LETTRE XCIV
BK PléTB A UN CURÎ, POUl L^BNCOCRAGIR COKTRE LES VRaTBURS CAUSÉES PAR LES FANATIQUES.
Mb voici revenu des États avec une assez bonne santé, monsieur, mais avec beaucoup de tristesse, tant par la connoissance que j'y ai prise des misères de la province , à cause des impositions et des subsides extraordinaires et pourtant nécessaires au salut de l'État, que par la continuation des desordres et des inhunianil^s que commettent les fanatiques presque aux portes de cette ville. Il y a long-temps que je m'aperçois que Dieu est irrité, et que sa colère se manifeste non-seulement parla fureur de ces rebelles, mais encore par l'aveuglement de la plupart de ceux qui ont ordre de les arrêter, qui, avec toutes leurs bonnes intentions , n'agissent pas , ou ne prennent pas les moyens qu'il faut pour agir efficacement. J'ai laissé M. le maréchal et M. de Basviile dans le dessein d'aller après ces gens-là , et de ne leur donner aucun relâche. La cour leur ordonne de se servir du temps et des troupes pour finir cette affaire, dont elle çonnoîtà présent la conséquence. Je prie le Seigneur qu'il leur donne et l'envie de les chercher et le bonheur de les trouver et de les battre. Je vois dans une partie des troupes si peu de zèle pour le service de Dieu et du roi , que je n'attends pas de grands succès des expéditions qu'on médite , si le ciel n'éclaire et
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n'ëchaufFe nos guerriers. Il faut donner courage i Fr. Gabriel. On tâche de Je d<5erier lui et sa troupe, nous Tavons bien soutenu. Je ne sais quelle est sa destinée, mais je voodrois bien qu'il fit quelque coup d'éclat. Si votre projet est si bon et si évidemment que vous pensez, il faut croire qu'on le suivra. Je vous envoie douze exemplaires de ma lettre pastorale pour votre archiprêtre, et suis de tout mon cœur, monsieur , votre , etc.
A Nismcs, ce 9 février 17J07.