la lettre du père Caffaro. Je ne regarde point le langage qui est assez bon et meilleur qu'il n'appartient à un étranger» Mais son opinion est bien expliquée et bien soutenue *, il n'oublie rien de ce qui peut servir à sa cause , et , à quelques endroits près, cette dissertation est fort raisonnable ; ouiiB je ne sais s'il étoit expédient de la faire imprimer. Ces sortes de doctrines, quoique appuyées sur les principes des théologiens, peuvent ôter à des âmes timorées la retenue et les scrupules qu'elles ont, et favoriser le relâchement , le libertinage, ou du moins l'oisiveté des gens du monde. Il faut laisser à décider ces sortes d'affaires dans le confessionnal , et ne pas les abandonner au jugement d'une infinité de personnes qui se prévalent de tout , et qui ne sont pas assez sages pour s'arrêter à ce qu'il y a de juste et de permis dans une opinion indulgente, et pour observer toute la modération que l'auteur demande. Je ne m'érige point en juge de la querelle des deux religieux. Il ne convient point à deux personnes d'un même ordre de se quereller en public. J'ai vu la satire de M. Boileau , et je l'ai trouvée comme vous

DE FLÉGHIER. f 39

me l'aviez écrit. M. Perault m'a envoyé son Apologie du Mariage, et je sais qu'il y. a beaucoup d'a«tre$ antisatires. Je vous serai obligé si vous m'envoyez ce qui le méritera de ces petits cuivrages qui courent. J'ai été fort aise que l'académie ait enfin déterminé de faire«une épkre dédicatoire. Croyez-moi entièrement,, monsieur , votre ^ etc.

A Msmes, ce 20 avril i6q4*

Page 1